Marchés boursiers africains 2025-2026 : ce que disent vraiment les chiffres de la BRVM et des grandes places du continent
En résumé : la BRVM a bouclé 2025 sur un gain de 25,26 %, sa capitalisation dépasse désormais 24 000 milliards de FCFA, et trois bourses africaines, le Nigeria, le Kenya et l’Égypte, figurent parmi les marchés les plus performants au monde sur les douze derniers mois. Ce guide rassemble les chiffres vérifiés, secteur par secteur et pays par pays, pour comprendre où va vraiment l’argent en Afrique en ce moment.
Il y a deux ans encore, parler de bourse africaine dans une conversation revenait souvent à évoquer un sujet de niche, réservé aux spécialistes du développement ou aux gérants de fonds frontières. Ce n’est plus tout à fait le cas. Entre la remontée spectaculaire de la BRVM, les records enchaînés à Lagos et au Caire, et l’appétit croissant des jeunes Africains pour les cryptomonnaies, le continent est redevenu un sujet d’actualité financière à part entière. Ce guide fait le point, chiffres à l’appui, sur ce qui s’est réellement passé sur les marchés africains en 2025 et sur ce que laissent entrevoir les premiers mois de 2026.
Chiffres clés (2025-2026)
- BRVM Composite : +25,26 % en 2025, à 345,75 points, capitalisation globale à 24 781,32 milliards de FCFA fin décembre.
- NGX All-Share Index (Nigeria) : +51,19 % en 2025, puis +95,44 % sur douze mois glissants au 17 juillet 2026.
- NSE 20 (Kenya) : +56 % en 2025, quatrième performance boursière mondiale au premier semestre 2026.
- EGX 30 (Égypte) : environ +40 % en 2025, record historique à 54 978,90 points le 11 mai 2026.
- FTSE/JSE All Share (Afrique du Sud) : +76 % entre mi-2025 et début 2026, avant un repli de 4,76 % depuis janvier 2026.
- Investissements chinois en Afrique en 2025 : 39 milliards de dollars, en hausse de 20 % sur un an.
- IDE vers l’Afrique en 2025 : environ 70 milliards de dollars, en repli de 26 % après le pic de 2024.
- Transactions en cryptomonnaies en Afrique subsaharienne : 205 milliards de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, en hausse de 52 %.
Un continent, plusieurs vitesses boursières
L’Afrique compte une trentaine de bourses de valeurs, mais leur poids reste très inégal. Certaines, comme la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) ou la Nigerian Exchange (NGX), couvrent plusieurs dizaines de millions d’épargnants potentiels. D’autres restent de taille modeste, avec quelques dizaines d’entreprises cotées et des volumes d’échange limités.
Lire aussi : les derniers financements approuvés par la BIDC
2025 a marqué un tournant pour plusieurs de ces places. La BRVM a enregistré sa meilleure année depuis cinq ans. Le Nigeria a vu son indice de référence grimper de plus de 51 %. Le Kenya a fait mieux que le Nasdaq américain sur le premier semestre 2026. L’Égypte a vu son marché progresser de 40 % en un an, porté par la baisse de l’inflation. Ces performances ne viennent pas de nulle part : elles reflètent des réformes économiques engagées depuis plusieurs années, une baisse de l’inflation dans plusieurs grandes économies du continent, et un regain d’intérêt des investisseurs étrangers pour des marchés jugés bon marché après des années de sous-performance.
Dans le même temps, les flux d’investissements directs étrangers vers l’Afrique ont reculé de 26 % en 2025 par rapport au pic de 2024, selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 de la CNUCED. Les deux tendances ne sont pas contradictoires : les marchés boursiers réagissent aux flux de portefeuille, plus mobiles et plus rapides, tandis que les investissements directs suivent un cycle différent, plus lié aux grands projets industriels et miniers.
