Afrique du sud: Les étrangers en danger dans le pays, ce qu'il se passe

Les populations locales accusent les étrangers de la crise que traverse le pays.

Les étrangers en danger en Afrique du sud.
Par Ange Atangana
Publié le 03 septembre 2019 à 14:23 | mis à jour le 03 septembre 2019 à 14:23

Dans la nuit de lundi à mardi plusieurs villes de l' Afrique du sud ont été le théâtre de nouvelles manifestations xénophobes. Cette fois, ce sont les échoppes et autres commerces tenus par les étrangers qui ont été saccagés.

L'Afrique du sud de nouveau dans une spirale de violences à caractère xénophobe.

Les étrangers vivant en Afrique du sud ont chaud. Depuis quelques jours, ces expatriés sont pris pour cibles par des Sud-africains en colère. Ces derniers accusent les expatriés d'être à l'origine des diffficultés économiques et du taux de chômage record (29%).

Lundi soir, plusieurs commerces détenus par des étrangers à travers le pays ont été vandalisés par des Sud-africains. A Johannesburg, la police annonce qu'au moins 70 personnes ont été mises aux arrêts tandis que les recherches et enquêtes se poursuivent. Les forces de l’ordre disent avoir interpellé au moins vingt personnes dans la seule province du KwaZulu-Natal (nord-est) après l’incendie de plusieurs camions.

Même si les étrangers sont visés par ces énièmes manifestations, les officiels sud-africains refusent de parler de xénophobie. Pour le ministre sud-africain de la Police, il s'agit davantage de « criminalité » que de « xénophobie ». Un avis qui ne partage par le chef de la diplomatie nigériane, Geoffrey Onyeama. Le ministre des Affaires étrangères nigérian annonce d'ailleurs des mesures pour protéger ses compatriotes en Afrique du sud face à « l'inefficacité » de la police locale.

Human Rights Watch révèle qu'une dizaine de chauffeurs étrangers ont déjà été tués depuis le début de l'année dernière dans le pays. Les Sud-africains s'en prennent régulièrement aux travailleurs étrangers car ils acceptent souvent d'être rémunérés moins que les Sud-africains eux-mêmes. Interrogé par l'AFP, la représentante d'un syndicat routier explique : « Le peuple sud-africain a faim mais il reste à la maison alors que les entreprises du pays préfèrent employer des étrangers payés moins cher ».

L'Alliance démocratique (AD), principale formation d'opposition du pays, appelle le gouvernement à trouver des solutions pour « pour infléchir le nombre d’attaques qui visent notre économie en compromettant sa stabilité, la libre circulation des marchandises et au final, nos emplois ».



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