Révision de Constitution: Les députés de l'opposition claquent la porte

Modification de la constitution: L'opposition parlementaire se retire des travaux
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 12 mars 2020 à 15:38 | mis à jour le 12 mars 2020 à 15:38

L’opposition parlementaire a claqué ce jeudi 12 mars 2020, la porte des travaux visant le projet de modification de la Constitution ivoirienne, initié par le Président Alassane Ouattara.

L'opposition parlementaire dénonce la modification de la Constitution et se retire des travaux du Congrès

Lors d’un point de presse tenu au siège du PDCI-RDA, l’honorable Yasmina Ouégnin et ses collègues députés membres de l'opposition, ont annoncé leur retrait des travaux en cours visant le projet de modification de la constitution ivoirienne, initié par le président Ouattara.

« Au nom du Peuple de Côte d’Ivoire, nous disons NON au projet de révision constitutionnelle. Par conséquent, les parlementaires de l’opposition se retirent dès cet instant des travaux parlementaires visant à modifier la Loi fondamentale de notre pays », a déclaré la députée de Cocody, membre du groupe parlementaire Vox Populi.

Le 5 mars dernier, devant les parlementaires réunis en congrès, le chef de l’État ivoirien avait saisi l’occasion de l’annonce de son retrait de la course à la prochaine élection présidentielle, pour livrer le contenu des réformes envisagées dans la constitution du 8 novembre 2016.

Pour Yasmina Ouégnin, l’ensemble des modifications projetées, touche le cœur même de la constitution ivoirienne. Il ne s’agirait pas d’une révision mais d’une nouvelle constitution. «En réalité, il s’agit donc d’une nouvelle Constitution et non d’une révision constitutionnelle. Toute chose qui appelle une consultation du peuple par Référendum », a-t-elle fait savoir.

Yasmina Ouégnin a par ailleurs fustigé la célérité avec laquelle l'exécutif ivoirien envisage d'opérer cette révision constitutionnelle; un projet d’une si grande importance qui engage la Nation tout-entière. Poursuivant, elle a évoqué la situation des députés proches de Guillaume Soro, incarcérés pour la plupart, quand d'autres sont, eux, contraints à l’exil; donc dans l’incapacité de prendre part aux travaux relatifs à cette révision constitutionnelle.


Au regard de tout ce qui précède, la porte-parole des groupes parlementaires PDCI, VOX POPULI et Rassemblement, estime qu’une opposition parlementaire qui se veut responsable et sérieuse, garante du respect de la volonté, ne peut se rendre complice de cette « mascarade » ou encore cautionner ces nombreuses dérives qui entachent la crédibilité de l’Institution parlementaire et fragilisent l’équilibre social.