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Au Mali, une importante mobilisation sociale a débuté ce jeudi 17 avril 2025. Le puissant Syndicat National des Banques, Assurances, Établissements Financiers, Micro Finances, Entreprises Pétrolières et Commerces (SYNABEF) a lancé une grève de 72 heures, avec une menace de prolongation la semaine prochaine. Cette action fait suite à l’échec des négociations entre le syndicat et le gouvernement malien concernant plusieurs revendications cruciales pour les travailleurs de ces secteurs.
Blocage des secteurs clés de l’économie malienne
Le SYNABEF a exprimé son regret face à l’impasse des discussions avec les autorités. « Nous avons le regret de vous informer de l’échec des négociations autour de du préavis de grève du 2 avril déposé par le SYNABEF », a déclaré le syndicat dans un communiqué officiel. Dès zéro heure ce jeudi, l’appel à la grève a été suivi sur l’ensemble du territoire malien, paralysant de facto les activités des banques, des assurances, des entreprises pétrolières et des commerces affiliés.
La direction du syndicat a clairement indiqué que ce premier mouvement de grève pourrait se durcir. Un arrêt de travail de 120 heures est déjà annoncé, il débutera le mardi 22 avril 2025 à zéro heure et se terminera le samedi 26 avril. Le SYNABEF a également prévenu que « aucun service minimum ne sera observé », ce qui laisse présager un impact significatif sur le fonctionnement quotidien du pays et sur les usagers de ces services essentiels.
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Ce bras de fer social trouve son origine dans une affaire judiciaire qui oppose le SYNABEF à l’institution judiciaire malienne. Le syndicat proteste vigoureusement contre l’arrestation de deux de ses membres, Birom Diop et Alassane Touré, employés de la filiale ECOBANK Mali. Cette arrestation est liée à une affaire de transaction financière concernant la société Energie du Mali, et le SYNABEF exige leur libération immédiate, considérant leur détention comme injuste et abusive.
Au-delà de cette affaire judiciaire, le SYNABEF porte un cahier de doléances comprenant quatorze points de désaccord majeurs avec les employeurs et le gouvernement. Parmi ces revendications, figure en bonne place le retour et la régularisation des salaires de 158 travailleurs qui ont été licenciés par UBIPHARM en décembre 2023, un dossier qui traîne depuis plusieurs mois et suscite une vive indignation au sein du syndicat.
Le SYNABEF réclame également l’annulation des décisions de licenciement qui ont touché sept syndicalistes de l’entreprise BARAKA PETROLEUM, considérant ces mesures comme une atteinte à la liberté syndicale. De plus, le syndicat demande la régularisation de 300 travailleurs intérimaires chaque année à partir de 2024, une mesure visant à améliorer la précarité de l’emploi dans ces secteurs. Enfin, le remboursement des coûts supportés illégalement par les gérants des Groupements de Pétroliers Privés (GPP), notamment ceux de la station OLA énergie, fait partie des exigences du SYNABEF.
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Perspectives et conséquences de la grève
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Cette grève de grande ampleur intervient dans un contexte socio-économique déjà fragile au Mali. L’arrêt des activités bancaires, des assurances et de la distribution de produits pétroliers risque d’entraîner des perturbations considérables pour les entreprises et les citoyens. Les transactions financières seront bloquées, les assurances ne pourront pas fonctionner normalement, et l’approvisionnement en carburant pourrait devenir problématique si la grève se prolonge.
Le gouvernement malien n’a pas encore réagi publiquement à la mise en œuvre de cette grève. L’issue de ce bras de fer dépendra de la volonté des deux parties à reprendre les négociations et à trouver un terrain d’entente. La menace d’une prolongation de la grève à 120 heures la semaine prochaine met une pression supplémentaire sur les autorités pour qu’elles trouvent rapidement une solution afin d’éviter une paralysie économique plus importante. Les prochains jours seront déterminants pour l’avenir de ce conflit social et ses conséquences sur le Mali.
