Me Habiba Touré dit tout sur le retour de Laurent Gbagbo à Abidjan

 Laurent Gbagbo, ce qui motive réellement son  retour en Côte d'Ivoire
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 30 juillet 2020 à 16:52 | mis à jour le 30 juillet 2020 à 18:55

Acquitté il y a un peu plus d’un an des lourdes charges de crimes contre l’humanité et crimes de guerre par la CPI, Laurent Gbagbo est déterminé à regagner la Côte d’Ivoire.

Me Habiba Touré, avocate de Gbagbo: «Nous n’avons jamais été informés d’une quelconque condamnation à Abidjan»

Depuis l’assouplissement par la Chambre d’appel de la Cour pénale internationale, des mesures assorties à sa libération, l’ancien chef de l’État ivoirien multiplie les actions en vue de son retour en Côte d’Ivoire; pays qu’il a quitté il y a un peu plus de neuf ans en raison de ses démêlés avec la justice internationale.

Selon son avocate, Me Habiba Touré, Laurent Gbagbo a déposé, mardi 28 juillet, une demande pour l'établissement d'un passeport ou d'un laissez-passer auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Bruxelles. Le leader du FPI dit compter sur la bonne volonté des nouvelles autorités ivoiriennes pour que lui soient remis dans un délai raisonnable, ces documents administratifs qui lui permettront de retourner dans son pays, la Côte d’Ivoire.

A trois mois de l’élection présidentielle du 31 octobre, son retour à Abidjan constitue un enjeu politique majeur pour son parti ainsi que pour le pays tout entier. «L’actualité politique ne doit pas nous dispenser d’un minimum de décence », affirme Me Habiba Touré dans un entretien accordé à TV5 monde. « On parle d’un homme qui a été privé de sa liberté pendant un peu plus de 9 ans, quelqu’un qui n’a pas pu enterrer sa mère, ses plus proches collaborateurs pour ne pas dire ses amis et frères; sa principale préoccupation aujourd’hui, c’est de pouvoir rentrer chez lui. La politique ne doit pas dispenser d’un minimum d’humanité et d’humanisme », dit-elle.


L’avocate de Gbagbo a par ailleurs évoqué la condamnation de son client par contumace à 20 ans de prison pour sa supposée responsabilité dans l’affaire de la casse de l’agence abidjanaise de la BCEAO. « Nous n’avons jamais été judiciairement informés d’une quelconque convocation, encore moins d’une quelconque condamnation », a-t-elle justifié. « Ce sont des éléments de communication médiatique que nous avons entendus, mais qui de toute manière, ne vont pas emmener le président Laurent Gbagbo à s’empêcher de vouloir rentrer chez lui », a-t-elle prévenu.




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