Daoukro à Ouattara: "Évitons les accusations inutiles et sans preuves"

Affrontement de Daoukro : Bédié accusé, les élus prennent position
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 14 août 2020 à 12:02 | mis à jour le 14 août 2020 à 12:02

Les élus locaux de Daoukro ont fait une mise au point sur les violents affrontements entre pro et anti 3e mandat du président Alassane Ouattara, survenus mardi dernier dans le fief d’Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA.

Affrontements de Daoukro: "Personne ne sortira gagnant dans cette crise"

En Côte d’Ivoire, des incidents ont éclaté mardi à Daoukro, fief de l’ex-président Henri Konan Bédié, entre ses partisans et des jeunes du parti au pouvoir (RHDP), faisant plusieurs morts et des blessés.

Pour Cissé Bacongo, Conseiller juridique du président Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié s’est rendu coupable des violences intervenues dans cette ville du centre-est et partout ailleurs en Côte d’Ivoire.

« Les graves blessés enregistrés sont imputables directement et personnellement au Président Bédié qui devra en répondre», a fait savoir Cissé Bacongo au cours d'une conférence de presse jeudi à Abidjan.

Cette sortie a fait réagir les élus et cadres de la ville de Daoukro. « Évitons des accusations inutiles et sans preuves. Personne ne sortira gagnant dans cette crise. Nous avons besoin davantage de soutien pour la résolution totale de la crise. Désarmons nos cœurs et avançons ensemble dans la paix et la cohésion », a déclaré Traoré Adam Kolia, président du Conseil régional de l’ Iffou.

« Nous rappelons donc à l'opinion nationale et internationale que nous sommes natifs de Daoukro. Et nous vivons depuis des décennies en parfaite harmonie avec les différentes communautés », a-t-il rappelé.

Le président du Conseil régional de l’Iffou n’a pas manqué de mettre en cause la responsabilité de certaines personnes tapies dans l’ombre et qui auraient mis le feu aux poudres.

Ci-dessous la déclaration des élus de Daoukro relative à la situation socio-politique.

Le lundi 10 août 2020 débutent à Daoukro des manifestations de mécontentement des jeunes de l'opposition contre la candidature du Président de la République à un troisième mandat. Surpris puisque préoccupés à recueillir les parrains de la candidature du Président Henri Konan Bédié.

Le commissaire de police et le commandant de compagnie ont d'emblée entrepris des approches avec les jeunes pour leur demander de lever les barrages.

Face à la résistance des jeunes, nous avons saisi le Préfet et ensemble avec les forces de l'ordre, nous avons visité les points des barrages érigés pour leur demander de les lever et se retirer.

Nous avons été entendus par certains qui ont immédiatement levé les barricades; d'autres ont promis le faire après notre départ.

Le Mardi 11 août 2020

Les jeunes de l'opposition ont décidé de faire une marche pacifique de protestation. Nous n'en avons été informés que par le Préfet de Région qui venait de les recevoir à son bureau.

Au cours de cette marche, les manifestants ont reçu des projectiles par certaines personnes au niveau de la gare routière.

Nous avons aussitôt dans un premier temps initié une rencontre avec les responsables malinkés.


Ensuite, nous avons rencontré dans l'après midi le Chef de Village, les responsables des communautés allochtones et autochtones, les responsables de jeunesse, guides religieux, comité civilo militaire, et deux équipes de sensibilisation et pacification. Nous nous sommes accordés à ne pas accuser et se justifier. Puis évoquer des propositions pour sortir de la situation.

Dans la soirée nous sommes informés de l'attaque de la maison du PDCI et de l'augmentation de la tension.

Le lendemain nous avons appris que les jeunes de l'opposition ont donné la réplique en allant visiter la maison du RHDP. Constat fait par le Préfet de Police Adjoint de Yamoussoukro et le Commissaire de Daoukro. Au final, nous nous sommes rendus compte que des personnes tapis dans l'ombre jettent le feu aux poudres.

Une rencontre à la préfecture avec le Préfet et toutes les personnes impliquées s'est tenue en vue d'arrêter des dispositions de sortie de crise.

Nous rappelons donc à l'opinion nationale et internationale que nous sommes natifs de Daoukro. Et nous vivons depuis des décennies en parfaite harmonie avec les différentes communautés.

Évitons des accusations inutiles et sans preuves. Personne ne sortira gagnant dans cette crise. Nous avons besoin davantage de soutien pour la résolution totale de la crise. Désarmons nos coeurs et avançons ensemble dans la paix et la cohésion.




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