La BRVM, moteur de l’Afrique de l’Ouest francophone
La Bourse régionale des valeurs mobilières a été créée le 18 décembre 1996, à la suite d’une décision du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) prise en décembre 1993. Basée à Abidjan, elle est commune à huit pays qui partagent le franc CFA : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Chaque pays dispose d’une antenne nationale de bourse chargée de la relation avec les épargnants locaux. Selon les données disponibles sur le site de la BRVM, une quarantaine de sociétés y sont cotées, la plupart ivoiriennes, dans des secteurs allant de l’agroalimentaire aux télécommunications en passant par la banque.
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L’année 2025 restera comme un cru exceptionnel. L’indice BRVM Composite a progressé de 25,26 %, terminant l’année à 345,75 points, un plus haut historique. Sur cinq ans, la trajectoire est nette : après une hausse de 39,15 % en 2021, l’indice avait quasiment stagné en 2022 (+0,46 %), avant de reprendre sa progression avec +5,38 % en 2023, +28,89 % en 2024 et donc +25,26 % en 2025. Au total, entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2025, le BRVM Composite est passé de 145,37 à 345,75 points, soit une progression cumulée de 99,15 % en cinq ans.
Cette dynamique se lit aussi dans la capitalisation du marché. Au 31 décembre 2025, la capitalisation du compartiment actions atteignait 13 330,71 milliards de FCFA, soit environ 23,83 milliards de dollars, en hausse de 32,27 % sur un an. En y ajoutant le compartiment obligataire, qui pesait 11 450,61 milliards de FCFA, la capitalisation globale de la BRVM frôlait les 24 781,32 milliards de FCFA, l’équivalent de 44,31 milliards de dollars, soit 18,37 % du PIB cumulé de l’UEMOA. Le mouvement s’est poursuivi début 2026 : au 30 janvier, la capitalisation du seul compartiment actions atteignait 14 069,66 milliards de FCFA, en progression de 5,54 % en seulement un mois.
Ce que fait vraiment la CEDEAO pour financer la croissance régionale
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne gère pas directement de bourse, mais elle s’appuie sur deux institutions financières régionales pour soutenir le développement de ses quinze États membres : la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC), basée à Lomé, et la Banque ouest africaine de développement (BOAD), qui sert plus spécifiquement les huit pays de l’UEMOA.
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Sur le terrain, la BIDC a maintenu un rythme d’engagement soutenu. Lors de la 95e session de son Conseil d’administration, tenue le 30 mars 2026, la banque a approuvé de nouveaux financements pour 266,7 millions de dollars et 30 milliards de FCFA, destinés à des projets au Nigeria, en Gambie, au Ghana, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Parmi les opérations citées : la construction d’installations de gestion des déchets à Lagos pour 50 millions de dollars, censée créer plus de 5 000 emplois, une ligne de crédit de 20 milliards de FCFA à la BNDE sénégalaise pour soutenir les PME et le logement, et une ligne de crédit de 10 milliards de FCFA en faveur de la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce en Côte d’Ivoire.
De son côté, la BOAD a publié un bilan 2025 en nette accélération : 935,8 milliards de FCFA injectés dans 64 projets, avec des décaissements en hausse de 82 % par rapport à 2024, à 698,5 milliards de FCFA. Le taux de décaissement annuel est passé de 16 % à 23,7 %. Les transports et les technologies de l’information ont capté la plus grosse part des financements, avec 269,9 milliards de FCFA, contre seulement 50,1 milliards pour la santé et l’éducation réunies. Pour la période 2026-2030, la BOAD a lancé un nouveau plan stratégique baptisé « Djoliba, la suite », qui vise à doubler ses engagements financiers à 6 500 milliards de FCFA, soit environ 10 milliards d’euros, contre 3 750 milliards mobilisés entre 2021 et 2025.
Nigeria, Afrique du Sud, Kenya, Égypte : quatre bourses, quatre trajectoires
Nigeria : la bourse qui a battu presque tout le monde
L’indice de référence de la Nigerian Exchange (NGX All-Share Index) a grimpé de 51,19 % en 2025, passant de 102 926 points en début d’année à 155 613 points fin décembre. La capitalisation boursière totale a progressé de plus de 36 600 milliards de nairas sur l’année, pour atteindre 99 380 milliards de nairas, une des plus fortes hausses en valeur absolue enregistrées sur un marché actions dans le monde cette année-là, selon Nairametrics. La dynamique s’est poursuivie en 2026 : le 17 juillet, l’indice s’établissait à 243 462 points, en hausse de 95,44 % sur douze mois glissants, avec des volumes d’échange qui restent élevés, selon Trading Economics.
