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Femmes leaders d’Afrique : influentes, visionnaires, changemakers

Gary SLM
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Femmes leaders d'Afrique : influentes, visionnaires, changemakers
Femmes leaders d’Afrique : influentes, visionnaires, changemakers

Quatre femmes dirigent un État ou un gouvernement en Afrique au 1er janvier 2026 : Netumbo Nandi-Ndaitwah en Namibie, Samia Suluhu Hassan en Tanzanie, Judith Suminwa Tuluka en République démocratique du Congo et Sarra Zaafrani Zenzri en Tunisie. Au même moment, les femmes occupent 27,1 % des sièges parlementaires en Afrique subsaharienne mais ne captent que 10 % des montants levés par les startups technologiques du continent. Ces deux chiffres, tirés de la carte Women in Politics 2026 de l’Union interparlementaire et du rapport annuel de Partech Africa publié le 22 janvier 2026, cadrent assez bien la situation des femmes leaders d’Afrique : la porte politique s’est entrouverte, la porte financière beaucoup moins.

Cet article confronte le récit sur les femmes leaders d’Afrique aux données de trois pays de la sous-région, la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina Faso, sur trois terrains où se mesure concrètement le pouvoir : la politique, l’entreprise et la technologie. Il signale aussi, à chaque fois que c’est le cas, les endroits où les sources se contredisent ou n’existent tout simplement pas.

Combien de femmes dirigent réellement un pays africain en 2026 ?

Quatre, sur cinquante-quatre États. Le sommet de l’exécutif reste l’exception pour les femmes leaders d’Afrique. La carte Women in Politics 2026, publiée conjointement par l’Union interparlementaire et ONU Femmes le 11 mars 2026 avec des données arrêtées au 1er janvier, classe la Namibie et la Tanzanie dans la catégorie « cheffe d’État et de gouvernement », la République démocratique du Congo et la Tunisie dans celle de « cheffe de gouvernement ». À l’échelle mondiale, 28 pays sont dirigés par une femme et 101 ne l’ont jamais été.

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Deux affirmations sur les femmes leaders d’Afrique continuent pourtant de circuler alors qu’elles sont fausses. L’Éthiopie n’a plus de présidente : Sahle-Work Zewde a quitté ses fonctions en octobre 2024, remplacée par Taye Atske Selassie. Le Togo n’a plus de Première ministre : Victoire Tomégah-Dogbé a occupé le poste jusqu’au 3 mai 2025, avant que la fonction ne disparaisse avec le passage à la Ve République. Reprendre ces deux noms au présent, comme le font encore beaucoup de listes de femmes influentes, revient à décrire une Afrique qui n’existe plus.

Sur les bancs des parlements, la progression des femmes leaders est réelle et lente. L’Union interparlementaire mesure le passage de 9,8 % de femmes députées en Afrique subsaharienne en 1995 à 27,1 % en 2026, la plus forte progression régionale au monde sur trente ans. Le Rwanda reste seul pays africain du top 10 mondial avec 63,8 % de femmes à la Chambre des députés, soit 51 sièges sur 80 après le scrutin de juillet 2024. Suivent la Namibie (42,3 %), l’Éthiopie (41,9 %), l’Angola (41,4 %) et le Sénégal (41,2 %).

Le mouvement s’inverse au niveau des gouvernements, où les femmes leaders reculent. La part de femmes ministres dans le monde est retombée à 22,4 % au 1er janvier 2026, contre 23,3 % deux ans plus tôt. Tulia Ackson, présidente de l’Union interparlementaire, a résumé la position de l’institution le 11 mars 2026 en une phrase que la traduction ne trahit pas : « La parité est un impératif moral. » Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes, ajoutait le même jour que tenir les femmes à l’écart du pouvoir politique affaiblit la capacité des sociétés à répondre aux crises.

Pourquoi l’argent ne suit pas les femmes leaders d’Afrique

C’est le point où le discours sur les femmes leaders d’Afrique et les chiffres divergent le plus. Partech Africa recense 4,1 milliards de dollars levés par la tech africaine en 2025, en hausse de 25 %, sur 570 opérations. Les startups fondées par des femmes représentent 19 % des opérations en capital, huit points de plus qu’un an plus tôt, mais elles n’encaissent que 10 % des montants. Autrement dit, ces femmes leaders signent une opération sur cinq et touchent un dixième de l’argent.

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Le rapport Diversity Dividend de Disrupt Africa, consacré aux femmes leaders de la tech africaine, troisième édition publiée le 27 juillet 2026 sur un échantillon de plus de 3 000 startups, donne une photographie voisine mais pas identique : 19,2 % des startups africaines comptent au moins une cofondatrice en 2026 contre 14,6 % en 2023, et 12,1 % sont dirigées par une femme. Côté capital, la part captée par les startups à cofondatrice est passée de 16,6 % en 2023 à 7,1 % en 2024, remontée à 12,8 % en 2025, puis retombée à 7,1 % sur les cinq premiers mois de 2026.

