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La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a exprimé sa vive inquiétude face aux tensions croissantes entre le Mali et l’Algérie. Cette réaction fait suite à la destruction d’un drone appartenant aux Forces armées maliennes (FAB) près de la frontière algérienne. L’organisation régionale exhorte les deux nations à privilégier la communication et à recourir aux mécanismes existants pour résoudre leurs différends.
Appel au calme de la Cédéao
L’incident du drone malien abattu à Tinzaouatine a engendré une escalade diplomatique préoccupante entre Alger et Bamako. En réponse à cet événement, le Mali a pris la décision de rappeler son ambassadeur en poste en Algérie, marquant une étape significative dans la détérioration de leurs relations. L’Algérie a réagi de manière symétrique en rappelant son représentant à Bamako et en fermant son espace aérien aux aéronefs militaires et civils en provenance ou à destination du Mali. Les autorités maliennes ont rapidement emboîté le pas en adoptant une mesure similaire concernant leur propre espace aérien.
Alors que cette tension bilatérale menace de se transformer en une crise régionale plus étendue, avec l’implication potentielle du Burkina Faso et du Niger, la Cédéao a émis un signal d’alarme. Par la voix de son président de la Commission, l’organisation a fait part de sa « profonde préoccupation face à cette situation ». La Cédéao a ainsi lancé un appel direct aux deux pays voisins. « Elle lance un appel au Mali et à l’Algérie pour qu’ils désamorcent la tension, favorisent le dialogue et utilisent les mécanismes régionaux et continentaux pour régler les différends », a déclaré l’organisation sous-régionale dans son communiqué.
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Il est important de noter que le Mali n’est plus membre de la Cédéao depuis le 29 janvier 2025. La question demeure de savoir si cet appel à la raison sera entendu et suivi d’effets concrets par les parties concernées. L’évolution de cette situation diplomatique sera scrutée attentivement dans les jours à venir.
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Contexte et perspectives
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La destruction du drone malien près de la frontière algérienne s’inscrit dans un contexte régional complexe. Les relations entre le Mali et certains de ses voisins ont été tendues ces dernières années, notamment après le retrait du pays de la Cédéao. L’implication potentielle du Burkina Faso et du Niger ajoute une dimension supplémentaire à cette crise, ces deux nations ayant également des liens étroits avec le Mali.
La réaction de la Cédéao, bien que le Mali ne soit plus membre, souligne la préoccupation de l’organisation quant à la stabilité régionale. L’appel au dialogue met en évidence la nécessité de privilégier les voies diplomatiques pour éviter une escalade aux conséquences potentiellement graves. L’utilisation des « mécanismes régionaux et continentaux » suggère que la Cédéao pourrait jouer un rôle de médiateur, si les deux pays acceptent cette proposition. L’avenir des relations entre Alger et Bamako, et plus largement la stabilité de la région ouest-africaine, dépendront de la réponse apportée à cet appel au calme.
