Russie-Afrique : ce que Poutine promet au continent
Le troisième sommet Russie-Afrique s’est achevé le 29 octobre 2026 au Kremlin sur une déclaration de Moscou en 101 points et un plan d’action 2027-2029. Vladimir Poutine promet de doubler les échanges, mais l’Union africaine, présidée par le Burundais Évariste Ndayishimiye, réclame des investissements et des emplois.
La séance plénière, tenue au Grand palais du Kremlin, était coprésidée par le président russe et par Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l’Union africaine depuis février 2026. Trois textes en sont sortis : la déclaration finale, le plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour 2027-2029 et une déclaration sur les usages civils de l’intelligence artificielle.
Que contient la déclaration de Moscou en 101 points ?
Le document compte cinq chapitres : 24 points sur la coopération politique et juridique, 15 sur la sécurité, 33 sur le commerce et l’économie, 19 sur la science, l’éducation, la santé, la culture et les médias, et 10 sur l’environnement.
Plusieurs engagements visent directement les capitales africaines. Le point 5 appelle à réformer le Conseil de sécurité de l’ONU pour y renforcer la place du continent, dans la ligne du consensus d’Ezulwini. Le point 16 demande des mécanismes juridiques pour évaluer et compenser les dommages subis pendant la colonisation. Les points 18 à 20 rejettent les sanctions unilatérales et la saisie d’avoirs souverains, un combat de Moscou depuis le gel de ses réserves en 2022.
Le volet économique prévoit de développer la coopération énergétique et la transformation locale des minerais (points 59 à 68), ainsi que les échanges agricoles et d’engrais. Le point 29 propose un mécanisme permanent de dialogue russo-africain contre le terrorisme, et le chapitre culturel évoque la restitution du patrimoine pillé pendant la colonisation.
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Le commerce entre la Russie et l’Afrique peut-il doubler ?
Vladimir Poutine s’est dit convaincu que les échanges pouvaient « au minimum » doubler et franchir les 50 milliards de dollars, contre 27,8 milliards en 2025. Il a cité plus de 30 projets énergétiques dans 16 pays africains et affirmé que 85 % des règlements se font en monnaies nationales. L’objectif de 40 milliards fixé au premier sommet, à Sotchi en 2019, n’a jamais été atteint.
En marge du sommet, Sergueï Lavrov et Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, ont signé le 28 octobre leur propre plan d’action 2027-2029. Il couvre 19 domaines, de la cybersécurité à l’agriculture, et précise qu’il ne crée ni droits ni obligations en droit international.
Côté africain, le ton a changé. « Nous allons vers une autre étape, où les investisseurs russes viendront pour investir et travailler ensemble. La jeunesse africaine attend des retombées tangibles en matière d’emploi, de bourses d’études, d’accès à l’énergie et d’innovations numériques », a déclaré Évariste Ndayishimiye devant la presse.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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