Le sale coup de Bédié aux jeunes du PDCI et à Gbagbo se confirme

On comprend de mieux en mieux ce qui fait courir Henri Konan Bédié vers Laurent Gbagbo et Guillaume Soro...

Henri Konan Bédié et Jean-Louis Billon
Par Gary SLM
Publié le 02 août 2019 à 06:16 | mis à jour le 02 août 2019 à 06:16

On voit Henri Konan Bédié toujours très actif dans la politique ivoirienne. Le président du PDCI RDA a un plan bien élaboré pour dribbler son possible futur allié Laurent Gbagbo mais aussi la jeune garde de son parti incarnée par Jean-Louis Billon, désireux de défier le RHDP en 2020.

Bédié travaille en sourdine pour Bédié !

Certains avaient des doutes sur les vraies raisons du divorce entre Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, ils seront situés par les manœuvres en cours du « Sphinx de Daoukro ». En réalité, et comme aiment à le dire les cadres du RHDP, Bédié voulait succéder à Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire et non pousser pour l’élection d’un jeune de son parti, prétexte répandu aux premières heures qui ont suivi son divorce avec Ouattara.

Lors de sa longue interview accordée au journal Le Monde Afrique, l’ancien président de la Côte d’Ivoire a laissé filtrer quelques détails peu trompeurs sur ses intentions pour 2020. Concernant son éventuelle candidature à la présidentielle à venir, il ne dit pas non. Il défend même son profil en affirmant : « J’estime que quand on est un homme politique, on ne s’appartient pas, on appartient à la communauté dont on gère la destinée. Je suis président du PDCI-RDA. Ce parti a survécu à toutes les épreuves et vit encore. Par conséquent, tant qu’il me reste les forces physiques et intellectuelles, je continue le travail. »

Quand Bédié affiche ses rêves au grand jour

Mais à quel poste ? Sera-t-il le candidat du PDCI RDA à l’élection présidentielle à venir ? Sa réponse ne laisse aucune place au doute : « Si on me le demande, je suis un homme de service, un homme qui a suivi une tradition de don de soi, mais nous n’en sommes pas encore là. »

Avec sa mainmise sur le PDCI, Henri Konan Bédié n’aura aucun mal à trouver des personnes qui viendront lui demander de représenter leur parti en 2020. Et comme il explique que c’est cette démarche qui pourrait l’amener à postuler pour un retour au pouvoir, on comprend dès lors pourquoi il s’active autant pour se rapprocher de Laurent Gbagbo.

Henri Konan Bédié qui se dit qu’avec son éloignement du pays, le patron du FPI qui n’a lui non plus pas travaillé à rendre présidentiable un jeune de son parti pourrait soutenir sa candidature.

On se souvient qu’après son divorce avec Alassane Ouattara qui a entraîné celui de Guillaume Soro, les deux hommes s’étaient fortement rapprochés. Les deux anciens Présidents de l’ Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire affichaient une forte complicité qui a brutalement cessé lorsque Guillaume Soro a déclaré son envie d'abandonner le "tabouret" pour le "fauteuil", traduction : quitter son poste de PAN contre une candidature à la présidentielle de la Côte d'Ivoire.

Bédié n'en a que faire de la jeunesse

Ce positionnement de Bédié est une quasi-trahison pour Jean-Louis Billon qui se voyait candidat du PDCI RDA. Ce dernier qui dénonçait les tontons qui ont vécu leur époque et qui veulent vivre celle de leurs enfants saura lire entre les lignes les intentions dévoilées par HKB qui commence justement à se servir de thèmes populistes pour se repositionner solidement comme une alternative à Ouattara.


Récemment, Henri Konan Bédié s’est servi du problème de l’orpaillage clandestin pour tancer le pouvoir d’Abidjan qui encouragerait selon lui un hold-up des étrangers sur la Côte d’Ivoire. Depuis, il a revêtu la casquette de principal opposant à Alassane Ouattara qui n’a lui non plus pas dit s’il se retirerait ou pas du pouvoir à la fin de son deuxième et dernier mandat, même s'il teste présentement un ticket Amadou Gon Coulibaly.

Laurent Gbagbo qui ne s’est pas encore prononcé sur la proposition de plate-forme non idéologique avec le PDCI pour évincer du pouvoir le RHDP sera-t-il prêt à pousser pour le retour de Bédié (85 ans) aux commandes du pays ?