Afrique du Sud : montagnes russes autour de l’or
La Bourse de Johannesburg (JSE) a connu une période particulièrement mouvementée. Entre le milieu de l’année 2025 et le début de l’année 2026, son indice All Share a bondi de plus de 76 %, porté par la flambée du cours de l’or au-dessus de 2 500 dollars l’once, une stabilité politique retrouvée autour du gouvernement d’union nationale, des baisses de taux de la Banque centrale sud-africaine et un rand plus solide qui a attiré les capitaux étrangers. L’indice a atteint un sommet supérieur à 121 000 points début 2026, avant une correction de plus de 3 % tirée par les valeurs minières fin février. Au 30 juin 2026, le FTSE/JSE All Share Index s’établissait à 110 313,85 points, en repli de 4,76 % depuis le début de l’année, un rappel que les marchés liés aux matières premières restent volatils même en pleine phase de hausse.
Kenya : la surprise de l’année
La Bourse de Nairobi a livré l’une des meilleures performances du continent. Son indice NSE 20 a gagné 56 % en 2025, se classant deuxième meilleur marché africain en rendement dollar sur l’année. La progression s’est accélérée en 2026 : au 17 juillet, l’indice se situait à 3 957 points, en hausse de 9,66 % sur le seul mois précédent et de 58,25 % sur un an. Sur le premier semestre 2026, la Bourse de Nairobi s’est classée quatrième performance boursière mondiale, devançant le Nasdaq américain, le FTSE 100 britannique et la Bourse de Shanghai, portée notamment par les valeurs bancaires et par Safaricom, l’opérateur télécoms le plus valorisé du pays.
Égypte : la désinflation comme carburant boursier
L’indice EGX 30 de la Bourse égyptienne a terminé 2025 à 41 828,97 points, après avoir démarré l’année autour de 30 000 à 32 000 points, soit une progression proche de 40 %. Cette embellie coïncide avec un net recul de l’inflation, tombée d’environ 28 % en 2024 à environ 14 % en 2025, avec une prévision proche de 10,5 % pour 2026. Les indices élargis ont fait encore mieux que le EGX 30 sur l’année, avec +60 % pour le EGX 70 et +55 % pour le EGX 100. En 2026, la tendance s’est maintenue : le 13 juillet, le EGX 30 atteignait 52 608 points, en hausse de 55,98 % sur un an, après avoir touché un record historique de 54 978,90 points le 11 mai.
Tableau comparatif des principales bourses africaines
| Marché | Indice | Performance 2025 | Niveau récent 2026 |
|---|---|---|---|
| BRVM (Afrique de l’Ouest) | BRVM Composite | +25,26 % | 345,75 points (31/12/2025) |
| Nigeria | NGX All-Share Index | +51,19 % | 243 462 points (17/07/2026) |
| Kenya | NSE 20 | +56 % | 3 957 points (17/07/2026) |
| Égypte | EGX 30 | environ +40 % | 52 608 points (13/07/2026) |
| Afrique du Sud | FTSE/JSE All Share | +76 % (mi-2025 à début 2026) | 110 313,85 points (30/06/2026) |
Ce tableau donne une photographie utile, mais il faut le lire avec prudence. Les indices ne sont pas construits de la même façon, ne couvrent pas le même nombre de valeurs, et surtout ne sont pas exprimés dans la même devise. Comparer un gain en nairas nigérians à un gain en rands sud-africains sans tenir compte du taux de change revient à comparer des grandeurs qui ne racontent pas tout à fait la même histoire.
