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Ibrahim Traoré prêt à braver la FIFA pour réformer le football

Gary SOGNON
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"On va le faire", Ibrahim Traoré réaffirme la volonté de l'AES à organiser la CAN 2032
« On va le faire », Ibrahim Traoré réaffirme la volonté de l’AES à organiser la CAN 2032

Ibrahim Traoré ne veut plus laisser le football burkinabè entre les seules mains de la FIFA. Le lundi 5 octobre à Ouagadougou, devant les Étalons U15 filles, le chef de l’État a annoncé que les autorités allaient intervenir directement : « Nous n’avons pas le choix, nous sommes obligés de rentrer dedans, qu’on soit suspendus ou pas. » Le Capitaine Ibrahim Traoré assume donc le risque d’une sanction de la FIFA, qui interdit toute ingérence des pouvoirs publics.

Que s’est-il passé avant Argentine-Burkina Faso ?

La sortie présidentielle tombe deux jours après la défaite 7-0 du Burkina Faso face à l’Argentine, le samedi 3 octobre au soir, heure de Buenos Aires, au stade Monumental. Ce n’est pas l’équipe A qui a joué. Dans un communiqué daté du 2 octobre, la Fédération burkinabè de football (FBF) expliquait que l’affréteur avait annulé « sans préavis » le vol prévu le 30 septembre depuis le Maroc, où la délégation était réunie. Le nouveau délai de voyage avait, selon la FBF, « suscité des réserves au sein des joueurs ». Les cadres ne sont pas partis.

La fédération a alors appelé les U23 en urgence. Certains joueurs n’avaient presque pas dormi depuis près de 24 heures et l’équipe a atterri quelques heures avant le coup d’envoi. Sur le terrain, l’Argentine menait 3-0 après douze minutes. Lautaro Martínez, Nico Paz, Julián Álvarez et Franco Mastantuono figurent parmi les buteurs, et Giuliano Simeone a inscrit le septième but de la tête sur la dernière action.

Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, veut réformer le football burkinabè
Le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso.

Les Étalons avaient déjà connu un déplacement chaotique en juin. Lors de la tournée en Russie et en Biélorussie, la FBF avait dû démentir l’abandon de membres de la délégation, en invoquant des autorisations de retour en Russie insuffisantes et des vols Turkish Airlines annulés vers Ouagadougou.

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Qu’a promis Ibrahim Traoré au football burkinabè ?

L’audience était prévue pour féliciter les U15 filles, battues en finale par le Ghana lors de la Coupe d’Afrique scolaire disputée en avril au Zimbabwe. La ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, et le président de la FBF, Oumarou Sawadogo, y assistaient, rapporte Wakat Séra.

« Notre football est malade et nous allons trouver les remèdes », a lancé Ibrahim Traoré. Il a salué les U23 envoyés à Buenos Aires (« J’étais émerveillé. Je pense qu’on a du potentiel dans la jeunesse ») avant de fixer sa condition : « pour réinvestir, il faut soigner le mal aussi ». Le président dit avoir assuré par le passé au patron de la fédération que l’État ne voulait pas se mêler de ses affaires. Il considère que la situation a changé.

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Le calendrier annoncé est court. « Je pense que cette semaine, on aura des décisions importantes à prendre pour que tout puisse aller de l’avant », a-t-il dit, en citant l’organisation, les infrastructures et l’accompagnement des jeunes joueurs. Au moment où nous publions, aucune mesure n’a été rendue publique.

Une fédération déjà présidée par un officier

Le bras de fer annoncé a une particularité. Le colonel-major Oumarou Sawadogo a été élu à la tête de la FBF en 2024, après le retrait de Lazare Banssé, qui ne s’était pas représenté. Le pouvoir militaire de Ouagadougou s’en prend donc à une instance dirigée par un des siens, assis à côté de lui lors de l’audience du 5 octobre.

Sportivement, le Burkina Faso pointe au 62e rang du classement FIFA publié le 7 octobre, sans évolution par rapport au mois précédent.

Quelles sanctions la FIFA peut-elle prendre ?

Les statuts de la FIFA obligent chaque fédération membre à gérer ses affaires de façon indépendante, sans ingérence de l’État. La réponse habituelle est la suspension. Sélections et clubs perdent alors l’accès aux compétitions internationales, ce qui toucherait les Étalons en pleine campagne qualificative pour la CAN 2027 et les clubs burkinabè engagés en Coupes d’Afrique.

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L’Afrique a déjà connu ce scénario. Le Tchad a été suspendu en 2021 après la dissolution de sa fédération par le gouvernement, le Kenya et le Zimbabwe l’ont été en 2022 pour des motifs comparables. Une sanction de ce type compliquerait aussi le projet, défendu fin septembre par Ibrahim Traoré, d’organiser une CAN dans les pays de l’AES. Toute l’actualité du pays est à suivre dans notre rubrique Burkina Faso.

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Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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