Attention à un chiffre qui circule beaucoup : plusieurs reprises affirment que les fondatrices africaines n’ont capté que 0,9 % des financements en 2025. Ce pourcentage se rapporte aux seules équipes 100 % féminines sur un périmètre de 3,2 milliards de dollars d’equity, pas au total de 4,1 milliards retenu par Partech, dette comprise. Les trois séries (10 %, 12,8 %, 0,9 %) ne mesurent pas la même chose. Les citer l’une pour l’autre, comme cela se fait couramment, fausse le débat.

Gabriella Mulligan, cofondatrice de Disrupt Africa, formulait en juillet 2026 le constat qui découle de ces séries : la diversité n’augmentera pas si les startups diverses n’accèdent pas au financement dont elles ont besoin pour grandir. Propos traduits de l’anglais. Le constat vaut pour l’ensemble des femmes leaders du continent.

Sur l’entrepreneuriat des femmes leaders au sens large, la donnée la plus citée est aussi la plus vieille. Le taux de 24 % à 26 % de femmes entrepreneures en Afrique, présenté partout comme le record mondial, vient d’une étude Roland Berger réalisée avec Women in Africa et diffusée en 2018. La Banque africaine de développement, sur sa propre page consacrée à l’initiative AFAWA, s’appuie encore en 2024 sur des données du Global Entrepreneurship Monitor de 2016-2017 pour avancer 25,9 %. Le déficit de financement de 42 milliards de dollars, répété dans presque tous les articles consacrés aux femmes leaders du continent, est affiché par la BAD sans année de référence ni renvoi à une étude primaire. Il faut le citer comme un chiffre avancé par la Banque, pas comme une mesure datée.

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Le bilan d’AFAWA, le programme de la BAD dédié aux femmes leaders du continent, est daté et vérifiable. Au 1er décembre 2025, la BAD annonçait 2,8 milliards de dollars approuvés sur un objectif de 5 milliards, 1,3 milliard effectivement décaissé, 12 000 entrepreneures financées via le mécanisme Guarantee for Growth et plus de 100 institutions financières partenaires. Le 8 mai 2026, elle approuvait un paquet de 61 millions de dollars pour les entreprises dirigées par des femmes au Nigeria, dont plus de 95 % fléchés vers des PME détenues ou dirigées par des femmes.

Le rapport Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale, publié le 24 février 2026, apporte le chiffre qui explique une partie du blocage : 91 économies dans le monde n’ont aucune loi interdisant la discrimination de genre dans l’accès au crédit. Le score moyen du cadre juridique en Afrique subsaharienne s’établit à 56 sur 100. Parmi les pays ouest-africains, le Togo (79,33) et la Côte d’Ivoire (78,25) devancent nettement le Sénégal (52,90) et le Nigeria (51,10).

Côte d’Ivoire : six ministres, une présidente du Sénat, 14,9 % de députées

Femmes leaders d'Afrique : le leadership féminin en Côte d'Ivoire, au Sénégal et au Burkina Faso
Les femmes leaders d’Afrique progressent plus vite dans les institutions que dans l’accès au capital.

Qui sont les femmes influentes des institutions ivoiriennes ?

Deux des trois plus hautes marches institutionnelles du pays sont occupées par des femmes leaders. Kandia Kamissoko Camara préside le Sénat depuis le 12 octobre 2023, première femme à ce poste, élue avec 94,50 % des voix selon le site officiel de l’institution. Elle est parallèlement maire d’Abobo. Chantal Nanaba Camara préside le Conseil constitutionnel depuis sa prestation de serment du 17 juillet 2023, pour un mandat de six ans, après avoir dirigé la Cour de cassation. C’est elle qui a proclamé, le 4 novembre 2025, la réélection d’Alassane Ouattara au premier tour avec 89,77 % des voix.

Le gouvernement Beugré Mambé II, nommé par décret du 23 janvier 2026, compte six femmes sur 34 ministres, soit environ 18 % : Anne Désirée Ouloto à la Fonction publique, Nialé Kaba aux Affaires étrangères, Mariatou Koné au Portefeuille de l’État, Myss Belmonde Dogo à la Cohésion sociale, Nassénéba Touré à la Femme, à la Famille et à l’Enfant, Françoise Remarck à la Culture. Ces femmes leaders occupent deux postes de ministre d’État, ce qui n’est pas anodin dans la hiérarchie protocolaire ivoirienne.

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Le bureau du Sénat constitué le 17 février 2026 est allé plus loin que tout autre organe ivoirien en matière de femmes leaders que tous les autres organes du pays : huit femmes sur quinze membres, soit une majorité féminine, avec trois vice-présidentes et une questeure. Le Sénat compte par ailleurs 24 sénatrices sur 98 sièges pourvus, soit 24,5 %, contre 12,1 % en 2018. Le mode de désignation y est pour beaucoup, puisque 33 des 99 sièges sont pourvus par nomination présidentielle.

