Présidentielle 2020 : Charles Blé Goudé répond à Kandia Camara

Charles Blé Goudé, Président du Cojep
Par Dreyfus polichinelle
Publié le 10 août 2020 à 14:42 | mis à jour le 10 août 2020 à 16:15

Kandia Camara appelait mordicus le Président Alassane Ouattara à se présenter à la présidentielle du 31 octobre pour éviter des représailles de l'opposition en cas de perte du pouvoir par le RHDP. Lors d'une interview accordée à Afrique Média, Charles Blé Goudé a apporté sa réplique à la ministre ivoirienne de l'Éducation nationale.

Charles Blé Goudé appelle Ouattara à faire disparaitre tous les facteurs de vengeance

Après la mort d'Amadou Gon Coulibaly, les cadres du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) se sont accordés pour appeler Alassane Ouattara à revenir sur sa décision de prendre une retraite politique et à briguer un 3e mandat. La ministre Kandia Camara Kamissoko, cadre du parti au pouvoir, a d'ailleurs donné les motivations de cet appel pressant en ces termes : « Je demande au président Alassane Ouattara de bien vouloir accepter d'être candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2020. Qu'il se fasse violence. Ce n'est pas se dédire... La politique, c'est la saine appréciation des réalités du moment. » Avant d'ajouter que leurs adversaires politiques « n'ont d'autre programme que de venir au pouvoir pour venir se venger, pour venir régler des comptes, pour venir créer encore des tensions dans le pays. »

La sortie de cette dignitaire du parti au pouvoir n'a pas été du goût de nombreux acteurs politiques, qui se sont largement répandus sur la question. Sur Afrique Media, Charles Blé Goudé est également revenu sur ces propos auxquels il accorde une attention particulière. Le président du Congrès panafricain pour la justice et l'égalité des peuples (COJEP) s'interroge : « J'entends souvent certaines pontes du pouvoir dire "si on ne conserve pas le pouvoir, nous irons en exil." Pourquoi dans un pays, quand un régime perd le pouvoir, ses dirigeants doivent aller en exil ? » Avant de répondre lui-même à cette question réthorique : « non, non, non, non, il faut qu'on fasse en sorte que cela ne soit plus. »

Prenant l'exemple du Ghana, l'ancien leader de la galaxie patriotique a indiqué que tous les anciens présidents ghanéens vivent au pays après leur perte du pouvoir sans pour autant que leur cohabitation soit cause de déstabilisation. Puis, il déclare : « Moi, je pense que ce langage est dangereux. Créons plutôt les conditions d'une paix qui puissent favoriser une élection apaisée. » Poursuivant, le filleul de Laurent Gbagbo ajoute : « Je propose des assises en Côte d'Ivoire pour des élections apaisées. Faire en sorte que ceux qui sont en exil reviennent. Que ceux qui sont prison sortent et que la Côte d'Ivoire parte pour des élections apaisées. C'est ce que le Président Ouattara doit léguer à la Côte d'Ivoire. »


Notons qu'Alassane Ouattara a finalement annoncé sa candidature pour un 3e mandat lors de son adresse à la Nation, le 6 août dernier.




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