Côte d'Ivoire : Laurent Gbagbo voulait rompre l'accord de défense avec la France

Echanges entre Laurent Gbagbo et Nicolas Sarkozy
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 26 décembre 2018 à 12:51 | mis à jour le 26 décembre 2018 à 12:51

A mesure que l'on parcourt le dernier livre de Laurent Gbagbo, l'on découvre sa farouche volonté de tourner dos à la France. La rupture unilatérale des accords de défense avec l'ancienne puissance coloniale était en projet chez l'ancien président ivoirien.

Laurent Gbagbo, de troublantes révélations dans son livre

« Libre. Pour la vérité et la Justice », tel est le titre du livre coécrit par Laurent Gbagbo et François Mattei. Dans cette dernière publication, l'ancien président ivoirien, actuellement incarcéré dans la prison de Scheveningen à La Haye, fait de fracassantes révélations sur les tenants et les aboutissants de la crise qui a secoué la Côte d'Ivoire. Sur cette lancée, l'opposant historique à Félix Houphouët-Boigny est revenu sur les relations franco-ivoiriennes.

Le fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) a en effet révélé que les accords de défense, en vertu desquels la France disposait des ressources naturelles de la Côte d'Ivoire, n'étaient nullement appliqués par la partie française. En témoigne, selon lui, la sollicitation qu'il avait adressée à l'Elysée alors que la Côte d'Ivoire faisait l'objet d'une attaque en septembre 2002.

« Après le refus de la France de nous aider en 2002, contre les rebelles qui nous avaient attaqués, je ne voulais plus de ces accords de défense qui avaient prouvé leur inutilité et même leur nocivité. Comme, en plus ils donnent toutes nos matières premières stratégiques à la France, en contrepartie de ce secours militaire inexistant, j’ai décidé de faire cesser ce marché de dupes. J’ai fait comprendre mon intention d’y mettre fin. C’était prévu après les élections de 2010.Nous allions restructurer et renforcer notre propre armée », a écrit l'ancien chef d'Etat ivoirien, avant d'ajouter : « Sarkozy le savait, cela n’a pas dû lui plaire. Pour m’apaiser, en 2009, une délégation Française est venue chez nous pour renégocier ces accords, sans succès. »

La suite on la connaît. Lors de la crise postélectorale, le président français Nicolas Sarkozy faisait bombarder le palais présidentiel ivoirien à l'aide d'aéronefs français, et Laurent Gbagbo est capturé avec son épouse Simone Gbagbo et plusieurs de ses proches. Son procès est pendant devant la Cour pénale internationale (CPI), dont une décision sur un éventuel acquittement définitif est attendue pour mars prochain.



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