Mauritanie : Kinross Tasiast, 1,7 milliard $ pour l’État
Le ministre mauritanien des Mines et de l’Industrie, Dy Ould Zein, a passé les 22 et 23 octobre sur le site de Kinross Tasiast, la plus grande mine d’or du pays. Une visite de terrain qui tombe à un moment sensible : la production du site a reculé d’environ 19 % en 2025, alors que l’État tire de cette seule mine plus d’un tiers de ses recettes minières.
Kinross Tasiast, premier contributeur aux recettes minières
En 2024, Tasiast a fourni 37,1 % des revenus miniers de l’État mauritanien, selon les chiffres de l’entreprise. L’an dernier, elle a versé 266,1 millions de dollars en redevances, impôts et taxes. Depuis le rachat de la mine par le groupe canadien Kinross en 2010, le total dépasse 1,7 milliard de dollars.
À ces paiements s’ajoutent plus de 3,3 milliards de dollars d’achats auprès d’entreprises installées en Mauritanie. Le site revendique plus de 4 000 emplois directs et indirects, et 97,9 % de ses salariés étaient mauritaniens en 2025.
Une production d’or en repli jusqu’en 2028
Le ministre a visité une mine qui traverse une phase moins riche. Tasiast a produit 503 429 onces d’or en 2025, contre 622 394 un an plus tôt. Kinross explique ce recul par des teneurs plus faibles, prévues dans son plan d’exploitation. L’objectif 2026 tourne autour de 505 000 onces, et le groupe n’attend pas de retour au-dessus de 600 000 onces avant 2028.
Pour l’État, moins d’onces extraites signifie une base plus étroite pour les redevances. La flambée du cours de l’or peut compenser une partie de l’écart. L’exploitation est prévue jusqu’en 2033, ce qui laisse quelques années à Nouakchott pour préparer l’après-Tasiast.
Les élus de l’Inchiri et de Benichab dans la délégation
Dy Ould Zein était accompagné du wali de l’Inchiri, du président du conseil régional, du hakem et du maire de Benichab. La délégation a été reçue par Daniel Fombonne, vice-président principal chargé des relations gouvernementales de Kinross Gold, Jaylem Manhas, directeur général de Tasiast, et Baba Salihi, vice-président chargé des relations extérieures en Mauritanie.
Après une séance consacrée aux consignes de sécurité, le ministre a parcouru les principales installations, ainsi que les infrastructures de santé et de bien-être des employés, avant de rencontrer la direction du site. Il s’est dit satisfait, selon l’entreprise, et a salué le professionnalisme des employés mauritaniens et le partenariat noué avec les autorités.
La présence du maire de Benichab n’a rien d’anecdotique. Sa commune a bénéficié d’un marché et d’un abattoir financés par le fonds communautaire de Tasiast, créé en 2024 et alimenté à hauteur de 6 dollars par once produite. Entre 2011 et 2025, la mine dit avoir consacré plus de 28 millions de dollars à des projets locaux.
« Nous demeurons résolument engagés à soutenir l’emploi, les entreprises locales et le développement des communautés voisines », a assuré Baba Salihi. Il a présenté la visite comme une occasion de « poursuivre le dialogue avec les autorités sur la contribution de Tasiast au développement de la Mauritanie ».
L’or reste un pilier de l’économie africaine bien au-delà de la Mauritanie. En Côte d’Ivoire, la mine de Lafigué a porté la production d’or à un niveau record en 2025.