Troisième mandat de Tshisekedi : le référendum passe au Sénat
Le débat sur un troisième mandat de Tshisekedi franchit une étape en RDC. Samedi 31 octobre 2026 à Kinshasa, le Sénat a adopté en seconde lecture, à l’unanimité des 78 votants, la loi référendaire qui fixe les conditions d’organisation d’un référendum, y compris sur une révision de la Constitution.
Aucun sénateur présent n’a voté contre, aucun ne s’est abstenu. Le résultat a été proclamé lors de la neuvième séance plénière de la session, présidée par Jean-Michel Sama Lukonde. « Le Sénat n’a fait que réaffirmer une option déjà levée ici, une option politique fondamentale pour notre peuple », a déclaré le président de la chambre haute, en annonçant la transmission du texte au chef de l’État pour promulgation, conformément à l’article 136 de la Constitution.
Que change la loi référendaire en RDC ?
Le texte donne un cadre juridique aux consultations populaires. Il précise comment les Congolais pourront répondre par « oui » ou par « non » à une question d’intérêt national. Parmi les sujets qui peuvent leur être soumis figurent la révision de la Constitution et l’adoption d’une nouvelle Constitution.
La proposition porte la signature du député Paul Gaspard Ngondankoy Nkoy et répond à une demande de Félix Tshisekedi au Parlement. Elle avait déjà été votée en juin 2026. La Cour constitutionnelle avait alors émis des réserves et demandé aux élus de mieux encadrer les cas de recours au référendum. D’où ce second passage, censé mettre le texte en conformité.
Lire aussi : Chefs d’État africains qui durent au pouvoir : Obiang, 47 ans
Un troisième mandat de Tshisekedi est-il possible ?
En l’état, non. La Constitution de 2006 limite la présidence à deux mandats de cinq ans, et son article 220 interdit toute révision portant sur le nombre et la durée des mandats du président. Réélu en décembre 2023, Félix Tshisekedi achève son second quinquennat avec la présidentielle attendue fin 2028.
C’est précisément ce verrou qui inquiète l’opposition. Un référendum sur une nouvelle Constitution, et non sur une simple révision, pourrait remettre les compteurs à zéro. Le chef de l’État avait lui-même lancé le débat en octobre 2024 à Kisangani, en jugeant le texte de 2006 inadapté aux réalités du pays. Ses adversaires y voient depuis le chemin vers une présidence prolongée, comme ailleurs sur le continent. Le pouvoir parle, lui, de souveraineté populaire.
Lire aussi : Joseph Kabila désavoué par la Belgique : le FRN jugé illégitime
La promulgation par Félix Tshisekedi ne fait guère de doute, le texte étant né de sa propre demande. La vraie bataille commencera avec la question posée aux électeurs, son calendrier et son financement, dans un pays où l’est reste en guerre et où l’ancien président Joseph Kabila s’est rapproché du M23.
Lire aussi : Joseph Kabila s’allie au M23 : le processus de Doha en sursis ?
Suivez toute l’actualité congolaise dans notre rubrique RDC.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
Voir ses 1090 articles