Pourquoi le quota de 30 % n’est-il toujours pas atteint en Côte d’Ivoire ?

La loi n° 2019-870 du 14 octobre 2019 impose aux partis un minimum de 30 % de candidates sur le nombre total de candidatures. Son décret d’application du 25 novembre 2020 ajoute une alternance des genres sur les scrutins de liste et prévoit un financement public supplémentaire pour les partis atteignant au moins 50 % de candidates. Le dispositif récompense, il ne punit pas : aucune sanction pour non-respect du seuil n’apparaît dans le texte consulté.

Le résultat se lit dans les urnes du 27 décembre 2025, où les femmes leaders sont restées très minoritaires parmi les candidats. RFI dénombrait 424 candidates sur 2 740 candidats, soit 15,5 %, la moitié de ce que la loi exige. Sur le nombre d’élues, les sources ne concordent pas : l’Union interparlementaire retient 38 femmes sur 255 sièges (14,9 %), quand Koaci et le PNUD comptent 34 élues sur 253 sièges pourvus, soit environ 13,4 %. L’écart tient probablement à des sièges attribués après coup, mais aucune des institutions concernées n’a publié de rapprochement. Le lecteur retiendra une fourchette de 13 à 15 %.

À la présidentielle du 25 octobre 2025, deux femmes leaders figuraient parmi les cinq candidats validés : Simone Ehivet Gbagbo, créditée de 101 238 voix (2,42 %), et Adjoua Henriette Lagou, 48 261 voix (1,15 %). Là encore, la somme des voix publiées ne se recoupe pas exactement avec les pourcentages annoncés, une anomalie que la Commission électorale indépendante n’a pas commentée.

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Anne Désirée Ouloto s’adressait en janvier 2026 aux nouvelles élues, dans le cadre du projet Chrysalide porté par le PNUD et l’ambassade de Suisse, avec une formule rapportée par Connection Ivoirienne : « Ne soyez pas des figurantes. Soyez des incontournables. » Plus de 100 femmes, candidates, élues locales et cadres de partis, avaient participé au dialogue du 9 décembre 2025.

Un angle mort demeure sur l’échelon local, là où se comptent d’ordinaire les femmes leaders de proximité. Le dernier chiffre disponible sur les femmes maires, 16 sur 201 communes soit 8 %, date de juin 2023, avant les élections locales de septembre 2023. Aucune donnée postérieure n’a été publiée. Personne ne sait aujourd’hui combien de communes ivoiriennes sont dirigées par une femme.

Les femmes leaders qui dirigent les géants de l’économie ivoirienne

Fatim Cissé IHS Towers Côte d'Ivoire

Sika Finance a publié le 6 mars 2026 un recensement des huit femmes leaders à la tête des plus grandes entreprises ivoiriennes, classées sur les chiffres d’affaires 2024. Fatoumata Sanogo dirige Petroci Holding (576,15 milliards FCFA), Laetitia Gadegbeku-Ouattara Endeavour Mining Côte d’Ivoire (390 milliards), Joséphine Adiey Sidibé la SMB (229,06 milliards), Asta-Rosa Cissé Abidjan Terminal (88,74 milliards), Fatim Cissé IHS Towers Côte d’Ivoire (76,83 milliards), Mariame Diaby Touré Orange Money Côte d’Ivoire (69,52 milliards), Kadidjatou Diallo Keïta CIPREL (64,06 milliards) et Oumou Coulibaly Ivoire Win (61,96 milliards). Ensemble, elles pèsent plus de 1 550 milliards FCFA de chiffre d’affaires annuel, à comparer avec le classement des entreprises les plus rentables du pays.

Fatoumata M’Balou Sanogo, ingénieure pétrolière passée par Schlumberger, OMV et TotalEnergies, est la première femme nommée à la direction générale de Petroci, le 18 juillet 2023. Distinguée le 24 avril 2026 lors de la cérémonie des personnalités remarquables, elle a renvoyé la distinction à ses équipes : « Cette reconnaissance appartient à tout notre collectif. »

Laetitia Gadegbeku-Ouattara, troisième vice-présidente de la Chambre des mines, donnait en septembre 2024 l’ordre de grandeur qui manque à beaucoup de discours sur les femmes leaders du secteur extractif : « Il y a environ 10 % de femmes dans le secteur minier ivoirien. » Chez Endeavour Mining, le congé maternité peut aller de neuf à douze mois.

Deux nominations récentes allongent la liste des femmes leaders de l’économie ivoirienne. Audrey Koffi Niamkey prend la direction générale d’Orange Bank Africa au 1er mai 2026, sous réserve d’agrément réglementaire, à la tête d’une banque digitale revendiquant plus de 1,7 million de clients en Côte d’Ivoire. Maud Kadio-Morokro entre à la direction de Pétro Ivoire par décision du conseil d’administration du 29 mai 2026, avec une réserve à signaler : les sources divergent sur son titre exact, direction générale pour les unes, direction générale adjointe chargée de la stratégie et de la gouvernance pour les autres.

