Côte d'Ivoire : Soldats français et populations sur pieds de guerre à Lomo nord

Des soldats français empêchés de faire des manoeuvres militaires
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 14 août 2018 à 10:49 | mis à jour le 14 août 2018 à 10:51

L'on a frôlé le pire, ce lundi 13 août 2018, à Toumodi, dans la localité de Lomo nord où populations locales et soldats français étaient à couteaux tirés. Une manœuvre militaire avortée a failli mettre le feu aux poudres.

Un camp des soldats français assiégé par les populations

La localité de Lomo nord, dans le département de Toumodi, était en ébullition ce lundi. Et pour cause, la tension était montée d'un cran entre les soldats français qui y ont établi leur camp depuis plus d'une quarantaine d'années et les populations locales. Il ressort des faits que les militaires venus de l'Hexagone envisageaient de tester du matériel militaire qu'ils ont présentés eux-mêmes comme « des armes de destruction massive d’une portée de 40 Km ».

Les populations, craignant l'impact de ces tirs de flambage, se sont vigoureusement opposées à ces manœuvres militaires. Ainsi que l'a expliqué Jonas Akpéli, président des jeunes de la localité : « Jeudi dernier, le commandant du camp est venu nous dire qu’ils vont faire des essais de ces armes dans le village. Nous avons refusé compte tenu de la dangerosité qu’ils ont eux-mêmes décrite. » Poursuivant, il ajoute : « Compte tenu de la portée de ces armes, les populations ont manifesté et observé un sit-in devant le camp en vue d’empêcher ces armes de sortir pour le champ de tirs. »

Le préfet de Toumodi a donc été saisi par les cadres et la notabilité du village en vue de faire avorter ce projet d'essai d'armes projeté par l'armée française. Cependant, alors que les discussions n'ont pas encore abouti, les militaires avaient tenté contre vents et marées de sortir leurs chars, ce lundi, avec pour intention d'aller sur le champ de tirs. C'est ainsi que les habitants de Lomo nord ainsi que ceux des localités environnantes se sont ruées vers le camp militaire pour empêcher les véhicules militaires de sortir.

N'eût été l'intervention des brigades de gendarmerie de Yamoussoukro et de Toumodi, l'on aurait assisté à des échauffourées comme en 2004. Le calme est donc revenu à Lomo nord, mais la population reste sur le qui-vive pour éviter que ces tirs projetés soient effectués dans leur localité.

Ces manœuvres militaires suscitent tout de même certaines interrogations. En quoi est-il opportun pour l'armée française de tester des armes dites de destructions massives en l'état actuel des choses en Côte d'Ivoire ? Y'aurait-il des indices qui nécessitassent qu'on sorte ces armes avant la présidentielle de 2020 ?

Nous y reviendrons...