Côte d'Ivoire: Nayanka accuse des Burkinabè de s'approprier ses terres

L'artiste Nayanka Bell au coeur d'un conflit foncier
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 02 janvier 2018 à 12:44 | mis à jour le 02 janvier 2018 à 12:44

Nayanka Bell est aux prises à des Burkinabè au sujet d'un lopin de terre qui se trouve dans la localité d'Agboville. Ce conflit foncier est en train de prendre de plus en plus d'ampleur.

Conflit foncier, Nayanka Bell crie à l'expropriation et fustige le régime Ouattara

« Je suis obligée de raser les murs parce que je ne sais à quel moment on peut attenter à ma vie. » C'est par cette déclaration tonitruante que Nayanka Bell a entamé sa conversation lors d'une interview. L'artiste ivoirienne est, en effet, engagée dans un bras de fer portant sur une parcelle de terrain dont elle revendique la propriété, mais qui est exploitée, depuis quelque temps par des ressortissants burkinabè. Ainsi qu'elle l'explique :

« Je ne sais pas être raciste, je suis acculée à l'heure actuelle par quelques Burkinabè qui se sont approprié mes terres. Il s'agit des hommes forts qui sont en place actuellement et qui ont l'intention de m'arracher frauduleusement mes terres. Je suis acculée en justice dans des procédures qui n'ont pas de sens, ni de nom, ni de raison d'être. »

Elle indique cependant qu'elle dispose de « titres d'attestation provisoire qui datent de 1997-1998 » et qui lui ont été donnés après des « enquêtes de procédure du ministère de l'Agriculture » qui l'a formellement localisée sur le site d'Anoh. De même, les chefs, la notabilité, ainsi que les villageois reconnaissent, selon Aka Louise de Marillac (le nom à l'état civil de Nayanka Bell), lui avoir donné ces terres. Aussi provisoires soient-ils, ces titres en sa possession lui donnent tout de même la propriété exclusive de ces parcelles à sa détentrice sans toutefois lui permettre de céder les terres en outrepassant l'État. Et ce, jusqu'à l'obtention du titre définitif dénommé ACD (Arrêté de construction définitive, NDLR).

Mais des Burkinabè qui se sont installés dans une enclave de la SODEFOR sur un site du nom de Bokao ont fait des incursions dans cette forêt dont elle réclame la propriété. « Des gens ont profité de la guerre pour venir dévaster mes terres », s'est offusquée l'auteur de Iwasado. Poursuivant, Nayanka Bell affirme que ces personnes qui se sont approprié ses terres se sont vus par la suite délivrer des attestations provisoires par la complicité de certaines personnalités influente du régime Ouattara.

Cependant, elle interpelle directement le président Alassane Ouattara : « Le président Ouattara est très occupé, il a d'autres chats à fouetter. Mais Houphouët, s'il était là et qu'il avait entendu le nom de Nayanka Bell ou n'importe quel artiste de ce pays qui a valeur d'artiste, tout de suite, on allait envoyer des gardes de corps pour venir le chercher. » Avant d'ajouter : « Je n'ai jamais eu autant de problèmes que sous le pouvoir actuel. On disait que je suis Dioula parce que je chantais Iwasado, je chante en Dioula. Mais je ne crois pas que je suis Dioula, parce que si j'étais Dioula, on allait me foutre la paix. »

« Il y a des gens qui ont le pouvoir aujourd'hui et qui ont tendance à prendre tout ce qui est. J'espère que le président va réagir, parce qu'il est derrière la personne qui me fait ça. » « Je vais peut-être quitter la Côte d'Ivoire, mais je ne vais pas me taire », a-t-elle martelé. « À l'heure d'aujourd'hui, même si je suis en difficulté avec des Burkinabè qui sont devenus Ivoiriens, je voudrais leur dire simplement que lorsqu'on est enfant adoptif dans un pays, on respecte les gens du pays. Parce que moi, je ne vais jamais aller revendiquer les terres de quelqu'un qui se trouve au Burkina. Et même si je devais le faire, j'allais d'abord voir s'il n'y a pas de problèmes là-dessus », a-t-elle interpellé ses adversaires.

Notons que Nayanka a déjà été condamnée au pénal à 5 ans de prison ferme et à payer la somme de 160.000.000 FCFA dans ce litige foncier. Cette affaire à multiples rébondissements est visiblement loin de son épilogue, car l'artiste et sa famille sont décidé à aller jusqu'au bout quoi que celà puisse leur coûter.



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