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Naufrage au large de Djibouti : 305 à bord, 82 survivants

Patrice Dama
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Naufrage au large de Djibouti : une embarcation échouée sur une plage d'Obock, point de départ des migrants vers le Yémen
Photo : OIM (archive)

Le naufrage au large de Djibouti a fait au moins 139 morts et 84 disparus. L’embarcation, partie vers le Yémen avec 305 personnes à bord, en majorité des migrants éthiopiens, a chaviré aux premières heures du vendredi 9 octobre près de Guehere, au nord d’Obock, selon l’Organisation internationale pour les migrations.

Le premier bilan faisait état de 109 morts. La découverte de trente corps supplémentaires l’a porté à 139, a annoncé l’OIM dimanche 11 octobre. Environ 82 personnes ont survécu. Les autorités djiboutiennes poursuivent les recherches en mer, à quelques dizaines de mètres seulement des côtes où le bateau, surchargé, s’est retourné.

Parmi les victimes figurent des enfants, a précisé Jose Barahona, coordonnateur résident des Nations unies à Djibouti, qui s’est dit « profondément attristé ». Les rescapés sont pris en charge au Centre de réponse aux migrants de l’OIM à Obock : soins, soutien psychologique, nourriture et hébergement.

Pourquoi ces migrants quittaient-ils Djibouti pour le Yémen ?

Djibouti n’était qu’une étape. Les passagers voulaient traverser le golfe d’Aden pour atteindre le Yémen, puis rejoindre les pays du Golfe. Cet itinéraire, appelé route de l’Est, relie la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique. Pour l’OIM, ce naufrage figure parmi les plus meurtriers jamais recensés sur ce trajet.

Environ 150 des personnes à bord avaient déjà été refoulées du Yémen avant de retenter la traversée, rapporte l’agence onusienne. La reprise des combats à grande échelle au Yémen ne freine pas les départs. Depuis le 10 septembre, l’OIM a compté plus de 20 000 passages d’Éthiopie vers Djibouti. Entre janvier et le 1er octobre 2026, elle avait recensé quelque 178 000 arrivées éthiopiennes dans le pays.

Lire aussi : OIM révèle des cas de décès et de disparitions

Un record de morts sur la route de l’Est

En 2025, plus de 900 migrants sont morts ou ont disparu sur ce corridor, un niveau record selon l’OIM. Le 6 octobre, trois jours avant le drame, Alexandre Coissac, chef de mission de l’agence à Djibouti, décrivait devant la presse à Genève un pays confronté à « plusieurs urgences simultanées ». Plus de 3 000 migrants avaient été repérés bloqués le long des routes djiboutiennes entre le 20 et le 30 septembre, souvent privés de services de base.

« Personne ne monte dans une telle embarcation sans être convaincu qu’il n’existe aucune autre façon de voyager en sécurité », a réagi Amy Pope, directrice générale de l’OIM, qui appelle les gouvernements et les bailleurs à ouvrir des voies de migration sûres et légales.

Le président de la Commission de l’Union africaine, le Djiboutien Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa « profonde tristesse » face à cette « perte tragique de vies ». Il réclame une lutte plus ferme contre les passeurs et la traite des êtres humains. D’autres drames de la migration africaine sont à suivre dans notre rubrique.

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Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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