Sur la masse des entreprises, deux chiffres officiels coexistent sans se recouper. Une étude GIZ présentée le 12 février 2026 avance que près de 30 % des entreprises ivoiriennes sont dirigées par des femmes, dont plus de 60 % dans l’informel. Le ministère de la Promotion de la femme parlait en juillet 2024 de 35 % des entreprises formelles, avec 80 % des activités économiques féminines dans l’informel et un accès au crédit bancaire de 10 % pour les femmes contre 30 % pour les hommes. Les deux mesures ne portent pas sur la même base, ni sur la même année.

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Côté financement public, le Fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire, créé en 2012 avec 1 milliard FCFA, était valorisé à 28 milliards FCFA au 22 juin 2026, avec 100 milliards injectés au total par effet cumulé des remboursements, un taux de remboursement de 98 % et plus de 430 000 bénéficiaires. Le CEPICI, dirigé par Solange Amichia, a lancé le 29 juin 2026 le Guichet Investir au Féminin avec la Banque africaine de développement, en visant 1 000 femmes accompagnées et 50 entreprises accélérées en phase pilote. Le dispositif est détaillé ici.

Tech ivoirienne : beaucoup de programmes, presque aucune levée de fonds féminine

C’est la conclusion la plus inconfortable de ce dossier sur les femmes leaders d’Afrique. Aucune levée de fonds significative réalisée par une startup ivoirienne fondée par une femme n’a pu être documentée, montant, date et investisseurs à l’appui. Le seul chiffre trouvé concerne Sikili, spécialiste du smartphone reconditionné cofondée en 2024 par Maguelone Biau et Kadia Faye, avec 136 000 dollars agrégés auprès de DeveloPPP Ventures, Digital Africa et Techstars. Et même là, une source la présente comme sénégalaise plutôt qu’ivoirienne. Les grandes levées ivoiriennes des deux dernières années, Djamo, Julaya, ANKA, concernent des entreprises fondées par des hommes.

Les programmes destinés aux femmes leaders de la tech, eux, se multiplient. Cisco investit 3 milliards FCFA dans un incubateur technologique dédié aux femmes et aux filles, annoncé le 16 octobre 2025, faisant de la Côte d’Ivoire le cinquième pays africain doté de ce type de structure. Wave et DigiFemmes ont lancé WaveUP le même mois pour accompagner 500 entrepreneures. Smart Africa a tenu du 22 au 26 juin 2026 un bootcamp de préparation à l’investissement pour quinze startups dirigées par des femmes. Le Startup Act adopté en novembre 2023 et l’exonération fiscale de trois ans inscrite à l’annexe fiscale 2026 ne comportent, en revanche, aucun volet spécifiquement féminin.

Parmi les femmes leaders de la tech ivoirienne, Fatim Cissé fait figure d’exception documentée. Directrice générale d’IHS Towers Côte d’Ivoire depuis 2020, première femme à ce poste dans le groupe, elle exploite 2 672 tours télécoms, a fondé DUX Côte d’Ivoire en 2018 et développé CREALLA, une plateforme d’affacturage digitalisée pour la trésorerie des PME. Première Ivoirienne diplômée du programme exécutif en intelligence artificielle de Singularity University en 2019, elle est Chevalier de l’Ordre national depuis août 2019.

Sénégal : 41,2 % de députées, 3,2 % de mairesses, 13 % de ministres

Ce que la loi sur la parité a produit, et ce qu’elle ne couvre pas

La loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue impose l’alternance homme-femme sur les listes de candidats dans toutes les institutions totalement ou partiellement électives, et rend irrecevables les listes non conformes. Seize ans plus tard, le résultat parlementaire est spectaculaire : après les législatives du 17 novembre 2024, l’Assemblée nationale compte 68 femmes sur 165 sièges, soit 41,2 %, ce qui place le Sénégal au quatrième rang africain. Le pays a longtemps figuré dans le top 15 mondial.

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Deux nuances méritent d’être posées avant de faire du Sénégal le modèle des femmes leaders d’Afrique. D’abord, le nombre de députées a baissé, 68 en 2024 contre 73 dans la législature précédente. Ensuite, et c’est le cœur du débat sénégalais de 2026, la parité s’arrête aux portes des postes nominatifs. Les femmes dirigent 18 communes sur 557, soit 3,2 %, président trois conseils départementaux sur 43, et ne sont têtes de liste que dans 13 % des cas. Le gouvernement formé par décret du 1er juin 2026 sous le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô compte quatre femmes sur 30 ministres, environ 13 %.

Il faut ajouter une régression que les classements ne montrent pas : depuis juin 2026, plus aucune femme ne détient de portefeuille régalien. Yassine Fall, garde des Sceaux, a été remplacée par Moussa Sarr. Les quatre ministres en poste sont Marie Angélique Mame Selbé Diouf (Famille, Action sociale et Solidarités), Djirèye Clotilde Coly (Jeunesse et Sports), Amy Mara (Pêches et Économie maritime) et Mame Coumba Diop (Culture, Industries créatives et Patrimoine historique).

