Guinée: La France et l’UE menacent Alpha Condé de sanctions, la raison

Sanctions contre Alpha Condé: «faire toute la lumière» sur les opposants en prison
Par Eugène SAHI
Publié le 27 janvier 2021 à 23:32 | mis à jour le 28 janvier 2021 à 08:30

En Guinée, le président de la République Alpha Condé et plusieurs autres acteurs politiques sont menacés de sanctions par l’Union européenne (UE) et la France. L’UE et Emmanuel Macron demandent au chef de l’État guinéen de faire « toute la lumière » sur le cas des opposants dans les prisons Guinéennes.

Sanctions contre Alpha Condé : « toute la lumière » exigée par l’UE et la France

Le président guinéen Alpha Condé en train de voter

Une menace de sanctions plane sur la Guinée et sur « certaines personnalités politiques et des opérateurs économiques du pays, pour leur soutien supposé ou avéré au projet de réforme constitutionnelle initiée par le président Alpha Condé. » De sources diplomatiques, ces personnalités proches du Président de la Guinée ne seront plus admises dans l’espace Schengen, tandis que leurs avoirs économiques pourraient y être gelés.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a demandé, mercredi, au président guinéen, Alpha Condé, de «faire toute la lumière» sur les opposants jetés en prison de façon anti-démocratique. Dans le cas contraire, des mesures seront prises par l’Union européenne à l’encontre de Conakry.

«Avec l’Union européenne, nous avons demandé aux autorités de Guinée de faire toute la lumière sur les événements qui se déroulent en ce moment, avec éventuellement des mesures à prendre si cette lumière n’est pas faite», a-t-il confié devant les parlementaires français.

Sanctions en Guinée : Plusieurs personnalités visées ?

Le blocage de visas ainsi que l’interdiction faite aux familles de ces personnalités de se rendre en Europe pour étudier et y vivre seraient également à l’étude. Un coup dur, quand on sait le nombre de dirigeants guinéens possédant des résidences en France ou ayant coutume de s’y rendre en famille pour faire du shopping ou pour des raisons médicales.

Enfin, des sanctions diplomatiques pourraient être prises concernant la représentativité du pays et sa reconnaissance dans les instances internationales, ce qui ne manquerait pas de l’isoler de façon inquiétante.

Parmi les personnalités visées par ces sanctions, Alpha Condé lui-même. Son fils, Alpha Mohammed Condé est ciblé ainsi qu’un certain nombre de membres de son entourage politique et militaire. Malick Sankhon (DG de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale – CNSS), Damaro Camara, le Général Bourema Condé, le Colonel Baffoe, Fabou Camara (Directeur général de la direction de la police judiciaire - DPJ), Mohamed Diané (ministre de la Défense) ou encore le Premier ministre guinéen Kassory Fofana.

Ce qui a tout gâché entre la France et la Guinée

Alpha Condé et Aguila Saleh, président du Parlement libyen de Tobrouk, lors d'une visite à Conakry


En effet, la relation entre le président Guinéen Alpha Condé et la France s’est détériorée à l’avènement du troisième mandat de celui-ci. Ce dirigeant de ce pays d’ Afrique de l’Ouest reproche à Emmanuel Macron son deux poids deux mesures. Le Président français s’est montré favorable au troisième mandat d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire tout en s’opposant à celui de Condé.

Pour les opposants guinéens, cette troisième élection de leur Président est un Coup d’État malgré sa validation par la Commission électorale et la Cour constitutionnelle du pays. Le scrutin s’était déroulé en un tour. Cellou Dalein Diallo, crédité de 33,5 % de votes, s’était proclamé victorieux du scrutin. Cependant, c’est Alpha Condé qui a été déclaré vainqueur avec 59,5 % des suffrages par la Commission électorale nationale indépendante.

Depuis, la communauté internationale menée par la France et sa diplomatie, ne cesse d’interférer dans le débat politique guinéen malgré les nombreux recadrages de Condé. Le dirigeant de ce pays d’Afrique de l’Ouest rappelle à qui veut l’entendre que la république Guinéenne est indépendante et n’a de leçons à recevoir de personne, aussi bien en Afrique qu’en Europe. Jean-Yves Le Drian qui a un tout autre discours sur la situation en Côte d’Ivoire - similaire à plus d’un point à celle de la nation arc-en-ciel, continue de s’ériger en donneur de leçons.

Selon Condé, aucun pays africain, encore moins la République de Guinée, n'a d'ordres à recevoir de Paris. Le Rassemblement du peuple de Guinée, son parti politique, reste aligné sur cette position malgré les manifestations des opposants. Toutes ces tensions placent la Guinée Conakry au cœur de l'actualité politique en Afrique de l’Ouest.






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