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Opposants poursuivis : la mise en garde du CNDH en Côte d’Ivoire

Patrice Dama
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CNDH Côte d'Ivoire : le tribunal de première instance d'Abidjan, où siège la section antiterroriste
Photo : Citizen59 / Wikimedia Commons

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) de Côte d’Ivoire a publié le mercredi 28 octobre 2026 une déclaration sur les poursuites visant des cadres du PDCI-RDA et du PPA-CI devant la section antiterroriste d’Abidjan. L’institution rappelle la présomption d’innocence et appelle juges, politiques et internautes à la retenue.

Le texte ne cite aucun nom. Il vise pourtant sans ambiguïté la série de convocations, d’inculpations et de placements sous contrôle judiciaire intervenus les 19 et 23 octobre 2026 devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan.

Que reproche le CNDH aux procédures en cours ?

Il ne leur reproche rien directement, mais il fixe des limites. La phrase la plus forte de la déclaration s’adresse à ceux qui concluent trop vite : « La convocation, l’audition ou le placement sous contrôle judiciaire ne préjugent en aucun cas de la culpabilité », écrit le CNDH.

L’institution invite les autorités judiciaires à garantir le droit à la liberté et à la sûreté, les droits de la défense, le contradictoire, l’égalité devant la loi et toutes les garanties procédurales. Dans le même temps, elle rappelle que « nul ne saurait être soustrait à l’application de la loi en raison de son appartenance politique ». Le message vaut dans les deux sens : la justice doit pouvoir enquêter, les personnes visées doivent pouvoir se défendre.

Lire aussi : Aziz Thiam inculpé : 17 chefs contre le frère de Tidjane Thiam

PDCI-RDA et PPA-CI dans le viseur de l’antiterrorisme

Le contexte explique la prudence du CNDH. Depuis début octobre, plusieurs responsables des deux principaux partis d’opposition ont été convoqués par le pôle antiterroriste, comme nous l’avions détaillé dans notre article sur les cadres du PDCI-RDA convoqués par l’antiterrorisme. Le vendredi 23 octobre, le vice-président du PDCI-RDA, Aziz Thiam, frère aîné de Tidjane Thiam, a été placé sous contrôle judiciaire. Ses avocats évoquent 17 chefs d’inculpation.

Les personnes poursuivies sont présumées innocentes. Le recours à une juridiction spécialisée dans le terrorisme pour des responsables politiques nourrit le débat public.

Un appel qui vise aussi les réseaux sociaux

Le CNDH ne s’adresse pas qu’aux magistrats. Il appelle les autorités et les acteurs politiques à privilégier les voies légales et institutionnelles et à mesurer leurs déclarations. Il exhorte les médias, la société civile et les utilisateurs des réseaux sociaux à traiter l’information avec rigueur, dans le respect de la présomption d’innocence et de la dignité des personnes.

L’institution recommande enfin au gouvernement et à la classe politique de privilégier le dialogue pour préserver la paix sociale, et se dit disponible pour examiner toute information crédible sur d’éventuelles atteintes aux droits humains. Retrouvez la suite de ces dossiers dans l’actualité politique ivoirienne.

Lire aussi : PPA-CI : 5 cadres convoqués en 8 jours par l’antiterrorisme

Prochaine étape : la suite des instructions

Les procédures se poursuivent devant les juges d’instruction de la section antiterroriste. Les prochaines auditions diront si l’appel du CNDH au respect strict des garanties procédurales trouve un écho dans les décisions de justice.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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