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LFR 2026 renvoyée en commission : le dernier sursis du budget ?

Patrice Dama
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Ousmane Sonko, président de l'Assemblée nationale du Sénégal, face à la LFR 2026
Photo : DR

La LFR 2026 n’a pas été votée. Mardi 27 octobre, à l’Assemblée nationale du Sénégal, le ministre des Finances Cheikh Diba a obtenu le renvoi en commission du projet de loi de finances rectificative, rejeté quelques jours plus tôt par les députés de Pastef. Le gouvernement gagne du temps, sans garantie d’accord.

La plénière devait trancher. Elle a tourné court dès l’ouverture. Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, a invoqué l’article 84 du règlement intérieur de l’Assemblée pour demander que le texte retourne devant la commission des finances et du contrôle budgétaire. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée, a accepté : « Nous renvoyons l’examen du texte en commission. » Il a aussitôt réuni la conférence des présidents pour fixer un nouveau calendrier.

LFR 2026 : pourquoi le gouvernement a-t-il demandé le renvoi ?

Le vote s’annonçait perdu. Pastef détient 130 des 165 sièges, et ses commissaires avaient rejeté le 23 octobre le texte comme les deux amendements de l’exécutif, le groupe Takku Wallu s’abstenant. En plénière, un nouveau rejet aurait laissé le gouvernement sans budget rectifié.

Le ministre a pris soin de présenter la manœuvre autrement. Il ne s’agit, selon lui, ni d’un retrait ni d’un contournement du débat, mais d’offrir « cet espace de travail supplémentaire » aux discussions engagées lundi 26 octobre avec les élus, à l’appel du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Une phrase a pourtant sonné comme un reproche : « Le respect des règles ne saurait être à géométrie variable. »

Lire aussi : LFR 2026 : Aminou Lô somme le Pastef de sortir ses amendements

Ce que réclame Pastef

Le parti de Sonko ne conteste pas le principe d’une rectification. Il exige des garanties sur les fonds spéciaux et la transparence, et veut revoir les coupes touchant la santé, l’éducation, les infrastructures et l’eau. Le gouvernement, lui, justifie le texte par la chute des recettes et la hausse des subventions énergétiques, comme l’avait détaillé le Premier ministre le 25 octobre.

Le lendemain du report, le Conseil des ministres du 28 octobre a donné le ton côté présidence. Dans un chapitre intitulé « continuité des pouvoirs publics », Bassirou Diomaye Faye demande au Premier ministre de prendre les dispositions légales pour mettre en œuvre les programmes de la LFR 2026 et de la loi de finances 2027, toutes deux déposées à l’Assemblée. Le chef de l’État y ajoute le paiement accéléré de la dette intérieure et la relance des chantiers à l’arrêt.

Lire aussi : Ousmane Sonko défie Aminou Lô : la LFR 2026 en sursis ?

Les dates de reprise en commission et de la nouvelle plénière reviennent à la conférence des présidents. Le bras de fer se poursuit alors que la loi de finances 2027 attend à son tour son passage devant les mêmes députés.

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Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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