Béoumi: Après les violences, les communautés se disent les vérités

Les communautés ont cherché les causes profondes des affrontements

A Béoumi, les communautés se sont parlé
Par K. Richard Kouassi
Publié le 01 juillet 2019 à 12:38 | mis à jour le 01 juillet 2019 à 15:22

À l'initiative de la ministre Mariatou Koné, les communautés Baoulé et Malinké de Béoumi ont échangé durant trois jours afin de trouver les causes réelles des affrontements des 15 et 16 mai 2019.

Mariatou Koné initie un dialogue direct à Béoumi

Suite aux affrontements qui ont endeuillé la ville de Béoumi, en mai 2019, Mariatou Koné, ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Lutte contre la pauvreté, a initié un dialogue direct entre les communautés Baoulé et Malinké de la localité. Le samedi 29 juin, des groupes de réflexions ont livré les conclusions de leurs travaux selon lesquels les causes de ces violences sont diverses.

En effet, les différends entre agriculteurs et éleveurs, le conflit du foncier halieutique et rural, mais également l'incivisme des jeunes, le rejet des résultats des élections municipales ont engendré les conflits inter-communautaires, selon les rapporteurs. Ces derniers n'ont pas manqué de préciser que des rumeurs publiées sur les réseaux sociau ont contribué à mettre le feu aux poudres.

Face à tout ceci, Mariatou Koné a tenu un langage franc aux populations de Béoumi. "Bébé de 'un an est mort calciné. Est-ce qu’il vote ? Deux enfants de 14 et 15 ans sont morts. Est-ce qu’ils votent ? 2020 n’est pas encore arrivé et déjà, il y a 16 morts, 120 blessés et 300 personnes déplacées sans compter les victimes de pillages pour Béoumi seulement. Et si 2020 arrive? Ce sera comment ? Non ça suffit", a-t-elle martelé.


Mariatou Koné a saisi l'occasion pour livrer un message de paix et de réconciliation aux communautés de Béoumi. "Chers parents de Béoumi, Ne suivons pas aveuglement les hommes politiques. Parce que suite aux morts, suite aux blessés, suite aux destructions de biens, certains vont venir pleurer avec vous. De façon hypocrite essuyer vos larmes et après ils vont aller tranquillement vivre chez eux, vivre tranquillement avec leur famille, ils vont vous laisser seul avec vos problèmes. Ils vont vous laisser dans un conflit permanent avec ceux avec qui, vous viviez en bonne intelligence. Ils vont partir. Qui reste ici ? C’est vous", s'est-elle exprimée.




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