RDC : Bart Ouvry, l'ambassadeur de l'UE, "expulsé" de Kinshasa

Léonard She Okitundu, MAE,

Bart Ouvry est désormais persona non grata en RDC. Le gouvernement congolais a décidé d'expulser l'ambassadeur de l'Union européenne en réactions aux sanctions renouvelées de l'UE contre Kinshasa.

Bart Ouvry sommé de quitter Kinshasa à la veille des élections

La bataille diplomatique entre le pouvoir congolais et la communauté internationale fait rage ces dernières années. Alors que l'on s'achemine vers les élections générales tant attendues en République démocratique du Congo (RDC), le pouvoir de Joseph Kabila et l'Union européenne (UE) se sont lancés dans une défiance réciproque. Comme du berger à la bergère.

L'Organisation européenne a en effet décidé, le 10 décembre dernier, du renouvellement des sanctions frappant certaines personnalités congolaises, dont Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat de la majorité présidentielle. En retour, Léonard She Okitundu, ministre congolais des Affaires étrangères, a donné 48 heures à l'Union européenne pour rappeler Belge Bart Ouvry, son ambassadeur en RDC.

Le chef de la diplomatie congolaise justifie cette « mesure de rétorsion » par le « principe de réciprocité ». Car, explique-t-il : « J’ai prévenu le Conseil de l’UE, il y a trois semaines, qu’il fallait qu’ils retirent leurs sanctions avant les élections. Mais les Européens ont fait ce qu’ils appellent une “reconduction technique”, promettant de réexaminer le dossier après les élections. Pour nous, ce réexamen est un non-événement. Nous avons déjà été trop patients. »

Le membre du gouvernement Kabila a lu ce communiqué devant la presse et en présence des autres ambassadeurs accrédités à Kinshasa, comme pour les mettre en garde contre une quelconque ingérence.

Et Barnabé Kikaya bin Karubi, le conseiller diplomatique du Président Kabila d’ajouter : « Il faisait preuve d’activisme aux côtés de l’opposition et de la société civile, en particulier l’Église catholique, ce qui représentait une ingérence. »

Notons que l’élection présidentielle congolaise se tient, ce dimanche 30 décembre 2018. Même si Leila Zerrougui, représentante spéciale de la Monusco, estime que les campagnes se sont déroulées dans un calme relatif, la tension demeure tout de même persistante autour de ce scrutin.