UEMOA : la balance commerciale repasse dans le vert pour la première fois depuis 2011
Les marchés de l’UEMOA se détachent enfin d’un lourd cycle de quinze ans de déficits commerciaux chroniques. Au siège de Dakar ce mercredi 29 juillet 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest scelle ce retournement historique en affichant un excédent de 6.318,2 milliards de francs CFA. Ce surcroît de liquidités offre un bol d’air immédiat aux huit pays de la zone franc. Il blinde leurs réserves de devises indispensables pour sécuriser la parité fixe de la monnaie commune face à l’euro. Cette bouffée d’oxygène soulage l’ensemble des trésors publics de la région au moment où plusieurs gouvernements appliquent des réformes budgétaires lourdes sous l’œil du FMI.
L’UEMOA encaisse les bénéfices de ses nouveaux gisements de brut
Lire aussi : UEMOA : un nouveau dispositif pour la sécurisation des dettes
Cette envolée des exportations de 38,6 % repose sur le réveil spectaculaire du sous-sol régional. Les infrastructures de l’UEMOA captent la montée en puissance de l’or qui frôle les 12.000 milliards de francs CFA de ventes et le boom du cacao. Le véritable levier de ce record tient au doublement des expéditions de pétrole qui culminent à 4 406,3 milliards.
L’entrée en production du gisement de Sangomar au Sénégal ainsi que le renforcement des capacités en Côte d’Ivoire et au Niger portent la production de brut à un niveau inédit de 233.870 barils par jour. Le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou met en avant le rôle de la nouvelle réglementation financière. L’application stricte du rapatriement obligatoire des recettes d’exportation a permis à l’institut d’émission de sécuriser plus de 8.400 milliards de francs CFA de liquidités internationales.
Lire aussi : UEMOA : la Côte d’Ivoire mobilise 454 Milliards FCFA
Les cours mondiaux menacent la durabilité du modèle en 2026
Le bilan demeure toutefois exposé aux secousses du marché de l’énergie. Depuis le premier trimestre de l’année 2026, l’envolée des prix du brut provoquée par le conflit au Moyen-Orient alourdit la facture des pays de l’union qui restent importateurs nets de carburants raffinés. Face à ce retour des tensions inflationnistes, la BCEAO a gelé l’assouplissement de sa politique monétaire en maintenant son taux directeur à 3 %. L’institution ajuste déjà ses projections de croissance régionale pour l’année en cours à 6,1 % contre les 6,4 % initialement espérés.
Articles similaires
Du bailleur au co-investisseur : ce que le PND 2026-2030 révèle de la nouvelle relation franco-ivoirienne
Les 80 milliards de dollars mobilisés au Groupe consultatif d’Abidjan consacrent une mutation profonde. Avec la France, la Côte d’Ivoire ne négocie plus de l’aide,…
Projets miniers et transition verte : les enseignements des défis récents de Fortescue pour l’Afrique
En Australie, de récentes décisions de justice et une plainte contre Fortescue mettent en lumière l’écart entre les déclarations d’intention de l’entreprise et ses résultats…
CEDEAO : la BIDC dévoile quatre leviers pour accélérer le développement des MPME
À l’occasion de la réunion délocalisée de la Commission mixte du parlement de la CEDEAO, la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC)…