Côte d'Ivoire : Grève à l'école, des élèves mineurs déférés au parquet

Des élèves grévistes écroués à la préfecture de police

La grève dans le système éducatif ivoirien a pris des proportions qui frisent le ridicule. Des élèves grévistes, tous des adolescents, ont été arrêtés et détenus à la préfecture de police avant d'être déférés devant le parquet d'Abidjan Plateau.

Des élèves mineurs arrêtés pour cause de grève

Mardi 12 mars 2019, les élèves du Lycée classique d'Abidjan organisaient une marche sur le siège de la télévision nationale à Cocody pour interpeller les autorités ivoiriennes sur la non-reprise des cours dans plusieurs établissements publics à travers la Côte d’Ivoire. Mais les forces de sécurité déployées sur les lieux pour contrer cette marche n'y sont pas allées de main-morte. Gaz lacrymogène, courses-poursuites, bastonnades..., tout y passait pour disperser cette manifestation des élèves. L'o dénombre d'ailleurs plusieurs blessés et des interpellations.

Stephen Jemoh dit « Général Gbagbo », Secrétaire général de la section FESCI du Lycée classique, en classe de Terminale D, a été mis aux arrêts puis libéré nuitamment. Cependant, certains de ses syndiqués qui manifestaient également n'ont pas eu la même chance.

Des élèves grévistes, dont l'âge est compris entre 12 et 15 ans, ont été arrêtés et placés en garde à vue à la préfecture d'Abidjan pendant 24 heures, avant d'être déférés devant le parquet. Ils étaient accusés de troubles à l'ordre public et détention d'arme blanche, un canif étant trouvé sur l'un de ces élèves.

L'image de ces élèves détenus derrière les barreaux a choqué plus d'un sur la toile. Un avocat qui les a aperçus, gisant à même le sol à la préfecture de police, n'a pas manqué d'exprimer son indignation. « Je suis allé à la préfecture de police dans le cadre d’une autre affaire et suis tombé sur ces enfants qui avaient entre 12 et 15 ans. Ils étaient là depuis 24 heures, cela m’a fait un choc », a-t-il martelé.

Cependant, là où le bât blesse, c'est que contrairement à ces élèves, les microbes rebaptisés "enfants en conflits avec la loi", ces jeunes délinquants qui agressent les citoyens pour les dépouiller de leurs biens, semblent bénéficier d'une certaine protection.