Après la visite de l'ONU à la CEI, LIDER crie son indignation

LIDER dénonce l'instrumentalisation de la CEI
Par K. Richard Kouassi
Publié le 19 novembre 2019 à 11:41 | mis à jour le 19 novembre 2019 à 14:59

Mardi 12 novembre 2019, une délégation des Nations unies a débarqué à Abidjan où elle a échangé avec la CEI d' Ibrahime Coulibaly Kuibiert. LIDER (Liberté et démocratie pour la République, parti politique de l'opposition), une semaine après le passage des émissaires d'Antonio Guterres, exprime son indignation.

LIDER dénonce l'instrumentalisation de la CEI

Il y a une semaine, Ibrahime Coulibaly Kuibiert, président de la Commission électorale indépendante (CEI), a eu une séance de travail avec une délégation des Nations unies, conduite par Simon-Pierre Nanitelamio. Ces experts ont foulé le sol ivoirien à la demande des autorités ivoiriennes, faut-il le préciser. Selon Sidi Touré Tiémoko, porte-parole du gouvernement ivoirien, qui s'exprimait à l'issue du Conseil des ministres du mercredi 13 novembre 2019, la présence des collaborateurs d' Antonio Guterres ne devrait pas être perçue comme une visite de contrôle, car la Côte d'Ivoire est "suffisamment outillée pour organiser ses élections de manière autonome". Il a poursuivi pour ajouter qu'il s'agit plutôt d'une visite intervenant dans le cadre de "conseils de partenaires et amis".

La mise au point du ministre de la Communication et des Médias semble n'avoir pas convaincu le LIDER (Liberté et démocratie pour la République). Le parti fondé par Mamdou Koulibaly, ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne, rejette les explications fournies par l'ex-ministre de la Promotion de la jeunesse et de l’Emploi des jeunes. Dans une note qui nous a été transmise, Benjamin Tehe, son délégué régional à l'implantation Allemagne et Autriche, dénonce l'arrivée des experts onusiens sur les bords de la lagune Ébrié. "Le président a cru tromper les Ivoiriens en changeant la tête de l’institution par un autre fidèle compagnon, mais cela ne résout rien tant dans le fond que dans la forme. Le second est aussi problématique que le premier. Kuibiert et Youssouf Bakayoko souffrent de la même maladie", a enfoncé ce proche de Mamadou Koulibaly.

"Qui peut bien m’expliquer cette manœuvre de tentative de légitimation du magistrat Kuibiert avec des employés de l’ONU en leur demandant de superviser, et même financer l’élection 2020 ? C’est déshonorant pour notre pays qui rivalise une santé économique avec les grandes puissances du monde ! Une autre démarche aurait été moins insultante et honteuse, mais celle-là est vraiment humiliante dans une économie avec 9 chiffres de croissance. Et puis entre nou,s qui veut aller loin ménage sa monture, dit-on. Pourquoi attendre à « deux jours » des élections pour venir appeler l’ONU à l’aide là où vous avez déjà tout bouclé, géré, calé ? Pourquoi faire appel à l’ONU là où l’indice de sécurité du pays est semblable à celle de la Suisse ?", a cherché à comprendre Benjamin Tehe.

Pour ce cadre du LIDER, la CEI "n’est pas seulement décrédibilisée, elle est également illégitime, car ne respect en rien les normes en matière d’institution démocratique", dans la mesure où "la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a ordonné en son arrêt du 18 novembre 2016 à l’État de Côte d’Ivoire de modifier la loi n° 2014-335 du 18 juin 2014 relative à la Commission électorale indépendante pour la rendre conforme aux normes juridiques et démocratiques".


Benjamin Tehe reste convaincu qu'Ibrahime Coulibaly Kuibiert "va bientôt céder sa place à une personne plus crédible et légitime".



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