Fatoumata Gueye Ndiaye, présidente d’honneur de l’Association des juristes sénégalaises, plaidait les 19 et 20 mai 2026 pour une réforme constitutionnelle étendant la parité aux fonctions de décision, en s’appuyant sur le Protocole de Maputo. Le Conseil des ministres du 29 juillet 2026 a nommé dix femmes, dont Fatou Mbow Ly à la direction générale de l’Énergie et Tabaski Ba à l’Agence nationale de la Petite Enfance. Ces nominations relèvent de la volonté de l’exécutif, pas de la loi.

Un réseau des femmes députées, destiné à faire travailler ensemble ces femmes leaders, a été lancé le 3 juillet 2026 avec l’appui d’ONU Femmes, présidé par Mbène Faye, quatrième vice-présidente de l’Assemblée nationale, qui le décrit comme un espace devant « servir de boussole pour l’égalité de genre et l’autonomisation des femmes ». La séance s’est tenue sous la présidence de l’institution désormais occupée par Ousmane Sonko, élu le 25 mai 2026 après son départ de la Primature.

Marie Angélique Mame Selbé Diouf, ministre de la Famille, ouvrait le 7 août 2026 à Dakar la Journée internationale de la femme africaine avec une phrase qui vaut programme : « Le leadership féminin doit être placé au cœur des efforts d’intégration, de paix et de développement de l’Afrique. »

L’entrepreneuriat féminin pèse 22,1 % du PIB sénégalais

L’Agence nationale de la statistique et de la démographie et ONU Femmes ont chiffré l’apport des femmes à 2 681 milliards FCFA de valeur ajoutée, soit 22,1 % du PIB. La donnée est solide, à une condition : elle porte sur l’année 2017 et n’a été publiée qu’en 2022. La presse la reprend presque toujours sans date. Dans le détail, 61,9 % des unités de production informelles non agricoles sont dirigées par des femmes, et les entreprises formelles détenues par des femmes se concentrent dans le commerce (45,4 %), les services financiers (14,9 %) et la santé (10,4 %).

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Le verrou des femmes leaders sénégalaises reste le crédit. Thiaba Camara Sy, cofondatrice et présidente du conseil du Women’s Investment Club, le formulait ainsi en avril 2023 : « Au Sénégal, les femmes sont des entrepreneures nées, mais seules 3,5 % ont accès au crédit bancaire. » Le WIC indique par ailleurs que 43,9 % des entrepreneures empruntent auprès de la famille et des amis, et qu’environ 99 % des entreprises dirigées par des femmes restent des micro-entreprises.

La Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes affiche un bilan de mandature net. Aïda Mbodj, déléguée générale de mai 2024 au 17 juillet 2026, déclarait lors de la passation : « Durant ces deux dernières années, la DER/FJ a accompagné 54 494 femmes et jeunes en investissant 98 milliards de francs CFA dans l’entrepreneuriat. » Une précision s’impose : ni l’APS ni la RTS ne ventilent ces montants entre femmes et jeunes. Écrire que X milliards sont allés aux femmes serait inventer.

Anta Babacar Ngom, longtemps directrice générale du groupe Sedima, plus de 1 000 salariés dans l’aviculture et l’agroalimentaire, siège aujourd’hui comme députée non-inscrite élue en novembre 2024. Elle était la seule Sénégalaise de la cohorte Amujae 2026, le forum de leadership du Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf, réuni à Dakar les 13 et 14 août 2026 avec 70 femmes leaders venues de 29 pays africains. Sa fiche institutionnelle la décrivant au passé à la tête de Sedima, son statut exact de directrice générale en 2026 n’est pas confirmé par une source récente.

Fatoumata Bâ et Evelyne Dioh, les changemakers de la finance ouest-africaine

C’est au Sénégal que se trouvent les deux profils les mieux documentés de femmes visionnaires dans le capital-investissement africain. Fatoumata Bâ, fondatrice et présidente exécutive de Janngo Capital, a bouclé le 1er novembre 2024 le closing final de son deuxième véhicule à 78 millions de dollars, soit 20 % au-dessus de l’objectif annoncé à Davos. Le fonds se présente comme le plus grand véhicule de capital-risque tech paritaire d’Afrique : 56 % des sociétés du portefeuille sont dirigées par des femmes et 67 % du portefeuille est francophone. Parmi les souscripteurs figurent la Banque européenne d’investissement, la Banque africaine de développement, l’IFC et la Mastercard Foundation. Elle occupe la troisième place du Choiseul 100 Africa 2025.

