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Algérie : des soldats au Niger, du jamais-vu depuis 1973

Patrice Dama
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Soldats au Niger : le président de l'Algérie Abdelmadjid Tebboune
Photo : Bor Slana / Gouvernement de Slovénie / Wikimedia Commons (domaine public)

L’Algérie va envoyer des soldats au Niger. Le Parlement algérien a approuvé à l’unanimité, le dimanche 25 octobre 2026, le déploiement d’unités de l’Armée nationale populaire pour protéger des installations énergétiques. C’est le premier envoi officiel de troupes algériennes à l’étranger depuis la guerre israélo-arabe de 1973.

Les deux chambres ont dit oui. Le Sénat a d’abord voté le texte à l’unanimité des 148 suffrages exprimés, puis l’Assemblée populaire nationale (APN) a fait de même, selon son communiqué, pour « protéger les intérêts énergétiques » dans le cadre d’un accord bilatéral avec Niamey.

Algérie : pourquoi des soldats au Niger ?

Le motif officiel est économique. L’Algérie a signé avec le Niger des accords dans le pétrole, les mines et l’énergie, et porte avec Abuja et Niamey le projet de gazoduc transsaharien, censé relier les gisements du Nigeria à l’Europe en traversant le Sahara. Le groupe public Sonatrach étend aussi sa présence pétrolière au Niger.

Le président Abdelmadjid Tebboune avait annoncé la couleur début octobre, à la télévision d’État. « Nous protégerons le Niger quoi qu’il arrive », avait-il déclaré, accusant des pays qu’il n’a pas nommés d’avoir « conspiré » contre Niamey.

La doctrine de l’armée algérienne bousculée

Pendant un demi-siècle, Alger a fait de la non-intervention hors de ses frontières un principe. La révision constitutionnelle de 2020 a ouvert la porte : un déploiement à l’étranger est désormais possible avec l’accord des deux tiers des membres de chaque chambre. Le vote du 25 octobre en est la première application d’ampleur.

Le terrain avait été préparé. Ces derniers mois, l’Algérie a livré quatre hélicoptères militaires au Niger et y a déployé des avions de combat après une tentative de mutinerie en août, comme nous le rapportions dans notre article sur les avions de chasse algériens arrivés à Niamey. Quelques jours avant le vote, le ministre nigérien de la Défense, Salifou Modi, a été reçu à Alger par Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major Saïd Chengriha. Un protocole de coopération militaire a été signé, sans que son contenu soit publié.

Lire aussi : Frappe de drone au Niger : Niamey accuse le Tchad et Paris

Une frontière de près de 1 000 km à sécuriser

Les deux pays partagent près de 1 000 kilomètres de frontière, dans une zone traversée par les groupes jihadistes et les trafics. Ils disent vouloir y intensifier la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.

Le rapprochement est spectaculaire. Au printemps 2025, Niamey avait rappelé son ambassadeur à Alger, par solidarité avec le Mali après la destruction d’un drone malien par l’armée algérienne. Depuis, la visite du général Abdourahamane Tiani à Alger, en février 2026, a relancé la coopération.

Lire aussi : Niger : visite officielle de Tiani en Algérie, ce qu’on retient

Ni l’effectif ni la date d’arrivée des soldats algériens n’ont été rendus publics. Leur déploiement, et la réaction des autres capitales du Sahel, sont à suivre dans l’actualité du Niger.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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