Mahmoud Abbas reporte les législatives : 21 ans sans vote en Palestine
Mahmoud Abbas a signé samedi 10 octobre un décret qui repousse les élections palestiniennes législatives, prévues le 28 novembre 2026, au 11 septembre 2027. Elles auront lieu le même jour que la présidentielle. Les Palestiniens n’ont plus voté depuis 2006 pour leur Parlement et depuis 2005 pour leur président.
Le décret a été annoncé par l’agence officielle Wafa, à l’issue d’une réunion de hauts responsables tenue dans la matinée. Le comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, que préside Mahmoud Abbas, juge que les conditions d’un vote ne sont réunies ni à Jérusalem-Est, ni en Cisjordanie, ni dans la bande de Gaza. Il accuse Israël d’empêcher l’entrée du matériel électoral et des observateurs internationaux dans l’enclave.
Pourquoi Mahmoud Abbas reporte-t-il les élections ?
La liste des motifs officiels est longue. Ramallah cite les raids de l’armée israélienne, l’extension des colonies et les violences de colons en Cisjordanie, mais aussi la retenue des recettes fiscales qu’Israël collecte pour le compte de l’Autorité palestinienne. À Gaza, la reconstruction n’avance pas et la force internationale de stabilisation n’est toujours pas déployée. La commission électorale assure poursuivre ses préparatifs et chercher des solutions pour remplacer les urnes et l’encre bloquées aux points de passage.
Les factions ont aussi pesé. Selon l’AFP, le Fatah et ses rivaux s’étaient mis d’accord, quelques jours plus tôt, pour tenir un dialogue national en Égypte avant tout scrutin, et souhaitaient eux-mêmes ce report.
Un président élu en 2005 et toujours en poste
À 90 ans, Mahmoud Abbas dirige l’Autorité palestinienne depuis sa victoire à la présidentielle de janvier 2005. Son mandat devait s’achever en 2009. Il gouverne depuis par décrets, sans Parlement en fonction. Les dernières élections au Conseil législatif palestinien, en janvier 2006, avaient été remportées par le Hamas face au Fatah. La rupture qui a suivi a conduit à des affrontements armés entre les deux camps, puis à la prise de Gaza par le Hamas en 2007.
Le nouveau calendrier repousse aussi la présidentielle, qu’un décret signé en juin annonçait pour le début de 2027. Le soutien au vieux dirigeant s’est effrité : dans une enquête publiée en août par le Palestinian Center for Policy and Survey Research, 79 % des 1 270 personnes interrogées réclamaient sa démission.
À Jérusalem, le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait accusé dès vendredi le président palestinien de « tromper la communauté internationale » en s’apprêtant à annuler les élections promises.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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