Evelyne Dioh dirige WIC Gestion, société qui gère WIC Capital, présenté comme le premier fonds à impact dédié à l’entrepreneuriat féminin en Afrique francophone, actif au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Passée par le fonds souverain FONSIS et la Société Générale, elle a été classée au Choiseul 100 Africa de 2021 à 2023 et distinguée aux Africa Impact Investing Awards en 2023. Les chiffres publics du portefeuille WIC restent anciens : 3 millions de dollars investis, sept PME sénégalaises financées et 400 emplois créés, données d’avril 2023 jamais actualisées depuis.

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Deux autres femmes leaders complètent le tableau. Marième Diop a cofondé Dakar Network Angels en 2018, géré un fonds de 50 millions d’euros chez Orange Ventures, dirigé les activités de capital-risque de l’IFC et fondé Leapstage Capital en 2025. Birame N. Sock, fondatrice de la plateforme B2B Kwely, a porté sa levée d’amorçage à près d’un million de dollars en avril 2022, sous conduite de WIC Capital. Siny Samba, cofondatrice du Lionceau, alimentation infantile à ingrédients locaux, 40 salariés et plus de 3 000 producteurs, était demi-finaliste de l’Africa’s Business Heroes 2025 parmi dix finalistes sur 32 000 candidatures.

Burkina Faso : que reste-t-il du quota de genre quand les partis sont dissous ?

Un cadre institutionnel qui a changé de nom en 2026

Toute analyse des femmes leaders au Burkina Faso doit partir d’un fait que beaucoup de publications ignorent encore : l’Assemblée législative de transition n’existe plus sous ce nom. La Charte de la Révolution adoptée le 27 mars 2026 l’a transformée en Assemblée législative du peuple, et le gouvernement de transition en Gouvernement du peuple. Le 9 février 2026, une loi votée à l’unanimité des 69 députés présents a dissous l’ensemble des partis politiques. Les Assises nationales de mai 2024 ont prorogé la transition de 60 mois, jusqu’en 2029, avec une divergence de calendrier entre les sources sur le point de départ exact.

Conséquence directe pour la représentation des femmes leaders : la loi n° 003-2020/AN du 22 janvier 2020, qui exige 30 % minimum de chaque sexe, l’alternance sur les deux tiers supérieurs des listes et des têtes de liste titulaire et suppléante de sexes différents, n’a plus de scrutin auquel s’appliquer. Une précision juridique s’impose au passage : le texte de 2020 ne contient aucune clause abrogeant explicitement la loi de 2009 sur le même objet. Écrire « la loi de 2009 modifiée en 2020 » est donc approximatif.

L’Assemblée législative du peuple compte 58 membres en exercice sur 71 sièges statutaires, dont 11 femmes, soit 19,0 %. Ces membres sont désignés, non élus. Aucune femme n’a jamais présidé le parlement burkinabè. Deux femmes président des commissions, l’une sur les droits humains, l’autre sur le genre, la santé et l’action sociale, mais l’Union interparlementaire ne publie pas leurs noms. La secrétaire générale de l’institution, Valérie Semporé Soubeiga, est en poste depuis le 24 août 2022.

Le remaniement du 12 janvier 2026 a ramené le gouvernement de 24 à 22 membres, dont cinq femmes, soit 22,7 %, une proportion supérieure à celle de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Aminata Zerbo-Sabané tient la Transition digitale, les Postes et les Communications électroniques, poste qu’elle occupe sans interruption depuis mars 2022. Passowendé Pélagie Kabré-Kaboré est à la Famille et à la Solidarité, Annick Lydie Djouma Pikbougoum aux Sports, à la Jeunesse et à l’Emploi, Fatoumata Bako-Traoré au Budget et Bebgnasgnan Stella Eldine Kabre-Kaboré à la Coopération régionale.

Le nouveau Code des personnes et de la famille, adopté le 1er septembre 2025 à l’unanimité des 71 députés alors présents, porte l’âge légal du mariage à 18 ans avec dérogation judiciaire possible à 16 ans, aligne la majorité civile des deux sexes et maintient les droits successoraux de l’épouse en cas de séparation de corps reconnue.

Les femmes visionnaires de l’agroalimentaire burkinabè

C’est là que le Burkina Faso produit ses femmes leaders les mieux documentées. Sur les 215 entreprises enregistrées à la Fédération des industries de l’agroalimentaire et de transformation du Burkina, 140 sont dirigées par des femmes, soit 65,11 %. Ollo Arnaud Kam, directeur général de la promotion de l’économie rurale, estime que les femmes représentent environ 70 % des acteurs de la transformation des produits agro-pastoraux.

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Adja Mamounata Velegda est le nom qui revient. Vendeuse de galettes dans les années 1970, surnommée la reine des céréales, elle exploite aujourd’hui plus de 55 hectares, emploie plus de 500 personnes et revendique plus de 30 milliards FCFA de chiffre d’affaires annuel dans les céréales, le riz et les amandes de karité. Une étude de la Chambre de commerce la classait première d’un top 100 des femmes cheffes d’entreprise, avec 17,75 milliards FCFA, mais sur des données de 2016 : les deux chiffres ne sont pas comparables.

