Siège du MFDC démantelé : 26 relâchés, 2 retenus au Sénégal
Au Sénégal, l’armée et la gendarmerie ont démantelé le mardi 27 octobre 2026 le siège de l’aile politique du MFDC à Lyndiane Coboda, près de Ziguinchor. Sur les 28 personnes interpellées, 26 ont été libérées après audition et 2 restaient en garde à vue à la Section de recherches de Ziguinchor.
Le lieu porte un nom chargé : « Mangoukouro ». C’est là que l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance, en lutte armée pour l’indépendance de la région depuis décembre 1982, avait installé son siège. Les forces de sécurité y ont saisi 17 téléphones portables, des documents, des drapeaux et des insignes du mouvement, selon une source sécuritaire.
Pourquoi l’État a-t-il visé le siège du MFDC à Ziguinchor ?
Les autorités invoquent la préservation de l’ordre public et la protection de l’intégrité territoriale. Elles n’ont pas détaillé publiquement les faits reprochés au site. Les enquêteurs cherchent désormais à établir « les circonstances et les responsabilités » liées aux activités qui s’y déroulaient.
Le calendrier interroge. L’opération est intervenue le jour anniversaire du décès d’Abdou Élinkine Diatta, l’un des responsables historiques du mouvement. Parmi les personnes interpellées figuraient des femmes. Les deux personnes toujours retenues sont présumées innocentes.
| Élément | Bilan communiqué |
|---|---|
| Date | Mardi 27 octobre 2026 |
| Lieu | Lyndiane Coboda, banlieue de Ziguinchor |
| Personnes interpellées | 28 |
| Personnes libérées après audition | 26 |
| Personnes en garde à vue | 2 |
| Saisies | 17 téléphones, documents, drapeaux et insignes |
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Un mouvement déjà fragilisé par l’arrestation de son porte-parole
Ce coup de filet s’inscrit dans une séquence de pression sur l’aile politique du MFDC. Son porte-parole, Amidou Djiba, avait été arrêté à Ziguinchor en août 2025 puis transféré à Dakar, avant d’obtenir une liberté provisoire fin septembre 2026. L’opération du 27 octobre frappe cette fois le lieu de réunion du mouvement en pleine ville.
Elle intervient alors que l’État mise sur le développement de la Casamance pour tourner la page du conflit, le plus ancien d’Afrique de l’Ouest. Le président Bassirou Diomaye Faye a multiplié les annonces d’infrastructures dans la région, comme nous l’avions détaillé dans notre article sur le bilan du président Bassirou Diomaye Faye en Casamance.
Fermeté sécuritaire ou risque de crispation ?
Sur le plan sécuritaire, l’opération signale que l’État ne tolère plus de structure indépendantiste ayant pignon sur rue. Pour les partisans du dialogue, la fermeture d’un siège politique peut aussi compliquer les contacts avec les factions encore actives dans le maquis.
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Prochaine étape : le sort des deux gardés à vue
Les deux personnes maintenues à la Section de recherches doivent être soit libérées, soit présentées au parquet à l’issue de leur garde à vue. Leur situation dira si l’enquête débouche sur des poursuites judiciaires.