Guinée: 60 ans après, le Franc guinéen veut assurer sa stabilité

Guinée: Célébration des 60 ans du Franc guinéen
Par Eugène SAHI
Publié le 26 décembre 2020 à 15:30 | mis à jour le 26 décembre 2020 à 15:30

C’est une Guinée « fière » qui vient de célébrer, mercredi 23 décembre 2020, l’an 60 du Franc guinéen sous le signe des réformes monétaires. Les festivités ont été présidées par le Premier ministre, chef du gouvernement, Dr Ibrahima Kassory Fofana.

Franc guinéen : Le défi réussi d'un taux d’inflation galopante

Le mercredi, à Conakry, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a célébré le 23 décembre 2020, le soixantième anniversaire de la création du franc guinéen. Une monnaie dont l’histoire est indissociablement liée au combat anticolonialiste et anti-impérialiste du pays.

Occasion pour le premier ministre d’égrener les « énormes » progrès réalisés par les autorités bancaires sous Alpha Condé.

« Le paiement des taxes et d’impôts de l’État ne se font plus par chèque ou par virement espèce. L’existence d’une salle de destruction des billets. Car avant, cela se faisait sur incinération et certains profitaient pour soutirer des billets. La création et l’équipement d’une salle des marchés dans laquelle les transactions peuvent être suivies à temps pour les coûts du franc guinéen vis-à-vis des devises étrangères, pour les coûts internationaux des matières premières et les coûts internationaux en matière de devises. Tout ceci a été mis en œuvre ces dix dernières années. Il y a aussi le système de formation du crédit qui fait que les banques et leurs clientèles peuvent bénéficier de la transparence pour que chacun puisse s’engager dans le contrat qui les lie en toute connaissance de cause », a fait savoir Dr Ibrahima Kassory Fofana.

Pour le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée, Louncény Nabé, « le contexte de ces réformes étaient marqué par d'importants déséquilibres macroéconomiques, caractérisés par une forte inflation et des dysfonctionnements importants. Le taux de croissance était de 2%, le déficit budgétaire 14% du PIB et l’inflation qui galopait aux environs de 22%. Mais à partir de 2011, cette situation difficile a nécessité des actions vigoureuses de la part du gouvernement. C’est pour rétablir l’équilibre pour un redémarrage de l’économie. A cet effet, la BCRG a mis en œuvre des mesures monétaires pour lutter contre l’inflation, stabiliser la monnaie et assurer la stabilité financière », a-t-il assuré devant l’assistance réunie au siège de la BCRG.

Le franc guinéen a en effet été créé dans la douleur, à la faveur de l’exclusion du pays par la métropole coloniale française de la zone Franc CFA à la suite de son accession à l’indépendance le 2 octobre 1958.


Cette exclusion va réveiller le nationalisme fondateur des dirigeants guinéens de l’époque sous le lead de Sékou Touré qui, dans la foulée, vont parvenir, avec le soutien du bloc de l’est, à la création de la monnaie ayant théoriquement une parité fixe avec le F CFA, le 1er mars 1960, ainsi que de la Banque Centrale Guinéenne (BRG puis BCRG).

Aujourd’hui engagée dans la Zone Monétaire Ouest-africaine (ZMAO) qui s’inscrit dans le processus de monnaie unique de la CEDEAO dénommée ” l’ECO” qui devrait se substituer au “Franc CFA”, la Guinée qui est partisane pour rompre avec une monnaie africaine coloniale et sous tutelle de la France, devra en outre stabiliser ces indicateurs macroéconomiques pour s’engager du bon pied dans cette nouvelle aventure, indique financialafrik.com.






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