D’autres femmes leaders sont documentées avec leurs volumes : Marie Madeleine Pouya et ses sauces séchées au solaire, plus de 100 femmes employées ; Zalissa Ouédraogo, 600 bouteilles de nectars par jour ; Odette Kaboré et sa coopérative de 50 artisanes à Zorgho ; Fatoumata Konaté et sa farine infantile enrichie à Bobo-Dioulasso. La Fédération des tisseuses du Burkina Faso, présidée par Pauline Bafiogo, a livré 1 200 pagnes pour 12 millions FCFA en 2025 et prépare la structuration des tisseuses des treize régions.

L’enquête Enterprise Surveys 2024 de la Banque mondiale, menée sur 380 entreprises entre octobre 2024 et janvier 2025, ramène ces réussites à leur proportion : 13,5 % des entreprises burkinabè ont une femme à leur tête, contre 17,2 % en moyenne en Afrique subsaharienne, alors que les femmes forment 31 % des effectifs. La commande publique confirme l’écart. En 2022, les entreprises dirigées par des femmes ont remporté 20,4 % des marchés en nombre (8 213 sur 40 199) mais seulement 17 % en valeur, soit 111 milliards FCFA contre 543 milliards pour celles dirigées par des hommes.

Mariam Lamizana, ancienne ministre de l’Action sociale et première présidente du Comité national de lutte contre l’excision, dirige toujours l’ONG Voix de femmes, qui a fêté ses 25 ans en mars 2026. Sa formule tient en une ligne : « Une femme non indépendante sur le plan économique ne peut être épanouie. » Son combat se lit dans les chiffres : la prévalence des mutilations génitales féminines chez les 15-49 ans est passée de 75,8 % en 2010 à 56 % en 2021, et de 13,3 % à 9 % chez les filles de 0 à 14 ans.

Numérique burkinabè : des dirigeantes publiques, aucune fondatrice identifiée

Il faut le dire tel quel : aucune fondatrice burkinabè de startup technologique avec entreprise nommée, chiffres publiés ou levée de fonds documentée n’a pu être identifiée. Le volet numérique du pays repose sur des dirigeantes du secteur public et sur des programmes de formation.

Aminata Zerbo-Sabané, docteure en ingénierie informatique de Polytechnique Montréal en 2015 et ancienne directrice générale de l’ANPTIC, s’adressait aux 167 jeunes filles de 14 à 21 ans formées au codage lors de l’édition 2025 des Superbes codeuses : « Vous avez exploré les différents métiers du numérique, brisé votre plafond de verre. » Mathurin Kouassi, directeur général par intérim d’Orange Burkina, chiffrait le même jour la présence féminine à 30 % dans le numérique et un peu moins de 20 % dans les métiers techniques.

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Haoua Ouattara Dama, directrice générale de la Transformation digitale au ministère et coordonnatrice du projet PACTDIGITAL-BF, a piloté plus de cinquante programmes de formation touchant plus de cinq cents agents publics et jeunes entrepreneurs. Elle est secrétaire générale de la Fondation Femmes TIC Burkina Faso, structure dont aucune page, date de création ni activité n’a pu être retrouvée par ailleurs. Le premier forum Women IGF-BF, lancé le 31 mai 2026, s’est tenu avec Haguiéta Nassa-Trawina, présidente de la Commission de l’informatique et des libertés, parmi les intervenantes. Sur les douze startups en intelligence artificielle retenues à la Semaine du numérique de novembre 2025, dotées de 2 millions FCFA chacune, la répartition par genre des porteurs n’est pas publiée.

Ce que les classements de femmes influentes mesurent, et ce qu’ils ratent

Les palmarès de femmes leaders se sont multipliés au point de brouiller la lecture. Le Choiseul 100 Africa de l’Institut Choiseul, douzième édition en 2025, distingue 200 dirigeants africains de 40 ans et moins, hors mandats électifs. Deux femmes figurent dans son top 3 : Belinda Disu, présidente d’Abumet au Nigeria, et Fatoumata Bâ. Lisa Bictogo, directrice générale adjointe du groupe SNEDAI, y est la seule Ivoirienne du top 100. Le rapport ne publie pas la part de femmes dans son classement.

Trois vérifications valent d’être signalées à qui reprend ces listes. Les New African Woman Awards n’ont plus d’édition documentée en ligne depuis 2016. L’Africa CEO Forum ne décerne plus de prix intitulé Women in Business : son initiative genre s’appelle désormais Women Working for Change et revendique plus de 1 000 dirigeantes membres, sans que ces chiffres soient datés ni sourcés. Le classement des 50 femmes les plus inspirantes de Forbes Afrique, publié le 3 mars 2025 donne plus de visibilité sur l’évolution. Hassatou Diop N’Sele, vice-présidente finances de la BAD, y figure selon un communiqué relayé en mars 2025.

