Monnaie ECO : Muhammadu Buhari clashe les dirigeants de l'UEMOA

Muhammadu Buhari à l'UEMOA : « Nous devons respecter le processus convenu »

Muhammadu Buhari, président du Nigeria
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 24 juin 2020 à 13:03 | mis à jour le 24 juin 2020 à 14:33

Muhammadu Buhari n'est pas du tout content de la tournure des choses quant à la mise en place d'ECO, la nouvelle monnaie de la CEDEAO. Dans une série de tweets publiée sur son compte ce mardi, le président nigérian a fustigé l'attitude de ses pairs de la zone UEMOA.

Muhammadu Buhari à l'UEMOA : « Nous devons respecter le processus convenu »

Les quinze (15) États membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) se sont convenus de mettre en place une monnaie unique dans l'espace communautaire afin de faciliter les échanges commerciaux entre eux. Cette monnaie dénommée ECO, prévue pour voir le jour dès 2020, n'a pour l'instant pas encore pointé du nez.

À la 21ème Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le 12 juillet 2019 à Abidjan, le président ivoirien, Alassane Ouattara, avait annoncé : « En 2020, l’ECO, la nouvelle monnaie adoptée par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), remplacera le Franc CFA, mais il n’y aura pas de changement immédiat de parité avec l’Euro. »

Lors du Conseil des ministres, tenu le mercredi 20 mai 2020, le Président français, Emmanuel Macron a « (validé) la transformation du franc CFA qui deviendra l’ECO en maintenant la parité fixe avec l'Euro, ainsi que la fin de la centralisation des réserves de change des États d'Afrique de l'Ouest auprès du Trésor français ».

Muhammadu Buhari, président du Nigeria, a toutefois tenu à exprimer ses récriminations vis-à-vis des dirigeants de l'espace UEMOA. « Cela me donne un sentiment de malaise que la Zone UEMOA souhaite reprendre l'Eco en remplacement de son Franc CFA avant les autres États membres de la CEDEAO. Il est inquiétant qu’un peuple avec lequel nous souhaitons adhérer à un syndicat prenne des mesures importantes sans nous faire confiance pour la discussion », a dénoncé le chef de l'État de la première économie africaine.


Puis, il ajoute : « Nous devons procéder avec prudence et respecter le processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant les uns les autres avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une Union monétaire stratégique en tant que bloc de la CEDEAO pourraient très bien être sérieusement menacées. »

Poursuivant, le Président Buhari explique la raison de sa colère : « Nous avons tous tellement misé sur ce projet pour laisser les choses à la simple convenance et à la commodité. »




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