Aguila Saleh évincé de la présidence du Parlement libyen après 12 ans
Aguila Saleh n’est plus président du Parlement libyen. Après douze ans à la tête de la Chambre des représentants basée dans l’est du pays, l’allié historique du maréchal Khalifa Haftar a été remplacé cette semaine par le député de Tobrouk Abdelnabi al-Obeidi. L’intéressé conteste la régularité du vote.
Le vote s’est tenu lundi 5 octobre, d’après RFI. Les députés présents se sont prononcés à une large majorité pour renouveler la direction de la Chambre. Selon le quotidien émirati The National, 98 élus sur 190 ont approuvé le changement, et les parlementaires ont limité la présidence de l’institution à un mandat unique de douze mois.
Aguila Saleh, 82 ans, ne reconnaît pas cette séance. Il estime qu’elle n’a « aucun effet juridique ». Son successeur a choisi un ton conciliant en déclarant que « la Libye est plus grande que nos différends ».
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Pourquoi Aguila Saleh a-t-il été écarté ?
En poste depuis 2014, le président de la Chambre passait pour un soutien indéfectible du clan Haftar, qui contrôle l’est et une grande partie du sud de la Libye. Son influence s’érodait depuis plusieurs mois, à mesure que montait celle de Saddam Haftar, fils du maréchal et héritier désigné. Ce dernier a salué un changement qui doit aider à bâtir des institutions nationales efficaces.
Pour le chercheur Jalel Harchaoui, interrogé par RFI, Saddam Haftar parie sur les initiatives diplomatiques soutenues notamment par Washington, alors qu’Aguila Saleh incarnait « le refus du changement ». Le spécialiste juge toutefois prématuré de parler de victoire politique : l’éviction prouve la puissance du fils Haftar, mais « le plus dur reste à faire ».
Une Libye toujours coupée en deux
Le pays reste partagé entre les autorités de l’Est, adossées à ce Parlement, et le gouvernement d’union nationale reconnu par l’ONU à Tripoli. En août, les camps rivaux se sont entendus pour organiser des élections dans un délai de 24 mois, alors que les précédentes tentatives d’unification ont toutes échoué. Saddam Haftar cherche à obtenir davantage de reconnaissance politique avant ces législatives.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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