Retrait d'Abidjan de la cour africaine: Le CNDH rompt le silence

Cour africaine, le CNDH prend acte du retrait de la Côte d'Ivoire
Par K. Richard Kouassi
Publié le 06 mai 2020 à 13:58 | mis à jour le 06 mai 2020 à 14:57

Quelques jours après le retrait de la Côte d'Ivoire de la cour africaine, le CNDH (Conseil national des droits de l'homme) est sorti de son silence pour se prononcer sur le sujet. Dans une déclaration publiée le mardi 5 mai 2020, l'organisation a affirmé prendre acte de la décision de l'État de Côte d'Ivoire.

Cour africaine, le CNDH prend acte du retrait de la Côte d'Ivoire

Mercredi 29 avril 2020, le gouvernement ivoirien a officiellement annoncé le retrait de la Côte d'Ivoire de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) pour "graves et intolérables agissements" imputés à l'institution judiciaire dont le siège se trouve à Arusha, en Tanzanie.

Sidi Touré Tiémoko, le ministre ivoirien de la Communication et des Médias, a assuré que "cette décision est prise sans préjudice de l’engagement du gouvernement à demeurer partie à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi qu’à son protocole additionnel relatif à la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples".

Des voix se sont élevées pour critiquer la mesure prise par Alassane Ouattara, dénonçant un "recul démocratique". Quelques jours après le retrait de la Côte d'Ivoire de la CADHP, le Conseil national des droits de l'homme a indiqué qu'il "prend acte de cette décision de l’État de Côte d’Ivoire, du retrait de sa déclaration d’acceptation de compétence".

Namizata Sangaré, présidente du CNDH, a fait savoir dans un communiqué que l'autorité administrative indépendante a "examiné, la décision souveraine de l’Etat de Côte d’Ivoire, le 29 avril 2020, de retirer sa déclaration de compétence prévue à l’article 34 alinéa 6 du Protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples".

Toutefois, le CNDH "note que les citoyens et les ONG sont privés de la possibilité de déférer directement les cas de violations allégués de droits de l’homme devant la cour".


Dans la foulée, Namizata Sangaré a encouragé "les autorités à renforcer les mécanismes nationaux de protection des Droits de l’Homme d’une part, et à privilégier la coopération avec tous les organes régionaux et internationaux compétents en la matière d’autre part".