L’ombre portée du yuan et de la dette chinoise
Aucun panorama sérieux des marchés africains ne peut faire l’impasse sur la place prise par la Chine dans le financement du continent. Pékin a annoncé un soutien financier de 360 milliards de yuans, soit environ 50,7 milliards de dollars ou plus de 30 000 milliards de FCFA, réparti sur les trois années suivant le dernier sommet Chine-Afrique. Cette enveloppe se décompose en une ligne de crédit de 210 milliards de yuans (30 milliards de dollars), des investissements d’entreprises chinoises pour 70 milliards de yuans (10 milliards de dollars), et diverses formes d’aide pour 80 milliards de yuans (11 milliards de dollars).
Sur le seul exercice 2025, les investissements chinois en Afrique ont atteint un niveau record de 39 milliards de dollars, l’équivalent de 22 000 milliards de FCFA, en hausse de 20 % par rapport à 2024. Dans le même temps, un rapport du Fonds monétaire international publié début 2026 signale que onze pays africains francophones affichent désormais un endettement global supérieur à 70 % de leur PIB, avec une part croissante due à des créanciers bilatéraux chinois.
Pékin cherche par ailleurs à approfondir ses liens financiers avec le continent au-delà du simple crédit. La Chine a proposé de renforcer la connectivité entre ses marchés financiers et ceux de l’Afrique, de développer la coopération sur le règlement des échanges en monnaie locale et sur la finance numérique, et d’accueillir favorablement l’émission par des pays africains d’obligations dites « Panda », libellées en yuans et placées sur le marché chinois. Cette évolution mérite d’être suivie de près, car elle pourrait, à terme, offrir une alternative aux financements en dollars ou en euros pour les États africains les plus endettés.
Face à cette dépendance croissante, certains pays cherchent activement à diversifier leurs partenaires. Le Sénégal, sous l’impulsion du gouvernement issu des élections de 2024, a par exemple engagé des discussions avec des fonds souverains du Golfe, avec l’Union européenne dans le cadre de son initiative Global Gateway, et avec des institutions de développement américaines comme la DFC.
La ruée crypto qui ne dit pas son nom
Si les bourses traditionnelles africaines progressent, un autre marché a connu une croissance encore plus rapide sur la période récente : celui des cryptomonnaies. Selon le classement mondial 2025 de Chainalysis, le Nigeria et l’Éthiopie figurent tous deux dans le top 20 mondial de l’adoption des cryptoactifs. Le Nigeria domine largement le continent, avec un taux d’adoption estimé à 14,5 % de la population, soit plus de 22 millions d’utilisateurs actifs, et un volume de transactions évalué à 92,1 milliards de dollars sur la période étudiée. L’Afrique du Sud arrive en deuxième position avec environ 31 milliards de dollars échangés, suivie par l’Éthiopie, le Kenya et le Ghana pour compléter le top 5 africain.
À l’échelle de l’Afrique subsaharienne dans son ensemble, les transactions en cryptomonnaies ont atteint 205 milliards de dollars entre juillet 2024 et juin 2025, une hausse de 52 % sur un an, ce qui place la région au troisième rang mondial derrière l’Asie-Pacifique et l’Amérique latine. Le cadre réglementaire progresse, mais reste inégal selon les pays : l’Afrique du Sud, le Ghana et l’île Maurice ont mis en place des règles relativement abouties, tandis que le Nigeria a clarifié récemment ses directives à destination des banques commerciales concernant la gestion des actifs numériques. Le Maroc, souvent oublié dans ces classements centrés sur l’Afrique subsaharienne, se classe au 58e rang mondial et au 5e rang africain selon les données disponibles.
Cette dynamique crypto ne doit rien au hasard : elle répond à des besoins concrets, entre transferts de fonds transfrontaliers moins coûteux que les circuits bancaires classiques, protection contre l’inflation dans des économies où la monnaie locale se déprécie parfois rapidement, et accès à des services financiers pour des populations qui restent largement en dehors du système bancaire traditionnel.
