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CEMAC : la BEAC inonde le marché monétaire pour soutenir les banques de la zone

Régis BOCO
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CEMAC : la BEAC inonde le marché monétaire pour soutenir les banques de la zone
CEMAC : la BEAC inonde le marché monétaire pour soutenir les banques de la zone

La CEMAC subit une forte poussée sur les marchés monétaires régionaux. La Banque des États de l’Afrique centrale ouvre largement ses guichets de refinancement pour éteindre l’incendie. L’institut d’émission injecte des enveloppes massives de liquidités dans les circuits. Cette manœuvre de secours vise le maintien des lignes de crédit dans la zone. Les gouverneurs surveillent les indices de prix pour bloquer l’inflation.

CEMAC : le calendrier des adjudications de la banque centrale

La Direction des opérations de la BEAC a orchestré deux injections consécutives pour matérialiser ce plan de soutien d’urgence. Les équipes techniques ont mis en jeu une première enveloppe de 600 milliards de francs CFA le mardi 11 août 2026. L’institut a relancé le marché le mardi 18 août 2026 en injectant une seconde tranche complémentaire de 700 milliards de francs CFA. Les deux opérations affichent une échéance commune fixée par le calendrier réglementaire au 27 août prochain.

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Le gouverneur de la banque centrale conserve le taux d’intérêt plancher officiel à un niveau stable de 4,50 %. Cette ruée vers les guichets de Yaoundé s’est accélérée depuis la baisse des taux directeurs validée à la fin du mois de juin dernier. Le volume global des demandes bancaires a enregistré une hausse ininterrompue au cours des différentes sessions de l’été. Les soumissions de l’adjudication du 11 août ont culminé à un montant total de 746,1 milliards de francs CFA. Cette forte affluence a poussé le taux de couverture des offres de la banque centrale à plus de 124 %.

Le mécanisme du coût de l’argent et le circuit interbancaire

La forte concurrence entre les établissements de crédit fait grimper le prix d’accès à ces ressources financières. Les adjudicataires ont accepté de payer un taux moyen pondéré de 4,91 % pour garantir l’obtention de leurs enveloppes de réserve. Ce coût réel se situe près d’un demi-point au-dessus du barème de base fixé par l’autorité monétaire. Les banques préfèrent s’acquitter de cette majoration plutôt que de risquer une pénurie de liquidités dans leurs coffres.

Le calcul économique reste avantageux pour les opérateurs en raison de la cherté du marché interbancaire classique. Les prêts de gré à gré entre banques confrères ont affiché un taux de 6,36 % au début du mois d’août. L’écart de près de deux points avec le guichet central pousse logiquement les directeurs financiers à privilégier le refinancement direct. La BEAC adapte son pilotage par les volumes pour lisser ces disparités de taux.

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Le piège du déficit de liquidité structurel

Cette dépendance croissante des banques commerciales envers la banque centrale met en relief la vulnérabilité structurelle de l’épargne locale en Afrique centrale. Le système financier régional peine à mobiliser les dépôts de long terme pour financer l’appareil industriel sans recourir à l’aide institutionnelle. Les établissements de crédit s’enlisent dans un besoin chronique de refinancement pour équilibrer leurs bilans quotidiens. Le succès de ce plan dépend de l’octroi réel des prêts aux entreprises locales. Les inspecteurs du Trésor surveillent l’utilisation des fonds. Le régulateur bloque l’achat spéculatif des obligations d’État par les banques de la place. Les résultats de la dernière adjudication détermineront si l’injection globale suffit à apaiser la crise des trésoreries ouest-africaines.

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