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Affaire Komé Bakary : Jean-Bonin Kouadio lance son enquête

K. Richard Kouassi
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Komé Bakary et Jean-Bonin Kouadio
Studio Afrique Sur 7 – Photo Komé Backary et Jean Bonin Kouadio

Dix-huit mois après l’ouverture d’une information judiciaire à Bingerville, l’affaire Komé Bakary n’a débouché sur aucune décision de fond rendue publique. Jean-Bonin Kouadio veut s’en charger lui-même. L’ancien vice-président du Front populaire ivoirien (FPI), qui se présente comme juriste, a annoncé sur les réseaux sociaux une enquête « approfondie, rigoureuse et solidement documentée » sur ce dossier foncier qui agite la Côte d’Ivoire depuis le début de l’année 2025.

Il ne dit pas encore ce qu’il a trouvé. « Les premières révélations viendront en leur temps », écrit-il, en assurant que son objectif « n’est ni de condamner, ni de défendre qui que ce soit ».

Affaire Komé Bakary : ce que la justice a déjà acté

Le dossier n’est pas vide. Le 29 avril 2025, le parquet du tribunal de première instance de Bingerville a fait savoir qu’une information judiciaire avait été ouverte le 4 avril pour faux en écriture publique, après deux plaintes déposées les 19 et 20 mars 2025 par Mambo Gérard et Mambo Yapi. Une troisième plainte, celle du député Assalé Tiémoko, a été classée sans suite, les faits étant déjà couverts par l’instruction.

Komé Bakary n’est pas en détention. Le juge d’instruction l’a placé sous contrôle judiciaire : il doit se présenter régulièrement, il a remis son passeport et il ne peut pas quitter le territoire sans autorisation. La procureure Josiane Essienne l’avait expliqué au moment où beaucoup s’indignaient de le voir circuler librement.

Le 31 juillet 2025, la justice ivoirienne a annulé sa nationalité ivoirienne. En cause, deux lieux de naissance déclarés : Bingerville d’un côté, le Mali de l’autre. Aucune condamnation pénale n’a été annoncée depuis.

Bessikoi, un conflit plus ancien que l’homme d’affaires

Tout part de Bessikoi, dans la commune de Cocody. Ce lotissement approuvé en 2005 est revendiqué par deux villages, Abobo-Baoulé et Djorogobité 2, qui se disputent le droit de signer les attestations villageoises, première étape de l’attribution d’un lot. La chambre administrative de la Cour suprême a tranché à trois reprises, en 2015, 2016 et 2017, en faveur du chef de Djorogobité 2. Des attestations contradictoires ont pourtant continué de circuler sur les mêmes parcelles.

En août 2025, sur RTI 1, le ministre de la Construction Bruno Nabagné Koné a évoqué « plusieurs milliers de cas » de litiges de ce type dans le pays, dont une dizaine de dossiers liés à Komé Bakary. Assalé Tiémoko avance, lui, le chiffre de 272 dossiers fonciers. La justice ne l’a pas confirmé.

Fin août 2026, un collectif de Djorogobité 2 a encore réclamé le départ du chef Minkan Assi Joseph, nommé par arrêté préfectoral en janvier 2016, qu’il accuse d’avoir signé des attestations en double. Ces accusations n’ont pas été tranchées, mais elles montrent que les litiges fonciers de Bessikoi ne se résument pas à un seul homme.

Ce que Jean-Bonin Kouadio devra prouver

Jean-Bonin Kouadio promet de « distinguer les faits établis des simples affirmations ». Le dossier en compte beaucoup. Les vidéos de victimes présumées, dont celle de Traoré Assetou, les photos de Komé Bakary aux côtés de cadres du RHDP et les soupçons de protection politique ont nourri la colère en ligne, sans que la justice se soit prononcée sur ces éléments.

Son travail n’aura aucune valeur judiciaire. Tout dépendra des pièces qu’il pourra montrer : actes de procédure, titres fonciers, documents d’état civil. L’ancien proche de Pascal Affi N’Guessan, qui a quitté le FPI en 2021, l’écrit d’ailleurs lui-même : « la vérité ne se décrète pas. Elle doit se démontrer. »

En attendant ses premières publications, l’instruction ouverte à Bingerville suit son cours, sans calendrier public.

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