ZLECAf : le Nigeria ouvre 90% de son commerce

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Le Nigeria franchit une étape significative dans son engagement envers l’intégration économique africaine. Le pays a officialisé la libéralisation de 90% de ses échanges commerciaux dans le cadre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf). Cette décision, annoncée par la ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Jumoke Oduwole, le lundi 14 avril 2025 à Kinshasa, promet de transformer le paysage commercial du continent.

Un engagement fort envers la ZLECAf

Le Nigeria a signé et soumis le calendrier tarifaire de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce document crucial établit des droits de douane nuls sur une vaste majorité des marchandises échangées entre les nations africaines. Selon la ministre Oduwole, cette initiative vise à « améliorer la compétitivité des marchés, élargir les opportunités commerciales et soutenir la croissance économique en Afrique ». Elle a également souligné que ce programme tarifaire offre aux exportateurs nigérians un accès privilégié aux marchés africains. Ce nouvel accès renforcera considérablement leur rôle au sein du commerce régional et mondial.

Cette décision fait suite à une première étape encourageante franchie par le Nigeria en juillet 2024. Le pays avait alors effectué sa toute première expédition commerciale sous l’égide de la ZLECAf. Cette opération s’est déroulée à travers l’initiative pilote nommée « Guided Trade Initiative » (GTI). Grâce à cette initiative, divers produits nigérians ont pu être exportés vers cinq pays africains. Parmi ces produits figuraient des céramiques, des textiles, des câbles, du savon noir et du beurre de karité, qui ont trouvé preneurs au Cameroun, au Kenya, en Algérie, en Ouganda et en Égypte.

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Au quatrième trimestre de l’année 2024, les exportations nigérianes vers le continent africain ont déjà montré des signes prometteurs. Elles ont atteint un montant de 1,27 milliard de dollars. Ce chiffre représente 10,2% du total des exportations nationales du Nigeria pour cette période. Ces données témoignent de l’importance croissante du marché africain pour l’économie nigériane.

Le calendrier tarifaire de la CEDEAO détaille précisément les modalités de cette libéralisation progressive. Il prévoit l’élimination graduelle des droits de douane sur 90% des lignes tarifaires. Cette élimination s’étalera sur une période allant de cinq à dix ans. Un autre volet concerne 7% des produits, classés comme sensibles. Ces produits feront l’objet d’une libéralisation différée, selon les spécificités établies. Enfin, une petite portion de 3% des produits sera exclue de ce processus de libéralisation.

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Implications économiques et perspectives d’avenir

Jumoke Oduwole a insisté sur le potentiel transformateur de la ZLECAf pour le Nigeria. Elle a déclaré que « la ZLECAf représente une opportunité clé pour le Nigeria : elle permet à ses entreprises, notamment les PME, ainsi que les femmes et les jeunes entrepreneurs, d’accéder à de nouveaux marchés, de générer des devises et de participer activement à une économie africaine intégrée de 1,4 milliard de personnes, pesant 3400 milliards de dollars ; la plus grande zone de libre-échange au monde ». Cette vision souligne l’ambition du Nigeria de se positionner comme un acteur majeur au sein de ce vaste marché continental.

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En tant qu’acteur central du commerce en Afrique de l’Ouest, le Nigeria confirme ainsi sa position stratégique sur l’ensemble du continent. Les chiffres du Bureau national des statistiques (NBS) viennent étayer cette importance. Au quatrième trimestre 2024, les exportations nigérianes vers l’Afrique ont atteint 2042,06 milliards de nairas, soit les 1,27 milliard de dollars déjà mentionnés.

Il est intéressant de noter que plus de la moitié de ces exportations, totalisant 1175,44 milliards de nairas, étaient destinées aux pays membres de la CEDEAO. Les principales destinations de ces exportations incluent l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Cameroun et le Togo. Cette dynamique commerciale régionale renforcée par la libéralisation promet de créer de nouvelles opportunités et de stimuler la croissance économique à travers toute l’Afrique.


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