Procès putsch manqué, passe d'armes entre Guillaume Soro et Chérif Sy

Chérif Sy attaque, Guillaume Soro contre-attaque

Qui de Guillaume Soro et Chérif Sy est dans le vrai à propos de l'affaire de l'écoute téléphonique épluchée par le tribunal militaire du Faso ? Aux accusations du ministre burkinabè de la Défense, le camp de l'ancien Chef du Parlement ivoirien apporte un démenti formel.

Chérif Sy attaque, Guillaume Soro contre-attaque, la réalité

Appelé à la barre dans le procès du putsch manqué en qualité de témoin, Chérif Sy a formellement incriminé Guillaume Soro dans les enregistrements téléphoniques supposés passés avec Djibrill Bassolé. Le ministre de la Défense du Faso, alors président du Conseil national de transition, indique en effet qu'il avait rencontré, en 2015 à Paris, l'ancien Président de l'Assemblée nationale ivoirienne qui avait formellement « reconnu » l'authenticité de la conversation téléphonique avec l'ancien chef de la diplomatie du Burkina Faso.

Mais Moussa Touré, le chef de la communication de Soro Guillaume est aussitôt monté au créneau pour protester de façon vigoureuse, catégorique et formelle contre la déposition du ministre du Faso. Lors d'une interview sur RFI, le porte-parole de Soro Guillaume a déclaré :

« J'observe que Chérif Sy parle d'une rencontre qui aurait eu lieu à Paris en octobre. En octobre, Guillaume Soro n'était pas à Paris, il y était plutôt en décembre. Ensuite, il dit, toujours devant le tribunal et donc étant sous serment, que Guillaume Soro à Paris lui aurait envoyé son chargé de communication. Le chargé de communication de Guillaume Soro, c'est votre serviteur. J'étais avec lui à Paris et il n'y a jamais, je dis bien jamais eu de tentative d'approche de Chérif Sy par moi ou par quelqu'un d'autre. » Poursuivant, il met au défi l'accusateur de son patron d'apporter la preuve de ses allégations d'une rencontre dans la capitale française à la période indiquée.

Cependant, la vérité c'est que Guillaume Soro et Chérif Sy se sont effectivement rencontrés, début décembre 2015, lors d'une Assemblée interparlementaire en marge de la COP21.

Ont-ils évoqué à cette occasion la supposée conversation où l'un des interlocuteurs (Soro) apportait son soutien à l'autre (Bassolé) à travers un plan bien rôdé pour réussir putsch contre Michel Kafando et les autorités de la transition en septembre 2015.