La donnée la plus utile sur les femmes leaders des conseils d’administration est ouest-africaine et récente. Le classement Top 100 Ghana’s Women Board Directors d’Avance Media, publié le 17 août 2026, recense 232 sièges féminins sur 895 dans cent grandes institutions ghanéennes, soit 25,9 %, en recul par rapport aux 28 % de 2023. Le nombre de présidentes de conseil, lui, est passé de 10 à 19 sur la même période. Le mouvement est donc double : moins de sièges, plus de présidences.

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Pour l’espace UEMOA, l’angle mort est total. Aucune donnée chiffrée sur la part des femmes dans les conseils d’administration ou les directions générales des sociétés cotées à la BRVM n’a pu être trouvée. Le seul document disponible remonte à une cérémonie de mars 2017 et ne contient aucun pourcentage. Quant au chiffre de 14,4 % de femmes dans les conseils d’administration africains, encore cité comme actuel, il vient d’une étude de la BAD publiée en 2015 sur des données de 2013.

La Fondation Tony Elumelu offre le contrepoint le mieux daté. Sa cohorte 2026 compte 3 200 entrepreneurs sélectionnés dans les 54 pays africains, dont 51 % de femmes, chacun doté d’un capital d’amorçage pouvant aller jusqu’à 5 000 dollars. Depuis 2010, la fondation revendique plus de 24 000 entrepreneurs soutenus et plus de 100 millions de dollars décaissés.

Femmes leaders d’Afrique : les questions que se posent les lecteurs

Quel pays d’Afrique de l’Ouest compte le plus de femmes au Parlement ?

Le Sénégal, avec 68 députées sur 165 sièges, soit 41,2 % après les législatives du 17 novembre 2024. Ces trois pays offrent trois modèles distincts de représentation des femmes leaders. Le Sénégal devance très largement le Burkina Faso (19,0 % d’une assemblée désignée) et la Côte d’Ivoire (13 à 15 % selon les sources). À l’échelle du continent, le Rwanda conserve la première place mondiale avec 63,8 %.

Les lois de quota fonctionnent-elles vraiment ?

Les quotas font progresser les femmes leaders quand ils sanctionnent. La loi sénégalaise de 2010 rend irrecevables les listes non paritaires, et le pays affiche 41,2 % de députées. La loi ivoirienne de 2019 prévoit une prime financière pour les partis vertueux mais aucune pénalité, et le taux de candidates est resté à 15,5 % en décembre 2025, soit la moitié du quota exigé. Au Burkina Faso, la loi de 2009 prévoyait la perte de la moitié du financement public de campagne, et la part de femmes élues était passée de 15,30 % en 2007 à 18,89 % en 2012.

Pourquoi les femmes leaders d’Afrique accèdent-elles si peu au capital ?

Trois obstacles documentés se cumulent pour les femmes leaders d’Afrique. Le cadre juridique d’abord : 91 économies dans le monde n’interdisent pas la discrimination de genre dans l’accès au crédit, selon la Banque mondiale en février 2026. L’informalité ensuite : les femmes forment 71 % de la main-d’œuvre informelle africaine et 61,9 % des unités informelles non agricoles au Sénégal sont dirigées par des femmes, un statut qui exclut du crédit bancaire classique. Le type d’instrument enfin : les femmes reçoivent 52 % des financements africains sous forme de subventions mais environ 1 % du capital-risque, selon le Boston Consulting Group en mai 2026.

Où trouver des données fiables sur les femmes influentes du continent ?

Quatre sources primaires se vérifient et se datent : la base Parline de l’Union interparlementaire pour les parlements, la page AFAWA de la Banque africaine de développement pour le financement, le rapport annuel de Partech Africa pour la tech, et les instituts nationaux de statistique pour l’économie réelle.

Les échéances qui diront si la tendance s’inverse

Trois rendez-vous permettront de mesurer l’évolution des femmes leaders d’Afrique sans dépendre des déclarations. Au Burkina Faso, la transition court jusqu’en 2029 : tant qu’aucun scrutin n’est convoqué et que les partis restent dissous, la loi sur le quota de genre demeure sans objet, et la part de 19,0 % de femmes à l’Assemblée législative du peuple dépendra uniquement des désignations. Au Sénégal, la réforme constitutionnelle réclamée par l’Association des juristes sénégalaises pour étendre la parité aux postes nominatifs n’a pas été inscrite à l’ordre du jour : c’est le texte à surveiller si l’on veut savoir si les 3,2 % de mairesses bougeront. En Côte d’Ivoire, aucun chiffre officiel sur les femmes maires n’a été publié depuis juin 2023, et la prochaine occasion d’en produire un sera le renouvellement des exécutifs locaux.

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Rédigé par

Gary SLM

Gary SOGNON : Responsable de Communication, je suis également journaliste-rédacteur web sur Afrique Sur 7. J’excelle dans la création de contenus captivants optimisés pour le référencement. Mon expertise polyvalente dans divers secteurs me permet de produire régulièrement des publications sur différents sujets de culture, politique, économie et de sport. Suivez-moi sur cette page pour plus d’actualités.

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