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CYBER.EX : la Côte d’Ivoire simule une cyberattaque d’envergure

Charles Kouassi
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CYBER.EX Côte d'Ivoire : Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse
Photo : Aman ADO / Wikimedia Commons

CYBER.EX 2026, première simulation nationale de crise cyber en Côte d’Ivoire, a été lancée le mercredi 28 octobre à Port-Bouët par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Pendant l’exercice, 800 participants de l’énergie, des télécoms et de la finance affrontent une attaque fictive de grande ampleur, sous les yeux d’une délégation sénégalaise.

Le scénario est inventé, la pression ne l’est pas. Les équipes réunies à Abidjan doivent piloter une crise, trancher vite, se coordonner et maintenir leurs services pendant qu’un adversaire virtuel frappe leurs systèmes. Le thème retenu annonce la couleur : « Résilience numérique nationale : anticiper, réagir, rebondir ensemble ».

CYBER.EX 2026 : que doivent prouver les 800 participants ?

Ils doivent montrer qu’ils tiennent quand tout lâche. Le directeur général de l’ANSSI, le général de brigade Guelpétchin Ouattara, a expliqué que les participants vont éprouver « en conditions réelles » leurs capacités collectives face à une crise cyber d’envergure. Quatre compétences sont testées : le pilotage, la prise de décision, la coordination et la continuité d’activité.

Les secteurs choisis ne doivent rien au hasard. Une panne prolongée dans l’électricité, la téléphonie ou la banque paralyserait le pays en quelques heures. L’exercice cherche aussi à mieux faire travailler ensemble les acteurs de l’écosystème national de cybersécurité, qui se croisent rarement autour d’une même table.

Le cyberespace, « champ de bataille » selon le gouvernement

Mamadou Touré, ministre de la Promotion de la Jeunesse, a ouvert les travaux au nom du vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara. Le ton était martial. « Le cyberespace est devenu un champ de bataille après la terre, la mer, l’air et l’espace. Il constitue un domaine de confrontation à part entière. Une vulnérabilité chez un voisin peut devenir la nôtre », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que la sécurité du cyberespace est considérée par le président Alassane Ouattara et le gouvernement comme « une composante essentielle de la sécurité de la nation ». La première ligne de défense, a-t-il ajouté, est tenue par les forces de défense et de sécurité, l’ANSSI, les directeurs informatiques et les opérateurs télécoms. « Le CYBER.EX se propose d’étendre cet exercice à l’ensemble de la nation ».

Le ministre de la Transition numérique, Djibril Ouattara, a pour sa part présenté la cybersécurité comme un instrument privilégié de la politique numérique de l’État. Le président du conseil de surveillance de l’ANSSI, le général de corps d’armée Philippe Mangou, assistait à la cérémonie.

Lire aussi : Cybersécurité renforcée en Côte d’Ivoire : un nouveau cadre légal adopté

Pourquoi Abidjan joue la carte régionale

La présence d’une importante délégation sénégalaise donne à l’exercice une portée qui dépasse les frontières. Abidjan veut partager son expérience et contribuer à la sécurité collective de l’Afrique de l’Ouest, a insisté Mamadou Touré, qui a promis de renforcer la coopération avec les partenaires de la sous-région et du continent.

Le contexte explique cette urgence. En février 2026, la compagnie nationale a elle-même été touchée, comme nous l’avions rapporté dans notre article sur la cyberattaque visant Air Côte d’Ivoire. Ce type d’incident montre qu’une entreprise stratégique peut être prise pour cible à tout moment, et qu’une réponse improvisée coûte cher. Pour suivre ces dossiers, retrouvez toute l’actualité ivoirienne sur notre site.

Lire aussi : La Côte d’Ivoire visée par des attaques de déstabilisation en ligne

Un rendez-vous désormais annuel

CYBER.EX ne restera pas un coup isolé. L’ANSSI a annoncé que l’exercice sera organisé chaque année. Le volet compétition, réservé en 2026 aux grandes écoles et aux universités, sera ensuite ouvert à tous les talents du numérique. La deuxième édition est attendue en 2027, avec un périmètre plus large que celui de cette première simulation.

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