Cour africaine: L'affaire Soro accentue la pression sur Abidjan

Les avocats de Guillaume Soro déterminés à faire plier le régime Ouattara
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 25 mai 2020 à 19:46 | mis à jour le 25 mai 2020 à 19:46

Les avocats de l’ancien chef du Parlement ivoirien, Guillaume Soro, ont encore donné de la voix face au refus du régime d’Abidjan, de se conformer à la décision de la Cour africaine des droits de l’homme, ordonnant la mise en liberté provisoire des proches du président de GPS.

Les avocats de Guillaume Soro déterminés à faire plier le régime Ouattara

Le 22 avril 2020, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) rendait, à l’unanimité des juges siégeant, une décision en faveur de Guillaume Soro et de 18 de ses proches actuellement détenus. Dans sa décision, l’institution panafricaine ordonnait à la partie ivoirienne, la suspension du mandat d’arrêt international émis contre l’ancien chef rebelle, accusé de « tentative de déstabilisation » de la Côte d'Ivoire, et la mise en liberté provisoire de ses 18 proches.

En réponse à l’arrêt de la CADHP, le gouvernement ivoirien a plutôt durci sa position, se retirant de la Cour basée à Arusha et en faisant condamner Guillaume Soro à 20 ans de prison ferme, 4,5 milliards Fcfa d’amende, la confiscation de sa résidence d’Abidjan-Marcory et la privation de ses droits civiques pour 5 ans. «Nous constatons et déplorons que l’État de Côte d’Ivoire a décidé de s’inscrire dans une démarche de défiance à l’exécution d’une décision de justice et surtout de non-respect de ses engagements internationaux », a déploré son conseil d'avocats.

«L’État ivoirien n’a pris aucune disposition pour la libération des proches de M.Soro, toujours en détention préventive en l’espèce et ce, nonobstant des demandes de liberté provisoire que ces derniers ont introduit au cours du mois de mai », dénoncent les avocats qui s'étonnent de la condamnation de leur client malgré la décision de la Cour africaine.


« Les conseils de M. Guillaume Kigbafori Soro entendent en conséquence exercer toutes les voies de droit afin de faire exécuter la décision de la CADHP, et ce compris auprès de l’Union africaine, de l’Union européenne et des Nations Unies, et entendent apporter leur concours au rétablissement de l’État de droit et du respect des traités internationaux en Côte d’Ivoire », promet le Conseil de M. Soro.