Santé mentale : 3 millions de cas potentiels en Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, environ 3 millions de personnes seraient susceptibles de présenter un problème de santé mentale nécessitant des soins adaptés. Le chiffre a été donné le mardi 27 octobre 2026 à Abidjan par le professeur Asseman Médard Koua, directeur coordonnateur du Programme national de santé mentale (PNSM), qui revendique plus de 3 000 prises en charge gratuites.
Le psychiatre s’exprimait lors de la tribune « Tout Savoir Sur » du Centre d’information et de communication gouvernementale. Il a décrit un sujet longtemps resté tabou, devenu selon lui un enjeu de santé publique, de cohésion sociale et de développement. Les jeunes, a-t-il insisté, sont souvent les premiers touchés par les troubles mentaux et par le suicide.
Santé mentale en Côte d’Ivoire : que disent les chiffres du PNSM ?
Ils dessinent une offre en progrès, mais encore loin des besoins. Selon le PNSM, plus de 3 000 personnes ont bénéficié gratuitement d’une assistance psychologique, et plus de 250 décès ou tentatives de suicide ont été évités grâce au dispositif. Plus de 20 000 patients reçoivent des soins de proximité à moindre coût.
| Indicateur | Donnée communiquée par le PNSM |
|---|---|
| Personnes susceptibles d’avoir besoin de soins | Environ 3 millions |
| Assistance psychologique gratuite | Plus de 3 000 bénéficiaires |
| Décès ou tentatives de suicide évités | Plus de 250 |
| Patients suivis en soins de proximité | Plus de 20 000 |
| Structures spécialisées | Environ 100 (+40 % entre 2019 et 2025) |
| Spécialistes, toutes catégories | De 60 à plus de 200 en cinq à dix ans |
Le décalage saute aux yeux. Avec environ 100 structures spécialisées et un peu plus de 200 spécialistes, le pays compte environ un spécialiste pour 15 000 personnes potentiellement concernées. « On est ainsi passé de 60 à plus de 200 spécialistes, toutes catégories confondues », a souligné le professeur Koua, qui attribue ces progrès au programme national créé en 2001.
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CMU, numérique, structures non conventionnelles : les pistes du gouvernement
Le directeur du PNSM a détaillé plusieurs axes. Le premier consiste à intégrer la santé mentale aux soins de santé primaire et à la Couverture maladie universelle, chantier dont nous avions suivi le lancement dans notre article sur la réforme de la CMU en Côte d’Ivoire. Le deuxième vise à former davantage de soignants.
Le troisième axe est plus délicat : accompagner les structures non conventionnelles, c’est-à-dire les lieux de prise en charge situés hors du système de santé classique. Le PNSM mise enfin sur le numérique pour faciliter l’accès aux soins, notamment pour les jeunes.
« Plus on consulte tôt, mieux on se rétablit »
Le message final du professeur Koua visait la stigmatisation, qu’il juge indispensable de combattre. « Plus on consulte tôt, mieux on se rétablit. Personne ne doit rester seul face à sa détresse », a-t-il déclaré, en rappelant que les troubles mentaux se soignent et que la santé mentale fait partie de la santé tout court.
Le programme vise en priorité les femmes, les enfants, les adolescents et les jeunes, avec des services respectueux des droits sur tout le territoire. Les prochains arbitrages budgétaires de l’exercice 2027 diront si les moyens suivent l’ambition. Retrouvez nos autres articles sur l’actualité ivoirienne.
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