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Élection de Tidjane Thiam : audience à haut risque au PDCI

Gary SOGNON
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Tidjane Thiam - Président du PDCI RDA, toujours en exil en France
Studio Afrique Sur 7 – Photo : Tidjane Thiam, Président du PDCI RDA

Trois mois après un report qui avait laissé le parti en suspens, le dossier revient devant le juge. Ce jeudi 22 octobre, le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau tient l’audience attendue sur l’élection de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA. Deux militants, Charles Tchétché Abié et Antoine Constant Siaba, lui demandent de constater que la présidence du plus vieux parti de Côte d’Ivoire est vacante.

Deux plaintes jugées ensemble

Le 30 juillet, une décision était attendue. Le tribunal a finalement rabattu son délibéré et rouvert les débats pour joindre les deux procédures, fondées sur les mêmes arguments. Me Adjé Luc, avocat du parti, y avait vu « la bonne administration de la justice », puisque la jonction évite deux jugements contradictoires. À l’époque, la direction avait appelé ses militants au calme.

Les requérants contestent la régularité du congrès qui a reconduit Tidjane Thiam. Ils invoquent son ancienne nationalité française, ses longues absences du pays et une direction exercée, selon eux, « par procuration ».

Lire aussi : Tidjane Thiam à la tête du PDCI : que fait le chef de l’opposition ivoirienne depuis sa désignation ?

Le PDCI-RDA conteste le droit d’agir des plaignants

Blessy Jean-Chrysostome, président du groupe parlementaire du parti, affirme que les deux militants ne sont pas à jour de leurs cotisations et qu’Henri Konan Bédié les avait suspendus. S’il est retenu, cet argument suffirait à rendre leur action irrecevable. Me Adjé Luc défend aussi un principe : « Le juge n’est pas là pour gérer la vie privée des partis politiques. »

Élection de Tidjane Thiam : le précédent de mai 2025

L’élection de Tidjane Thiam a déjà été examinée par cette juridiction. Le 22 mai 2025, saisi par Valérie Yapo, le tribunal avait reconnu une irrégularité dans son élection de décembre 2023 à Yamoussoukro : il possédait alors encore la nationalité française, ce que les statuts excluent. Le juge ne l’avait pas destitué. Après avoir renoncé à cette nationalité, l’ancien patron du Credit Suisse avait démissionné, puis retrouvé la présidence du PDCI-RDA le 14 mai 2025 avec 99,77 % des voix lors d’un congrès extraordinaire.

C’est précisément ce congrès de rattrapage que visent les plaignants. Une victoire de leur côté remettrait en cause la solution trouvée par le parti en 2025 pour régulariser la situation de son président.

Lire aussi : Côte d’Ivoire : 80 ans après, le PDCI-RDA entre gloire passée et incertitudes

Ce que l’audience peut changer

Pour l’analyste politique Arthur Banga, un rejet des plaintes offrirait une victoire juridique nette au camp Thiam. À l’inverse, si les plaignants obtiennent gain de cause, scénario qu’il juge le plus probable, l’intérim reviendrait au vice-président le plus âgé, chargé d’organiser un nouveau congrès. Une mise sous tutelle du parti reste à ses yeux l’issue la moins probable, mais la plus lourde.

Le front judiciaire ne se refermera pas pour autant. Le 1er septembre, Antoine Siaba a assigné Tidjane Thiam et Georges Philippe Ezaley afin d’obtenir les pièces déposées lors des candidatures aux congrès qui l’ont porté à la présidence.

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Gary SOGNON

Gary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.

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