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Au Bénin, la Cour constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs des législatives ce lundi 19 janvier. Le juge constitutionnel a confirmé le nombre de sièges obtenus par les deux blocs de la mouvance. Il ressort que l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) se partagent les 109 sièges. Comme en 2019, l’opposition sera encore absente à l’Assemblée nationale.
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Les élections législatives du 11 janvier 2026 ont été remportées par l’UP-R et le BR. Tous ces deux partis sont de la mouvance, totalement acquis à la cause du président Patrice Talon. Le premier a levé 60 des 109 sièges et le second a été crédité des 49 sièges restants. Sur les suffrages exprimés, l’UP-R a obtenu 41,21 % et le BR 36,62 %. Le taux de participation au plan national s’est établi à 36,74 %.
La Cour constitutionnelle a rendu définitifs ces résultats par décision en date du 19 janvier. La décision de la Cour ferme définitivement la porte de la 10e législature aux partis d’opposition. En effet, selon l’article 146 du Code électoral, tout parti n’ayant pas obtenu au moins 20 % par circonscription électorale et 10 % au plan national ne peut en aucun cas lever des sièges.
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Le cas du parti Les Démocrates
Qualifié d’opposition radicale, le parti Les Démocrates, dirigé par Boni Yayi, ne va pas siéger à l’Assemblée nationale. Alors que le parti est arrivé à lever 28 sièges pour la précédente législature, il se retrouve cette fois-ci avec zéro député. Le sort du parti avait déjà été scellé à l’occasion de la révision du Code électoral, où le quota par circonscription a été porté à 20 %.
Les percées dans plusieurs villes n’ont pas permis au parti de réunir les 20 % dans toutes les circonscriptions. Il n’a obtenu les 20 % que dans 11 circonscriptions électorales, ses fiefs naturels. En l’absence d’accord de coalition parlementaire, le parti Les Démocrates n’a levé aucun siège malgré ses 16,20 % au plan national.
La FCBE absente malgré ses accords de coalition parlementaire
La FCBE est le second parti politique de l’opposition ayant participé aux élections législatives de janvier 2026. Qualifiée d’opposition modérée, elle a noué des accords de coalition parlementaire avec les trois partis politiques de la mouvance en lice. Il s’agit du BR, de l’UP-R et de Moele-Bénin. Au soir du vote, le parti se retrouve avec zéro député malgré ces accords.
Si l’accord de coalition parlementaire exempte le parti de devoir réunir seul au moins 20 % par circonscription, il maintient l’obligation d’obtenir au moins 10 % au plan national. C’est sur cette condition que la FCBE a fait faux pas. Selon les résultats définitifs proclamés par la Cour constitutionnelle, le parti FCBE a obtenu 4,78 % au plan national, très loin des 10 % exigés. Il est logé au 4e rang, juste devant le Mouvement des Élites Engagées pour l’Émancipation du Bénin (Moele-Bénin) qui a obtenu 1,19 %.
Bis repetita…
Ce n’est pas la première fois que l’Assemblée nationale du Bénin est exclusivement composée de députés acquis à la cause du régime. En 2019, l’opposition n’avait pas pu participer aux élections. Ces élections, qui ont été marquées par des violences, s’étaient soldées par une législature sans l’opposition. Ce que d’aucuns ont appelé : « parlement monocolore ».
En 2026, l’opposition a participé aux élections, mais à l’arrivée, c’est le même scénario qu’en 2019. Comme démontré plus haut, seuls les partis présidentiels ont satisfait aux exigences du Code électoral sur le partage des sièges. Ces exigences, fortement critiquées et jugées exclusives, ont écarté l’opposition de la 10e législature.
« Nous avons dénoncé ce Code électoral en disant qu’il faisait la part belle aux partis de la mouvance », a déclaré Guy Mitokpe du parti Les Démocrates. Il a ajouté que ce Code électoral est « exclusif et dangereux ». Aziz Adjakpe, général Europe et Amérique des structures de la FCBE, dénonce l’absence de l’opposition à la nouvelle législature. « Un parlement monocolore, sans véritable contradiction démocratique, fragilise nos institutions et éloigne davantage les citoyens de la chose publique », a-t-il indiqué.
La mouvance réplique…
Du côté de la mouvance, les partisans du président Patrice Talon ne voient pas les choses ainsi. Pour Yvette Tayewo du BR, l’opposition n’a pas été exclue, car elle a participé aux élections législatives. « Il faut qu’on arrête de toujours trouver des boucs émissaires et qu’on puisse reconnaître son insuffisance », a-t-elle indiqué.
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Dans un entretien accordé à RFI, Parfait Ahoyo, porte-parole de l’UP-R, a rejeté les accusations faisant état de l’exclusion de l’opposition. Pour lui, « ces élections sont l’expression claire d’un choix populaire. En démocratie, le peuple décide et les responsables politiques respectent », a-t-il indiqué.
Après avoir pris l’Assemblée nationale, la mouvance présidentielle est en bonne voie pour se maintenir à la présidence de la République. Avec Romuald Wadagni, leur candidat désigné, les partis pro-régime affichent une longueur d’avance pour l’élection présidentielle d’avril 2026. En face, ils affronteront Paul Hounkpè du parti FCBE. Les résultats des élections législatives ont montré que le parti ne pèse que 4,78 % au plan national. Il est vrai que la présidentielle est différente des législatives, mais les indices montrent clairement que la bataille ne sera pas rude pour Romuald Wadagni.

