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PONADEPA II : la Côte d’Ivoire vise 840 000 tonnes de viande

Patrice Dama
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PONADEPA II : vente de bœuf à Yamoussoukro, en Côte d'Ivoire
Photo : BorisAhonon / Wikimedia Commons

Avec la PONADEPA II 2026-2030, la Côte d’Ivoire veut couvrir 75 % de ses besoins en protéines animales et halieutiques, contre 36 % aujourd’hui. Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a détaillé ces objectifs le lundi 26 octobre 2026 à Abidjan : plus de 840 000 tonnes de viande et 1,5 million d’emplois.

Le pays importe encore une grande partie de la viande, du poisson et du lait qu’il consomme. La nouvelle Politique nationale de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture veut inverser la tendance en quatre ans. Le ministre s’exprimait lors des « Grands Rendez-Vous de l’AIP », à l’Ivotel du Plateau.

PONADEPA II : quels sont les objectifs chiffrés pour 2030 ?

Ils sont ambitieux, et le ministre les a présentés comme un saut d’échelle. La couverture des besoins en protéines animales et halieutiques doit plus que doubler, de 36 % à 75 %. Le secteur doit créer 1,5 million d’emplois et doubler sa contribution au PIB agricole.

IndicateurSituation récenteObjectif 2030
Couverture des besoins en protéines animales et halieutiques36 %75 %
Viande et abats231 658 tonnes (2025)Plus de 840 000 tonnes
Poissons d’aquaculture12 895 tonnes (2025)149 000 tonnes
Produits de la pêcheNon communiqué120 000 tonnes
Emplois créésNon communiqué1,5 million

Le chiffre de la viande frappe. Rapportée aux 231 658 tonnes annoncées par le ministère, la cible de plus de 840 000 tonnes suppose de multiplier la production par plus de trois et demi en cinq campagnes. Pour l’aquaculture, l’effort est encore plus raide : la cible représente plus de onze fois la production de 2025.

Ce que la première PONADEPA a déjà produit

Le gouvernement s’appuie sur un bilan qu’il juge encourageant. Entre 2021 et 2025, selon le ministère, la production de viandes et d’abats a progressé de 27,4 %, celle des œufs de consommation de 52,8 %, et la production aquacole a plus que doublé, passant de 6 300 à 12 895 tonnes.

Ces progrès s’inscrivent dans une restructuration déjà engagée sur le terrain, que nous avions décrite dans notre article sur le projet PPF Économie animale qui restructure l’élevage ivoirien. Le rythme passé reste toutefois très inférieur à celui qu’exigent les nouveaux objectifs.

Lire aussi : Accord de pêche : l’UE zappe le Sénégal et renouvelle avec la Côte d’Ivoire

De la sécurité à la souveraineté alimentaire

Le changement de vocabulaire n’est pas anodin. La PONADEPA II affiche le passage de la sécurité alimentaire, qui peut reposer sur les importations, à la souveraineté alimentaire, qui suppose de nourrir la population avec ses propres éleveurs, pêcheurs et aquaculteurs. Le gouvernement veut ainsi réduire la dépendance extérieure.

La politique est intégrée au Plan national de développement 2026-2030 et articulée avec le Programme d’accélération de la souveraineté alimentaire, piloté par le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Pour les ménages, l’enjeu se lit directement dans le prix du poisson et de la viande, un poste sensible du budget des ménages, comme le montrait notre dossier sur le coût de la vie en Côte d’Ivoire. D’autres dossiers sont à retrouver dans nos articles sur l’économie africaine.

Prochaine étape : le financement

Reste la question du financement, que le ministre n’a pas chiffrée lors de cette intervention. Les arbitrages du budget 2027 de l’État indiqueront quels moyens sont consacrés dès l’an prochain à cette ambition.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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