Venezuela : enlèvement de Nicolas Maduro, l’Afrique très inquiète

En Afrique, c’est la grosse inquiétude deux jours après la capture du président vénézuélien, Nicolas Maduro par les Etats-Unis.

Nicolas Maduro déchu, la presse africaine se méfie

Ces dernières heures, l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces spéciales américaines, est largement commenté dans la presse en Afrique. « La chute de Nicolas Maduro (…) s’inscrit dans une dynamique internationale inquiétante », s’exclame Ledjely en Guinée. Maliweb à Bamako hausse plus le ton : « la capture de Nicolas Maduro n’est pas une opération de justice : c’est le retour du mépris souverain, emballé dans le papier glacé d’un héroïsme de série B hollywoodienne. (…) Trump n’a pas seulement capturé un homme, poursuit le site malien ; il a capturé la route du pétrole, étranglé les velléités de Moscou en Amérique latine et rappelé à tout le Sud Global une vérité glaçante : si vous n’avez pas l’arme nucléaire pour sanctuariser votre palais, vous n’êtes qu’un locataire précaire de votre propre pays ».

Au Burkina Faso, Le Pays s’interroge : « l’Afrique doit-elle réellement s’inquiéter ? La réponse est non, du moins pas dans l’immédiat. (…) Car aucun État africain n’occupe aujourd’hui la centralité géopolitique du Venezuela, puissance pétrolière stratégique et adversaire historique des États-Unis, dans une région que ces derniers considèrent comme leur pré-carré ».

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Sur cet avis, toujours au Burkina n’est pas d’accord. « Faut-il redouter de tels actes sur le continent ? Oui », répond le journal : « s’il y a une région qui pourrait subir les foudres de Trump, c’est bien le Cap Delgado au Mozambique, gorgé de pétrole et… de terroristes ». Il y a aussi « l’est de la RDC, où Trump a personnellement supervisé la signature d’un Accord de paix le 4 décembre dernier, lequel accord est piétiné par les belligérants. De quoi donner un argument valable au président américain pour déverser un déluge de feu sur la région. D’autant que cet accord de paix est assorti de juteux contrats pour les États-Unis pour exploiter le sous-sol de l’est de la RDC, gorgé de pierres précieuses et terres rares ! »

Au Sénégal, Walf Quotidien prévient : « si le Sud global accepte ce précédent par silence, par peur ou par calcul, alors il accepte implicitement que la force prime sur la règle, que la puissance crée le droit, que la souveraineté soit conditionnelle. Il ne s’agit pas de défendre un homme. Il s’agit de défendre une architecture juridique mondiale déjà fragile, mais encore debout. La lutte contre les dictatures ne peut pas se faire par la destruction du droit. Sinon, nous remplaçons une oppression nationale par une domination globale ».


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