Koumassi Campement : Cissé Bacongo au cœur de la polémique
Dans une tribune, Laurent Oupoh répond à Douglas Mountain sur la polémique autour de Cissé Bacongo. Il conteste l’interprétation faite de la mise en garde du chef de l’État. Il estime qu’elle ne permet pas de conclure à une responsabilité du Ministre gouverneur Cissé Bacongo avant les résultats de l’enquête.
Dit à Douglas Mountain : la mise en garde du chef de l’État ne condamne personne par avance, encore moins Cissé Bacongo
Dans une contribution antérieure, j’analysais la conférence de presse du procureur de la République près le Tribunal de 1ère instance d’Abidjan tenue le 16 septembre 2026, relative aux démolitions de Koumassi-Campement. Je distinguais le propos liminaire, soigneusement pesé, des réponses improvisées aux questions des journalistes. Ces dernières, bien que juridiquement défendables, produisaient trois effets problématiques : un déséquilibre entre la version du Ministre, Gouverneur et les éléments à charge, une anticipation de la compétence de la Haute cour de justice, et une question rhétorique sur le plan ORSEC qui s’entendait comme un doute institutionnel.
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Je soulignais également trois manques : l’absence de transcription intégrale officielle et authentifiée par le Parquet , l’opacité du cadre juridique du District, et la nécessité de clarifier les chiffres. Je proposais enfin un protocole écrit de communication judiciaire, seule garantie réelle de la présomption d’innocence pour tous.
À Douglas Mountain
Depuis ma position de chroniqueur, je voudrais aujourd’hui répondre à Douglas Mountain, du Cercle des Réflexions Libérales, qui, dans une tribune du 18 septembre 2026, prétend dresser un réquisitoire contre le gouverneur Cissé Bacongo. Ainsi, il croit voir dans l’absence de la Première Dame aux inaugurations d’ouvrages portant son nom un désaveu, et dans la nouvelle structure de gestion du parti présidentiel sa mise à l’écart.
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Il lui impute quelque 800 000 déguerpis depuis 2019, dénonce des justifications changeantes, réduit ses réalisations à de l’embellissement et évoque, sur la foi de rumeurs, des sites promis à des intérêts privés. Il lit enfin dans la mise en garde du chef de l’État un message visant le Ministre, Gouverneur.
Procès en sorcellerie
« Personne ne peut agir au nom de l’État, hors du cadre légal, sans en subir les conséquences », avait en effectivement prévenu le chef de l’État le 6 août 2026. Douglas Mountain, coutumier des sorties de route, en fait une sentence déjà prononcée contre le Ministre et Gouverneur Cissé Bacongo. C’est aller vite en besogne.
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À ce stade, il n’a été ni établi ni démontré que le gouverneur ait agi hors du cadre légal. L’enquête, annoncée dès le 10 juin 2026, suit son cours, et Douglas Mountain reconnaît lui-même que la conférence du procureur du 16 septembre 2026 n’a pas tranché la question du rôle du District, ni porté un qualificatif sur son action. Si une faute est établie, le chef de l’État n’hésitera pas à la sanctionner , et Cissé Ibrahima Bacongo en prendra acte. Simple ! Personne n’a besoin de Douglas Mountain pour rappeler cette évidence !
Le reste relève de la spéculation. Prêter des pensées à la Première Dame à partir d’une absence à une cérémonie, c’est parler à sa place. Nous ne ferons pas comme lui, et ne manifesterons pas la même outrecuidance que Douglas Mountain qui a osé émettre des doutes dans d’autres écrits , sur le sens de l’État qui anime le président de la République. Bâtir une accusation sur des « il se dit », c’est substituer la rumeur à l’information. Et qualifier un homme de « monstre » ou de « diabolique » disqualifie l’analyse plus qu’elle ne la renforce.
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Quant aux justifications prétendument changeantes, elles traduisent une même politique. Le 21 mai 2026, le District annonçait publiquement, dans le cadre de l’opération « Zéro mort » de la saison des pluies, que toutes les zones exposées aux inondations et aux éboulements feraient l’objet d’interventions. Désordre urbain, zones à risques, plan ORSEC : ces notions se complètent, elles ne se contredisent pas. Invoquer le plan ORSEC, c’est d’ailleurs se référer à un dispositif prévu par les textes , sans oublier les attributions et compétences du District.
Enfin, réduire l’action du District à de l’embellissement, c’est ignorer que la sécurisation de l’espace urbain et la protection des vies figurent au cœur de ses attributions légales.
Le débat sur Koumassi-Campement est légitime. Il ne mérite pas des incantations. Il mérite des faits, établis par l’enquête. C’est sur ces faits que la justice et le chef de l’État se baseront pour juger d’une part , et d’autre part pour prendre des décisions ou des mesures qui s’imposent. Pas sur les écrits de Douglas Mountain, pas sur les calculs des opposants au RHDP , au gouvernement, ou encore sur la base des agissements des adversaires ou détracteurs démasqués ou masqués , du Ministre, Gouverneur.
Laurent Oupoh.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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