Ce que montrent les chiffres de l’investissement en 2025-2026
Le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 de la CNUCED apporte un éclairage utile, et parfois contre-intuitif, sur la situation réelle du continent. Les flux d’investissements directs étrangers vers l’Afrique se sont établis à environ 70 milliards de dollars en 2025, en recul de 26 % par rapport au pic exceptionnel de 94 milliards de dollars atteint en 2024. Malgré ce repli, il s’agit tout de même de la troisième meilleure année pour le continent depuis 1990, et le niveau reste environ un tiers au-dessus de la moyenne de long terme.
Un autre chiffre mérite l’attention : les dix premiers pays bénéficiaires ont capté à eux seuls 72,3 % des IDE reçus par l’ensemble du continent, ce qui illustre une concentration géographique persistante des capitaux. L’Égypte reste la première destination africaine, avec environ 15 milliards de dollars attirés en 2025, ce qui confirme le rôle moteur de l’Afrique du Nord dans l’attraction des capitaux étrangers. Les secteurs qui ont le plus attiré les investisseurs restent les hydrocarbures, les mines, les engrais et l’automobile, tandis que les investisseurs du Golfe et d’Asie prennent une place croissante, notamment dans l’énergie, la logistique, l’immobilier et les infrastructures.
Pour les prochaines années, deux tendances semblent se dessiner. D’une part, une diversification progressive des sources de financement, entre bailleurs traditionnels occidentaux, capitaux chinois et fonds du Golfe. D’autre part, un intérêt renouvelé pour les marchés boursiers locaux, portés par une classe moyenne africaine en expansion et par la multiplication des applications mobiles d’investissement.
Comment investir concrètement sur les marchés africains
Pour un particulier basé en France ou ailleurs en zone francophone, plusieurs options existent pour accéder aux marchés africains, avec des niveaux de complexité et de risque différents.
Sur la BRVM, l’accès passe par une société de gestion et d’intermédiation (SGI) agréée, qui ouvre un compte titres et exécute les ordres pour le compte de l’investisseur. Plusieurs SGI ivoiriennes ou sénégalaises acceptent aujourd’hui des clients non-résidents, avec des démarches d’identité renforcées liées aux règles de lutte contre le blanchiment. Pour les bourses anglophones comme le NGX, la JSE ou la NSE kenyane, certains courtiers internationaux proposent un accès direct ou via des certificats représentatifs, mais les frais et les délais de règlement-livraison varient sensiblement d’une plateforme à l’autre.
Trois catégories de risques méritent une attention particulière avant tout investissement sur ces marchés. Le risque de change d’abord : une performance boursière de 50 % en monnaie locale peut fondre, voire devenir négative, une fois convertie en euros si la devise locale se déprécie fortement sur la même période, ce qui a régulièrement été le cas du naira nigérian ou du cedi ghanéen. Le risque de liquidité ensuite, plus marqué sur les bourses de taille modeste où quelques titres concentrent l’essentiel des échanges quotidiens, rendant parfois difficile la revente rapide d’une position importante. Le risque réglementaire enfin, notamment pour les actifs numériques, dont le statut juridique continue d’évoluer rapidement selon les pays.
Une diversification par pays et par secteur reste la meilleure façon de limiter l’exposition à un choc localisé, qu’il soit politique, monétaire ou lié aux matières premières. Les investisseurs les plus prudents privilégient souvent une entrée progressive, échelonnée sur plusieurs mois, plutôt qu’un placement unique sur un marché aussi volatil.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la BRVM et quels pays en font partie ?
La BRVM est la Bourse régionale des valeurs mobilières, commune à huit pays de l’UEMOA qui partagent le franc CFA : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Elle est basée à Abidjan et existe depuis 1996.
Quelle a été la performance de la BRVM en 2025 ?
L’indice BRVM Composite a progressé de 25,26 % sur l’année 2025, terminant à 345,75 points, un niveau historique, avec une capitalisation boursière totale proche de 24 800 milliards de FCFA fin décembre.
Comment investir en bourse en Afrique depuis l’étranger ?
