Pénurie de carburant au Congo : un pays pétrolier sans essence
La pénurie de carburant au Congo paralyse Brazzaville depuis plusieurs jours, fin octobre 2026. Taxis et bus à l’arrêt, bidons revendus au marché noir et réseaux mobiles perturbés : le gouvernement accuse la crise au Moyen-Orient, tandis que des barges arrivent de Kinshasa pour soulager la capitale.
Le paradoxe est cruel. Le Congo est un pays producteur de pétrole, doté d’une raffinerie à Pointe-Noire. Sa capitale doit pourtant compter sur le carburant de sa voisine, la République démocratique du Congo, pour remplir ses cuves.
Pénurie de carburant au Congo : que dit le gouvernement ?
Dans un communiqué officiel, le gouvernement attribue la situation à une baisse des stocks, au niveau national comme international, conséquence directe de la crise qui secoue le Moyen-Orient. Il n’a pas donné de date de retour à la normale.
De source proche de la Société commune de logistique (SCLOG), chargée du stockage et du transport des hydrocarbures, les autorités ont dû se tourner vers Kinshasa pour acheminer quelques barges de carburant par le fleuve et réduire la pression sur les stocks de Brazzaville.
Des bidons à plus de 25 000 FCFA au marché noir
Dans la rue, la crise se voit. Bidons alignés devant les stations, motocyclistes à l’affût, automobilistes exaspérés : aux heures de pointe, bus et taxis deviennent introuvables. Des policiers ont été déployés devant les rares stations encore approvisionnées pour contenir l’affluence.
Les revendeurs informels, surnommés « Kadhafis », profitent de la rareté. Le bidon de 25 litres se vend à plus de 25 000 FCFA, contre environ 20 000 FCFA à la pompe, soit un surcoût d’au moins 25 %.
| Bidon de 25 litres | Prix |
|---|---|
| En station-service | Environ 20 000 FCFA |
| Au marché noir | Plus de 25 000 FCFA |
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Appels, internet et Mobile Money perturbés
La pénurie de gasoil a gagné les télécommunications. Dans un communiqué du 27 octobre 2026, l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (ARPCE) signale des perturbations des réseaux sur tout ou partie du territoire.
Le régulateur explique le mécanisme : la fourniture d’électricité se limite à neuf heures par jour en moyenne sur les sites des opérateurs, et les batteries de secours tiennent environ six heures. Pour le reste de la journée, les groupes électrogènes doivent prendre le relais, mais ils manquent de gasoil. Appels, accès à internet et paiements par Mobile Money en pâtissent.
Un mal partagé en Afrique centrale
Le Congo n’est pas seul. Le Gabon voisin a lui aussi connu des tensions début octobre, comme nous le relations dans notre article sur la pénurie de carburant à Libreville, et la Centrafrique fait face à une hausse des prix à la pompe. La dépendance aux importations de produits raffinés rend la région vulnérable à chaque choc international.
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La prochaine étape dépendra de l’arrivée de nouvelles cargaisons. Les annonces du gouvernement sont à suivre dans l’actualité du Congo-Brazzaville.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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