L’imam Mahmoud Dicko participe à une Conférence africaine pour la paix en Mauritanie ces derniers jours. La figure religieuse et politique du Mali en a profiter pour appeller à dialoguer avant qu’il ne soit trop tard dans son pays.
Mali : bain de sang, le sérieux appel de l’imam Mahmoud Dicko
En marge de la 6ᵉ édition de la Conférence africaine pour la paix qui s’est ouverte merdi dernier à Nouakchott en Mauritanie, l’imam Mahmoud Dicko a accordé une interview exclusive à la rédaction de RFI. La figure religieuse a réitéré son appel au dialogue entre tous les Maliens. L’homme qui a lancé en décembre la Coalition des forces pour la République (CFR) dans le but de s’opposer aux militaires qui accaparent le pouvoir depuis le coup d’État de 2020, se dit inquiet de la situation actuelle dans son pays, les jihadistes du Jnim ayant renforcé leur pression sur l’armée malienne et menant régulièrement des opérations, y compris très près de la capitale.
Pour l’imam Mahmoud Dicko, il est temps de stopper le bain de sang et d’aller au dialogue. « J’avais dit cela dans le passé, je le répète encore aujourd’hui et je le ferai demain s’il le faut : il faut dialoguer pour mettre fin à ce bain de sang qui a trop duré. Tous les conflits du monde se sont terminés autour d’une table. Donc, il faut dialoguer avant qu’il ne soit trop tard », a-t-il déclaré au micro de RFI.
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Il ajoute : « Bien sûr, c’est inquiétant de voir Bamako, la capitale, quasiment encerclée par les jihadistes. C’est vraiment très inquiétant, parce que la suite peut être catastrophique pour la population et le pays tout entier. Les militaires sont armés, les groupes jihadistes sont aussi armés. Et au milieu, il y a la population civile et c’est elle qui subit toutes les conséquences de cette crise. C’est pourquoi je demande un sursaut de cette population pour dire stop à ces deux parties qui s’affrontent et tracer une nouvelle voie. »
Pour rappel, depuis le mois de septembre, les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), liés à al-Qaïda, ont imposé un blocus sur plusieurs villes maliennes et attaqué régulièrement des convois de carburant.

