AVC en Côte d’Ivoire : 15 000 cas par an, 30 % de moins de 35 ans
Les AVC en Côte d’Ivoire touchent plus de 15 000 personnes chaque année, dont environ 30 % ont moins de 35 ans. Le ministre de la Santé, Pierre Dimba, a livré ces chiffres le jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, lors des 7es Journées nationales de lutte contre les AVC, où l’application VITE a été présentée.
Le chiffre sur les jeunes frappe. Près d’un patient sur trois enregistré par les services de neurologie a moins de 35 ans. L’accident vasculaire cérébral n’est plus une affaire de grands-parents.
AVC en Côte d’Ivoire : quelle est l’ampleur réelle ?
Selon le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, l’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte en Côte d’Ivoire, la deuxième cause de mortalité et la troisième cause de démence. « Chaque minute qui s’écoule sans prise en charge, ce sont des millions de neurones qui meurent », a rappelé Pierre Dimba.
| Indicateur | Donnée officielle |
|---|---|
| Cas d’AVC par an | Plus de 15 000 |
| Part des moins de 35 ans | Environ 30 % |
| Rang parmi les causes de mortalité | 2e |
| Médecins formés à la thrombolyse | Plus de 200 |
Thrombolyse et unités neurovasculaires à Cocody et Bouaké
Le gouvernement mise sur la vitesse. Des unités neurovasculaires fonctionnent désormais aux CHU de Cocody, à Abidjan, et de Bouaké, et leur extension à d’autres hôpitaux est annoncée. Les hôpitaux d’urgence ont été équipés de scanners.
Plus de 200 médecins généralistes ont été formés à la thrombolyse, un traitement qui dissout le caillot responsable de certains AVC ischémiques lorsqu’il est administré à temps. Côté prévention, le dépistage de l’hypertension et du diabète est renforcé. Certains antihypertenseurs essentiels sont gratuits dans les hôpitaux publics, et ces deux maladies figurent depuis 2023 dans le panier de soins de la CMU, a rappelé le président du conseil d’administration de la CNAM, Kramo Kouassi.
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Application VITE : donner l’alerte en cinq secondes
L’outil vient de la société civile. Développée par l’ONG AVC Espoir avec l’aide de bénévoles, l’application VITE aide à reconnaître les principaux signes d’un AVC et oriente vers les établissements capables d’une prise en charge en urgence. « Cet outil accessible et intuitif permet à chacun de reconnaître immédiatement les signes d’alerte et de déclencher les secours en cinq secondes », a expliqué sa présidente-fondatrice, Chantal Zahoui.
Une alerte géolocalisée et un fonctionnement hors connexion sont prévus. L’application doit arriver sur le Play Store après sa présentation officielle. Les signes à surveiller restent classiques : bouche qui se déforme, bras ou jambe qui faiblit d’un côté, difficulté soudaine à parler.
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Le financement, point faible de la filière
Chantal Zahoui a salué l’arrivée de la thrombolyse dans les deux CHU, mais réclame davantage de lits dans les services neurovasculaires et un financement durable pour garantir la disponibilité des traitements. Le système de santé ivoirien multiplie pourtant les spécialités de pointe, comme l’a montré l’ouverture de la cardiologie pédiatrique à Bingerville.
La prochaine étape est la mise en ligne de l’application VITE. D’autres informations sur la santé publique sont à suivre dans l’actualité de la Côte d’Ivoire.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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