3e mandat: Henri Konan Bédié attend Ouattara de pied ferme
La question d’un probable 3e mandat d’ Alassane Ouattara suscite un vif débat dans la classe politique ivoirienne. Henri Konan Bédié, dans une interview accordée au média français L’Opinion, livre sa position sur le sujet.
Henri Konan Bédié préfère observer
Elle est bien loin l’époque où Alassane Ouattara et son « ainé » Henri Konan Bédié filaient le parfait amour au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, coalition au pouvoir). Les deux hommes avaient uni leurs forces pour écarter Laurent Gbagbo du pouvoir en 2011. Une fois au Palais présidentiel, Ouattara a promis qu’il gouvernerait la Côte d’Ivoire avec la bénédiction d’ Henri Konan Bédié.
Tout se passait bien, jusqu’à ce qu’après décidé de ne pas présenter de candidat issu de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) à la présidentielle de 2015, au profit d’une candidature unique d’ Alassane Ouatta, Henri Konan Bédié demande qu’on lui passe la main en 2020. Le « sphinx » de Daoukro, centre du pays, estime que le candidat du RHDP doit être un cadre du PDCI comme lui a promis Ouattara.
Pour le président ivoirien, il n’existe aucun accord avec Bédié dans ce sens. Le PDCI interprète cette attitude comme une trahison et quitte le RHDP. Depuis, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se sont tourné le dos.
Interrogé par L’Opinion, Henri Konan Bédié s’est montré peu bavard à propos d’un éventuel 3e mandat de son ancien allié. « Nous attendons de voir s’il se représentera en 2020 », a répondu le chef de file du PDCI. De son côté, Alassane Ouattara clame haut et fort que la Constitution lui permet de faire deux autres mandats. « Je vais prendre ma décision en 2020 », déclare Ouattara. Il a eu cette même position en avril 2019 au cours d’une conférence de la fondation Mo Ibrahim.
« Je suis très croyant, j’espère que Dieu me donnera la santé et la longévité. Le peuple ivoirien m’a élu à 83 % en 2015. Il ne peut pas y avoir de plus bel hommage. Et puis, il y a votre conscience. Il faut se demander : est-ce que votre pays a atteint les objectifs que vous êtes fixé en venant dans cette fonction ? Est-il suffisamment stable, en sécurité ? Avez-vous une équipe qui peut faire la suite ? Une fois que vous avez répondu à ces questions, le reste devient facile. Donc, je prendrai ma décision l’année prochaine. J’ai un certain nombre d’amis que je consulterai avant de prendre ma décision définitive, mais elle est presque prise », a-t-il confié.
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