Mali : un journaliste emprisonné pour critique de la justice

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Au Mali, le directeur de publication de l’hebdomadaire Le Canard de la Venise, Alfousseyni Togo, a été placé en détention provisoire le mercredi 9 avril. Cette arrestation fait suite à des propos critiques qu’il a tenus à l’encontre des autorités judiciaires maliennes. Il est poursuivi pour des accusations graves incluant l’atteinte au crédit de la justice, le trouble à l’ordre public et la diffamation.

Incarcération suite à des critiques acerbes

Alfousseyni Togo a été arrêté puis incarcéré après son audition par le procureur du pôle de lutte contre la cybercriminalité. L’information a été confirmée par Chiaka Doumbia, reporter travaillant pour le même journal que le mis en cause. Selon les déclarations de Chiaka Doumbia à l’Agence France-Presse, cette mesure intervient après les critiques formulées par le journaliste.

Le président de la Maison de la presse, Bandiougou Danté, a également confirmé l’incarcération. Il a assuré que la corporation des journalistes maliens travaille activement pour obtenir sa libération. Le parquet a précisé les chefs d’accusation retenus contre Alfousseyni Togo. Son procès est programmé pour se tenir le 12 juin prochain.

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Les critiques du journaliste visaient principalement le ministre de la Justice, Mamoudou Kassogué, et le pôle de lutte contre la cybercriminalité. Ces critiques ont été publiées dans un article intitulé : « La justice malienne ou le mal du siècle : la bourde du ministre Mamoudou Kassogué ». Dans cet article, Monsieur Togo contestait notamment une affirmation du ministre concernant l’augmentation de l’indice de confiance en la justice malienne.

Une source judiciaire a rapporté que le journaliste « a traité les gens du pôle d’incompétents, de corrompus [et] n’épargne pas le ministre ». Cette source qualifie ces propos de « diffamation ». L’arrestation d’Alfousseyni Togo s’inscrit dans un contexte de restrictions croissantes imposées à la presse au Mali.

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Contexte de répression envers la presse

Depuis les deux coups d’État survenus en 2020 et 2021, le pays est dirigé par une junte militaire. Cette junte a mis en place des mesures répressives ciblant les médias. Plusieurs organes de presse, notamment étrangers, ont vu leur accès ou leur diffusion suspendus. Des journalistes et d’autres voix critiques ont été réduits au silence ou emprisonnés.


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