Il faut généralement passer par une société de gestion et d’intermédiation agréée pour la BRVM, ou par un courtier international proposant un accès aux bourses anglophones comme le NGX ou la JSE, en tenant compte des frais de change et des exigences d’identification propres à chaque marché.
Quelle est la bourse africaine la plus performante en 2025-2026 ?
Sur 2025, le Nigeria arrive en tête avec +51,19 %, suivi du Kenya à +56 % et de l’Égypte à environ +40 %. Sur le premier semestre 2026, la Bourse de Nairobi s’est classée quatrième performance mondiale, devant plusieurs grandes places occidentales.
Quel est le lien entre le yuan chinois et l’endettement africain ?
La Chine a annoncé environ 50,7 milliards de dollars de soutien financier à l’Afrique sur trois ans, mais un rapport du FMI de 2026 souligne que onze pays africains francophones affichent une dette publique supérieure à 70 % du PIB, avec une part croissante liée à des créanciers chinois.
Les cryptomonnaies sont-elles légales en Afrique ?
Le cadre varie fortement selon les pays. L’Afrique du Sud, le Ghana et l’île Maurice disposent de règles relativement claires, le Nigeria a récemment précisé ses directives bancaires, tandis que d’autres pays n’ont pas encore de législation spécifique sur les actifs numériques.
Quels sont les principaux risques d’investir sur les marchés africains ?
Les trois risques majeurs sont le risque de change, lié à la dépréciation de certaines monnaies locales, le risque de liquidité sur les bourses de petite taille, et le risque réglementaire, en particulier pour les cryptoactifs dont le statut juridique évolue rapidement.
Quelles tendances d’investissement surveiller en 2026 ?
La diversification des sources de financement entre bailleurs occidentaux, chinois et du Golfe, la montée en puissance des applications mobiles d’investissement, et la poursuite de la reprise sur les bourses de Lagos, Nairobi et Le Caire figurent parmi les évolutions à suivre de près.
Sources et méthodologie
Les données chiffrées de cet article proviennent des sources suivantes, consultées entre janvier et juillet 2026 : le site officiel de la BRVM pour les indices et capitalisations de la bourse régionale ouest-africaine,
Sikafinance pour la clôture annuelle 2025 de l’indice BRVM Composite,
le site de la BIDC pour les décisions de son Conseil d’administration,
Agence Ecofin et Financial Afrik pour le détail des projets financés,
Agence Ecofin pour le bilan 2025 et le plan stratégique 2026-2030 de la BOAD,
Nairametrics et Trading Economics pour la performance du NGX All-Share Index au Nigeria,
Trading Economics pour l’évolution du FTSE/JSE All Share Index sud-africain et de l’indice NSE 20 kenyan,
Trading Economics et Afrivestia pour l’indice EGX 30 égyptien,
Sikafinance pour les annonces de financement chinois envers l’Afrique,
Business & Finance International pour le montant des investissements chinois en 2025,
Agence Ecofin pour le classement Chainalysis 2025 de l’adoption des cryptomonnaies en Afrique, et le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 de la CNUCED tel que relayé par Le360 Afrique et L’Économiste Maghrébin pour les données sur les investissements directs étrangers.
Toutes les données de marché sont sujettes à révision et évoluent en continu. Les chiffres cités ici correspondent à la situation connue au moment de la rédaction et seront actualisés lors des prochaines mises à jour de ce guide.
L’Afrique boursière de 2026 n’a plus grand-chose à voir avec l’image d’un continent à l’écart de la finance mondiale. Entre une BRVM qui enchaîne les records, un Nigeria qui rivalise avec les places les plus dynamiques du monde, et une adoption crypto qui dépasse largement celle de nombreux pays développés, les signaux de fond sont réels. Ils s’accompagnent cependant de fragilités tout aussi concrètes : une dette souvent élevée, une dépendance persistante vis-à-vis d’un petit nombre de bailleurs, et des marchés qui restent, pour beaucoup, étroits et volatils. Comprendre cette Afrique-là demande de regarder les deux colonnes du bilan en même temps, sans se limiter aux records qui font les gros titres.
Rédigé par
Gary SOGNONGary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.
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